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vendredi 18 octobre 2019

Macron s'oppose à l'élargissement de l'UE de 27 à 29

L'ingérable mastodonte peut-il encore prendre des kilos ? 

En plus du Brexit, les 27 se créent un nouveau casse-tête

Macron s'oppose à l'élargissement de l'Union européenne à la Macédoine du Nord et à l'Albanie, sous le feu des critiques de ses partenaires.

Outre la France, les Pays-Bas et le Danemark ont également exprimé des réticences, mais la chancelière Angela Merkel a manifesté sa "déception".

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, s'est montré plus sévère en dénonçant "une lourde erreur historique". 
"Pour être crédible, l'Union européenne doit respecter ses engagements", a-t-il fait valoir.
"Nous avons fait des promesses à ces pays", a renchéri le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, soulignant qu'une "écrasante majorité des Etats membres est favorable" à l'ouverture des négociations avec les deux candidats, mais l'unanimité  des Etats membres est requise.

Le président français a justifié son opposition par la nécessité de réformer le fonctionnement de l'UE avant de s'élargir.

"Avant tout élargissement, sachons nous réformer", a-t-il insisté lors de sa conférence de presse. "Tous les progrès réclamés (aux deux candidats) ne sont pas là", a-t-il jugé.

La réforme du processus d'élargissement est prioritaire, a expliqué Macron. Ce qui est prioritaire c'est ce qui "n'est plus adapté", "trop bureaucratique" et "ne parle plus aux peuples".

Les Pays-Bas et la France font front commun. 
"Nous avons vu un duo bien réglé entre Macron et Rutte", le premier ministre néerlandais, a confié l'un d'eux. "Ce qui servait l'un, servait l'autre", selon lui. Les discussions ont duré jusque tard dans la nuit de jeudi à vendredi et plusieurs solutions de compromis ont été rejetées, selon des participants. 

L'une des propositions rejetées était de dissocier les deux candidatures afin de permettre d'ouvrir les négociations avec la Macédoine du Nord.

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Plusieurs diplomates ont estimé que le blocage français s'expliquait par des raisons de politique interne, liées aux questions d'immigration, avec la crainte d'un afflux en cas d'une plus grande ouverture des frontières, ont estimé plusieurs diplomates.
Tout en affirmant que cela n'était pas le cas, Macron s'est interrogé: "Comment voulez-vous que j'explique à mes concitoyens que le deuxième pays qui demande le plus l'asile (politique) en France, ce sont des gens qui viennent de l'Albanie?".

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A Tirana, capitale de l'Albanie, le journal Tema a raillé l'intérêt du président français qui est "de gagner en popularité en étant le président qui n'a pas permis l'élargissement et a fait des Albanais le symbole des migrants face aux xénophobes de Marine Le Pen", la cheffe de l'extrême droite française.

Les détracteurs de l'actuel processus d'élargissement sont aussi dans la crainte que se répètent les problèmes liés à la corruption et à l'indépendance de la justice, que connaissent la Roumanie et la Bulgarie, qui ont adhéré en 2007. 

Les partisans d'une adhésion de ces pays soutiennent, en revanche, que le refus de nouveaux membres risque de les pousser dans les bras de la Turquie, de la Chine et de la Russie, déjà très actives dans les Balkans.
Dès sa libération totale en novembre 1944, l'Albanie s'est donné un gouvernement communiste et le gouvernement de la république populaire d'Albanie sera le seul à refuser la déstalinisation à partir de 1956 . Dans les années 60, l'Albanie se brouille également avec l'URSS et s'aligne sur la Chine maoïste. Elle est devenue une terre de conquête des Salafistes. Au début du XXe siècle, on comptait en Albanie plus de musulmans, 53 %, que de chrétiens, 47 %.
Quant à la Macédoine du Nord, ancienne république yougoslave de Macédoine, elle compte ainsi une majorité d'habitants chrétiens orthodoxes, mais aussi une forte communauté musulmane. Les Albanais, les Turcs, les Roms et les Bosniaques de Macédoine appartiennent pour la majorité à l'islam sunnite.
Le premier ministre de la Macédoine du Nord, Zoran Zaev, a averti que ses concitoyens n'accepteront pas indéfiniment d'être rejetés, alors que Skopje a mis en oeuvre les réformes réclamées par Bruxelles.
Le président de ce pays, Stevo Pendarovski, a cherché à apaiser les tensions. "Ce n'est pas le temps de l'apathie, des divisions ou des sentiments négatifs envers certains pays", a-t-il averti.
"Tout le monde admet que la Macédoine du Nord a fait beaucoup: elle a changé le nom du pays (afin de régler son différend avec la Grèce), elle a changé sa constitution et a tout fait pour être invitée", a souligné le président lituanien Gitanas Nauseda.

Le dossier sera à nouveau évoqué au printemps 2020 lors du prochain sommet UE-Balkans à Zagreb, a annoncé Donald Tusk. 
La Croatie, prochaine présidente de l'UE, compte faire de l'élargissement l'une de ses priorités.

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