Biskra

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Biskra
Biskra
De gauche à droite, et de haut en bas : Un Cactus figuier de barbarie du Mexique, Hotel Sidi Yahia (4 étoiles ), Une banque CNEP, Le club de foot U.S.B, l'aqua parc jardin des Ziban, Les Monts du Zabs qui entourent la ville.
Blason de Biskra
Noms
Nom arabe بسكرة
Nom berbère ⵜⵉⴱⴻⵙⴽⴻⵔⵜ
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Région Zibans
Wilaya Biskra
(chef-lieu)
Daïra Biskra
(chef-lieu)
Code postal 07000
Code ONS 0701
Démographie
Gentilé Biskri(tes)
Population 205 608 hab. (2008[1])
Densité 1 612 hab./km2
Géographie
Coordonnées 34° 51′ 00″ nord, 5° 44′ 00″ est
Altitude 87 m
Superficie 127,55 km2
Divers
Saint patron Sidi Zerzour
Localisation
Localisation de Biskra
Localisation de la commune dans la wilaya de Biskra.
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Biskra
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Biskra

Biskra (en arabeبسكرة, en chaoui Tibeskert) est une commune du Nord-est du Sahara algérien, chef-lieu de la wilaya de Biskra, située à 400 km environ au sud-est d'Alger.

Capitale des Ziban et premier pôle urbain saharien, la ville comptait 205 608 habitants en 2008 et se place au 10e rang au niveau national. Elle est située sur un point stratégique, car elle est la porte du désert du Sahara.

La ville est entourée par les monts du Zab. L'activité agricole est très présente, notamment pour la culture des dattes. Localisée au début du désert du Sahara, Biskra possède un climat désertique chaud.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Coucher de soleil sur Biskra.

Le toponyme « Biskra » vient du nom de la ville romaine de Vescera, qui serait selon une première hypothèse, d'origine phénicienne, bien qu'aucune présence carthaginoise sur les lieux ne vient confirmer, et selon une deuxième hypothèse, d'origine latine, ayant le sens de « station »[2].

Plus probablement, Vescera, prononcé [weskera], dériverait du verbe berbère wesker ou esker, signifiant en touareg « être bien établi sur sa base », « être bien fait » ou en kabyle « être moyen », « être plutôt bon », « faire », ou dériverait du mot en tamazight du Maroc central taskart (pluriel taskarin) signifiant « petite plaine » ou « petit terrain plat »[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Située au nord du Sahara algérien, au pied du massif de l'Aurès et des monts du Zab[3], Biskra est surnommée la « reine des Zibans », « porte du désert »[4]. Elle est la porte orientale du Sahara algérien[5].

La ville se situe à 123 km au sud-ouest de Batna, à 388 km au nord de Ouargla, à 242 de Constantine, à 331 de Skikda, à 332 de Tébessa et à 425 au sud-est d'Alger[6].

Capitale des Ziban, elle occupe une position centrale dans cette région, entre le Zab Rharbi (secteur de Tolga) à l'ouest, une région agricole prospère et le Zab Chergui (secteur de Sidi Okba)[7].

Communes limitrophes de Biskra
El Outaya Branis Branis
El Hadjeb Biskra Chetma
Oumache Oumache Sidi Okba

Relief et hydrographie[modifier | modifier le code]

Elle est située une altitude de 120 m au-dessus du niveau de la mer[6], ce qui fait d'elle une des villes les plus basses d'Algérie ; elle est au pied du col de Sfa (258 m) dans les monts du Zab, à seulement 7 km au nord de la ville.

La ville de Biskra est traversée par l'oued Biskra qui prend sa source dans les Aurès et se jette dans le chott Melrhir, après un parcours d'environ 194km[8]. L'oued est habituellement à sec à Biskra, l'apport propre à chaque crue peut rester relativement faible[9].

Vue panoramique de Biskra.

Localités de la commune[modifier | modifier le code]

Lors du découpage administratif de 1984, la commune de Biskra est composée à partir des localités et lieux-dits suivants[10] :

  • Biskra
  • El Alia Nord
  • El Alia Sud
  • Feliache
  • Aérodrome
  • Sidi Ghezal

Transports[modifier | modifier le code]

La ville de Biskra est desservie :

Climat[modifier | modifier le code]

Fortes averses sur Biskra.

Biskra a un climat désertique chaud (classification de Köppen BWh)[11] typique de la région dans laquelle elle se trouve. La ville possède des étés longs et extrêmement chauds et des hivers doux[2]. La température annuelle moyenne est de 21.8 °C[11].

Le climat y est très aride et la plupart du temps très clair. Les précipitations sont limitées à seulement 128,8 mm par an. Les précipitations sont assez rares malgré quelques averses enregistrées généralement durant les mois les plus froids, principalement novembre[11]. Les chaleurs extrêmes qui règnent durant l'été peuvent causer de violents orages à la fin de celui-ci, qui se produisent généralement en septembre, lorsque le taux d'humidité de l'air devient nettement plus élevé, le taux moyen annuel est 41 % d'humidité. Le mois avec le taux le plus haut à Biskra est décembre avec 59 % d'humidité, juillet est le mois le moins lourd avec seulement 27 % en moyenne par an[12].

Hormis les précipitations ou l'humidité, les vents sont fréquents durant deux périodes de l'année : vents relativement humides pendant l'hiver, et vents de sable pendant le printemps[12].

Relevé météorologique de Biskra
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 6,1 7,9 11,7 16,5 20,2 26,6 28,1 27,9 25,3 18,1 11,4 7,2 17,4
Température moyenne (°C) 11,5 13,6 17,6 21,3 25,8 32,5 34,5 34,2 30 23,2 16,8 12,9 22,84
Température maximale moyenne (°C) 16,9 19,2 23,4 26,1 31,3 37,6 40,9 40,4 34,7 28,2 22,1 18,5 28,28
Record de froid (°C) −3 −0,5 1,3 3 5 12 16,1 15 11 4,2 1 −5 −5
Record de chaleur (°C) 26 31 34,8 42 45,3 47,2 51 49 46 40,5 35,3 27,5 51
Ensoleillement (h) 223,2 223,2 260,4 282 319,3 333 362,7 328,6 270 266,6 213 210,8 3 292,8
Précipitations (mm) 17,4 10,2 13,6 13,1 11,1 5,1 1,7 5,7 10,4 11,3 20,1 9,1 128,8
Source : Meteo Climat Bzh (extremes 1895–aujourd'hui), Climat en Algérie (Wikipédia).
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
16,9
6,1
17,4
 
 
 
19,2
7,9
10,2
 
 
 
23,4
11,7
13,6
 
 
 
26,1
16,5
13,1
 
 
 
31,3
20,2
11,1
 
 
 
37,6
26,6
5,1
 
 
 
40,9
28,1
1,7
 
 
 
40,4
27,9
5,7
 
 
 
34,7
25,3
10,4
 
 
 
28,2
18,1
11,3
 
 
 
22,1
11,4
20,1
 
 
 
18,5
7,2
9,1
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Histoire[modifier | modifier le code]

Période antique[modifier | modifier le code]

Localisation des cités romaines de l'Afrique romaine.

Les traces de présence humaine dans la région de Biskra, remontent approximativement à 1 000 ans avant J.-C[13]. Les Romains ont établi dans la région une ville fortifiée, appelée Vescera, chargée de surveiller les Aurès[2]. La ville est aussi appelée Ad Piscinam, en référence à une source (Hammam Es-Salhin)[14].

L'oasis de Biskra constitua une étape sur les parcours commerciaux nord-sud depuis l'Antiquité et, sous l'Empire romain, un des points des limes délimitant l'Empire au sud[15]. Vescera s'est développée et devient durant la période chrétienne, le siège d'un évêché : au Ve siècle, les Vandales, qui s'en emparent, exilent son évêque, Optat de Vescera[2].

Les Byzantins importent des palmiers dattiers pour en faire la culture. Les Berbères zénètes se sédentarisent et font de Biskra une ville prospère au Moyen Âge.[réf. nécessaire]

Période musulmane[modifier | modifier le code]

Minaret de la mosquée de Sidi Okba.

Pendant l'ère musulmane, la ville est le siège de Koceïla qui est le commandant des Awerbas et avaient également le pouvoir avec les Chaouis et les Zénètes. Et après ce litige, la ville sera sous le contrôle des Omeyyades[16][réf. à confirmer].

Le conquérant arabe Oqba ibn Nafi est mort dans les environs de la ville[17]. Une mosquée sera érigée à l'endroit de son décès et elle portera son nom (la mosquée de Sidi Okba)[18]. Le rayonnement commercial et culturel de Biskra continuait de s'affirmer avec la conquête musulmane[15]. Au début de la période islamique, la région du Zab connaît la diffusion du courant ibadite[19].

Dès le ixe siècle, Biskra devient un centre important grâce au commerce saharien. Elle supplante Tobna et devient le centre actif d'une province et la concurrente directe de Sedrata[20]. La ville est gérée par un conseil administratif au sein duquel siègent les représentants des principales familles[20]. Après les Fatimides, Biskra et sa région passèrent ensuite sous le contrôle des Hammadides[19]. L'arrivée des Arabes hilaliens au XIe siècle, provoque la formation d'une nouvelle carte socio-religieuse dans la région et contribue à arabiser les autochtones[19]. Ils occupent les lieux puis les Almohades vont les en chasser au début du XIIe siècle et y imposer leur domination[2].

Vieille ville de Biskra.

Au XIe siècle, Al-Bakri écrit que les habitants de Biskra sont des convertis au malikisme et que sa région était peuplée de Berbères Sadrâta et Maghraouas[19], et le mentionne comme une étape nécessaire de la route d'Oran à Kairouan. Au XIIe siècle, Al Idrissi situe Biskra sur eux grands axes, le premier Est-ouest et le second nord-sud, de Bougie à Tobna[21].

Biskra était reliée aux réseaux juridiques et son apparition dans le corpus juridique malikite de la fin du Moyen Âge marque la disparition totale de l'ibâḍisme du Zâb[19]. C'est à la fin du XIIIe siècle que Biskra est dotée d'une citadelle[20]. Au XIVe siècle, elle atteint son apogée politique mais aussi économique. On y reçoit les ambassadeurs du Mali pour traiter des affaires, et ce, malgré la concurrence de Ouargla et Touggourt[20].

Biskra s'impose au XIVe siècle comme la véritable capitale du Zab, sous la famille des Béni Mozni, qui s'appuyaient tour à tour sur les différentes dynasties du Maghreb et les tribus nomades du Sahara pour imposer leur hégémonie[21].

La ville fut occupée par les Turcs au XVIe siècle[7]. Le Beylik de l'Est s'appuie sur Biskra pour s'assurer le contrôle de la région[20]. Hassan Agha donne à Ali Bou Akkaz, le titre de Cheikh El Arab avec le commandement des tribus du Zab[22]. Pendant toute l'époque ottomane, la ville et les Ziban étaient dominés par deux grandes familles, les Benganah et les Bouakkaz, qui s'y disputaient le pouvoir[7]. En 1680, une épidémie de peste provoque le décès de 7 000 personnes[23]. Des Biskris vivaient dans l'agglomération algéroise, notamment dans les gourbis de Bab-Azzoun, et occupaient des métiers tels que ceux de portefaix, d'agent de police ou de vidangeur[24].

La période coloniale[modifier | modifier le code]

Biskra à la fin du XIXe siècle

Biskra est occupée par le duc d'Aumale le [25]. À l'arrivée des Français, Ahmed Bel Hadj, le représentant d'Abd El Khader dans l'oasis, s'était replié avec ses hommes[26]. Les habitants se révoltent ; dès 1844, la garnison française est massacrée[27]. L'Émir Abd El-Kader dirige tout le Zab. Le mouvement va s'étendre à la région des Zaatchas. Les Zaatchas se révoltent sous la direction du cheikh Bouziane[26]. Une « ville française » se développe à côté de la « ville arabe »[25].

Quelques Juifs vivaient dans la ville vers 1960. La plupart de ses membres étaient originaires de la ville ou de ses environs : Ouled Djellal, Tolga, Sidi Okba ou El Oued. Certains vivaient de la même manière que les musulmans, et certains étaient aussi agriculteurs, producteurs de dattes, notamment dans l'oasis de Gharta. La nouvelle synagogue construite dans les années 1950 fut changée en chambre de commerce lors de l'indépendance.

Dans le cadre de l'organisation du Front de libération nationale, Biskra fait d'abord partie de la Zone 1 (Aurès) sous la direction de Mostefa Ben Boulaïd ; à partir du congrès de la Soummam (août 1956), elle relève de la Wilaya VI (Sahara). Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, le poste de police de Biskra est attaqué, ce qui marque le début de la guerre d'Algérie[28]. La région joua un rôle important sous la conduite du colonel Si El Haouès[29].

Administration[modifier | modifier le code]

Mairie de Biskra

Biskra jouit d'un triple statut administratif. Elle est chef-lieu de wilaya et capitale micro-régionale des Ziban. Après l'indépendance, elle était chef-lieu de daira des Aurès, jusqu'en 1974[4]. Elle constitue l'élément majeur de l'organisation de l'espace wilayal[30]. Par la concentration de l'administration centrale, des établissements financiers, des sièges de sociétés nationales, des directions générales, des entreprises publiques et privées, et des commerces, elle constitue le relais économique et administratif de l'influence nationale sur l'ensemble du territoire wilayal[30].

Durant la période coloniale, la « ville arabe » devient une « commune indigène », administrée par les officiers des Affaires indigènes ; elle inclut alors les postes de T'Kout et d'Ouled Djellal. La « ville française » et les alentours de Biskra (80 km2) sont érigés en commune mixte par arrêté du [31] puis en commune de plein exercice par décret du [25],[31]. Elle est rattachée à l'arrondissement de Batna (département de Constantine). T'kout est alors rattaché à la commune mixte de l'Aurès (chef-lieu : Arris). Par décret du , le reste de la « commune indigène » est rattaché territoire de Touggourt[25]. Par arrêté du , la « commune indigène » devient une commune mixte[25].

En 1956, Batna devient une préfecture et Biskra une sous-préfecture du département de Batna (ou : « de l'Aurès ») ; la commune mixte intègre l'arrondissement de Biskra et les anciens douars deviennent des communes[32].

Démographie[modifier | modifier le code]

Une tente des nomades à Biskra.

Selon le recensement général de la population et de l'habitat de 2008, la population de la commune de Biskra est évaluée à 205 608 habitants, dont 204 661 habitants dans l'agglomération urbaine[33]. Elle est la première agglomération urbaine du Sahara algérien et la dixième du pays[34].

L'attractivité de l'agglomération de Biskra s'inscrit spatialement sur l'Est algérien d'Illizi à Skikda[35]. La commune ne dispose pas d'agglomération secondaire. Elle se compose d'une grosse agglomération chef-lieu et d'une zone éparse[12].

En 1987, la ville comptait 128 000 habitants, elle avait subi les tombées en premier l’exode rural qui correspond à 62 % de la population de la ville durant 1977, ces populations étaient nés en dehors de la ville, est originaire des Zibans essentiellement[7].

La ville de Biskra était la seule ville dans les années 1950, de tout le Sahara qui comptait plus de 50 000 habitants[36].

Évolution démographique
1977 1987 1998 2008
90 471128 281177 060204 661
(Source : recensements[37])

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Vue satellite de Biskra.

Réputée pour sa palmeraie, Biskra semble avoir depuis longtemps rompu avec son statut oasien[4]. En effet, elle s'est développée à l'époque coloniale au tracé en damier. Les faubourgs algériens, populaires et denses, se sont constitués sur sa frange sud, coincés entre noyau colonial et palmeraie. L'urbanisme est désormais, similaire à celui du Nord du pays, peu adapté à une région aride[7].

La véritable urbanisation de la ville commence avec la conquête musulmane. Le premier noyau urbain à l'intérieur de la palmeraie au sud de la ville actuelle remonte à la période ottomane, les Turcs édifièrent un fort avec trois portes : Bab El Dharb, Bab El Feth et Bab El Mekbra[38]. Durant la seconde moitié du XVIIe siècle, une épidémie de peste ravage la ville et conduit à l'abandon du site initial et la création de nouveaux ksour à l'intérieur de la palmeraie. Ces sept pôles de peuplement représentent les sept vieux quartiers de l'agglomération de Biskra[15]. Ils sont répartis sur un tracé régulier linéaire : Guedacha, Medjniche, Ras El Gueria, Mcid, Bab El Dharb, Bab El Feth et Sidi Barkat[38].

Constructions en toub du vieux Biskra.

Les Français représentent la première rupture en matière d'organisation et de fonctionnalités urbaines[15]. Ils produisent la ville coloniale, située au nord de la palmeraie pour séparer les populations indigènes des Européens[38]. Au sud de cette nouvelle ville, émergèrent des quartiers d'habitat dédiés aux autochtones attirés par les activités économiques de la ville[15]. Avec les programmes de logements du plan de Constantine, se développent pour la première fois, des cités collectives verticales[38].

Après l'indépendance, la croissance de Biskra s'est faite en tache d'huile. L'urbanisation accélérée a permis l'articulation entre la vieille ville et la ville coloniale[39]. Mais ces espaces étaient limités. Dans un premier temps, l'urbanisation s'est poursuivie vers l'ouest et a franchi la voie ferrée. Puis, la topographie limitant vite les possibilités dans cette direction, une poussée plus récente a amené à franchir l'oued Biskra. Trois ponts permettent aujourd'hui de franchir cet oued[7]. Aujourd'hui, l'agglomération tend à intégrer morphologiquement Chetma, à sept kilomètres à l'est[40].

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

L'ancienne mairie.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Biskra est une ville ancienne, mais ne comportant que peu de traces de passé[6]. Les ruines des thermes de la ville romaine sont encore visibles sur la rive gauche de l'oued Biskra[7].

Il subsiste le fort turc sur la colline au nord et le mausolée Sidi Zarzour sur un rocher au milieu de l'oued. Les sept villages pré-coloniaux, linéaires, sont entièrement insérés dans la palmeraie[6].

La ville abrite plusieurs sites plus récents : le siège de l'ancienne mairie ; l'hôtel du Sahara construit en terre en 1851, premier hôtel de Biskra ; l'hôtel Victoria ; l'hôtel de l'Europe ; l'hôtel Transatlantique, restauré et non classé ; dar Bengana ; dar El-Bey ; maison Caseneuve ; maison Crespin ; maison de Clara Sheridan ; école des Allées et café André Gide[41].

A proximité, Oqba Ibn Nafaa est enterré sous la coupole de la vieille mosquée qui porte son nom. Cette mosquée passe pour être l'une des plus anciennes d'Algérie[18].

Gastronomie[modifier | modifier le code]

La cuisine de Biskra se compose de nombreux plats, dont le mhajeb dit localement Mahdjouba, la Dobara ou la Chakhchoukha.

Langues[modifier | modifier le code]

Située dans la périphérie des Aurès, Biskra est une ville arabophone, mais il existe une minorité berbérophone. Le chaoui est ainsi parlé les « djebailis », montagnardes issus de l'exode rural[42]. Ces dernières années, il y a eu un éveil identitaire amazigh, qui se traduit par des représentations positives, à l'égard du chaoui chez les djebailis. Alors que, durant les années 1960 jusqu'à la fin des années 1970, il était mal vu de parler chaoui[42].

Le Diwan de Biskra, lors du festival de Musiques de Rues de Besançon 2006

Musique[modifier | modifier le code]

Un centre dédié aux grandes traditions musicales qui se sont maintenues à Biskra, a été ouvert. Il inclut les praticiens de plusieurs styles : la musique diwane, les sonneurs de cornemuses, les joueurs de gasbas et les ensembles de chants religieux soufis[43].

La musique diwane est une musique traditionnelle pratiquée par les populations d'origine africaine, qui a connu un dynamise ces dernières décennies. Le diwân de Biskra utilise un instrument qui lui est exclusif, le qouretou, un petite percussion[43]. D'autres musiques sont pratiquées : le chant bédouin (aiyai)[44], le raï ainsi que la musique chaouie et le malouf[45].

Musées[modifier | modifier le code]

Musée historique de la Wilaya VI.

La ville dispose du Musée historique de la Wilaya VI, baptisé Mohamed Chaâbani en 2009[46].

Fêtes[modifier | modifier le code]

De nombreuses fêtes y sont célébrées religieuses ou culturelles, comme l'Aïd al-Adha, l'Aïd el-Fitr, Yennayer (le nouvel an berbère), la fête des dattes en novembre[6], la fête du printemps[18].

Économie[modifier | modifier le code]

Banque CNEP à Biskra.
Secteur tertiaire

Le secteur domine les activés économique à Biskra et occupe la majorité des actifs. Le potentiel de consommation et son statut administratif ont favorisé la prépondérance du secteur tertiaire[38].

La ville est une grande place commerciale, centre de collecte des dattes, point de redistribution des marchandises pour le Sud algérien. Ses commerçants grossistes commercent avec l'Europe, et rayonnent sur tout l'Est algérien[7].

Industrie

Biskra est dotée d'une zone industrielle, située à l'ouest de la ville : filature de laine, unité de chaussures, câbles, téléphones[7], énergie et industries chimiques et plastiques (articles injectés, colles et adhésifs, articles à usage médical)[47]. La majorité des unités industrielles de la wilaya est concentrée au niveau de cette zone[38].

Le secteur s'est développé dans les années 1980-90, grâce aux unités nationales de la câblerie et du textile (ENICAB et ELATEX)[38]. Guedila, est une marque d'eau minérale en bouteille, dont le siège social est basé dans la commune de Djemorah.

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal a inauguré, en octobre 2015 , une usine de production d'hypochlorite de soude et dérivés par électrolyse du sel , la cimenterie de Djemoura[48].

Agriculture
Jardin des Zibans

Biskra dispose d'une palmeraie ancienne, et importante de 100 000 palmiers[7]. Quelques cultures maraîchères se pratiquent aujourd'hui surtout en périphérie de la ville. On trouve aussi certaines plantes dites rustiques (olivier, figuier et grenadier) réparties à travers les palmeraies. Toutefois, l'agriculture n'occupe qu'une petite minorité des actifs[38].

Les dattes de certaines régions de la wilaya de Biskra notamment de Tolga, de la variété deglet nour sont exportées à l'extérieur du pays[49].

Tourisme

La station thermale de Hammam Salihine est située à 7 km au nord-ouest de la ville[7]. Le Jardin des Zibans, est le plus grand parc aquatique nord-africain[50].

La ville a attiré 12 844 touristes en 2014, soit une augmentation de 60 % par rapport à 2013[51].

Vie quotidienne[modifier | modifier le code]

Université de Biskra.

Enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

L'université Mohamed Khider de Biskra est composée de six facultés et une institut[52].

Sports[modifier | modifier le code]

La ville compte un club de football l'Union sportive de Biskra (USB) et aussi son fameux club de tennis situé dans le centre-ville juste à côté la wilaya. Club dans lequel a été organisé à la fin des années 1980, le fameux tournoi international junior des Zibans, qui a regroupé de très grands joueurs et joueuses de tennis venus d'Europe et d'Afrique.

Et un club de basket Makarem Biskra (MB Biskra).

Relations internationales[modifier | modifier le code]

La ville de Biskra est jumelée avec :

Festivals et salons[modifier | modifier le code]

En mars 2012, la wilaya a accueilli le premier salon national de la commercialisation des légumes et des épices.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Mohamed Cherif Bega, auteur et réalisateur né à Biskra. Il fut à l’origine de nombreux long métrages documentaires: ‘’Le mot et le masque’’,L’eau, La fleur du sel,Un film malgré tout,Rencontre à Djelfa, Une famille algérienne, L’eau, La fleur du selet Rencontre à Djelfaet plusieurs autres. Président du jury Documentaires au 5e Festival international du Cinema D’Alger en 2014.
  • Léna Bernstein, aviatrice, décédée à Biskra en juin 1932.
  • Mohamed Laïd Al-Khalifa, poète, a vécu et a enseigné à Biskra. Il a été enterré à Biskra en 1979.
  • Auguste Maure, photographe orientaliste français, fonde le tout premier studio de photographie de Biskra dans les années 1860.
  • Marius Maure, photographe né à Biskra, fut à l'origine des toutes premières cartes postales de Biskra et de ses environs.
  • Larbi Ben M'hidi, combattant et responsable du FLN durant la guerre d'Algérie, suivit une partie de sa scolarité dans une école de Biskra.
  • Ahmed Deha, plus connu sous le nom de H'Mida Bendiha, né à Biskra en 1919. Militant politique pour l'indépendance de l'Algérie, membre du PPA/MTLD puis de l'OS il a travaillé sous la responsabilité de Larbi Ben M'hidi. Il a été un des principaux organisateur de l'opération du 1er novembre 1954 à minuit à la centrale électrique de Biskra indiquant le déclenchement de la révolution algérienne[53].
  • Mohamed Khider, homme politique, militant pendant la révolution algérienne, membre fondateur du Comité révolutionnaire d'unité et d'action, sa famille est originaire de Biskra
  • Mohamed Chabani, combattant algérien pendant la révolution algérienne, fit sa scolarité à Biskra.
  • Mohamed Khobzi, homme politique, y est né en 1927.
  • Hamid Grine, journaliste, écrivain et ministre de la communication dans le gouvernement de sellal III, né le 20 juin 1954 à Biskra.
  • Mohamed Balhi, journaliste à Algérie-Actualité de 1980 à 1994; en 1996, directeur de la rédaction au Soir d'Algérie puis, de 1997 à 2000, éditorialiste-chroniqueur à El Watan ; conseiller puis directeur des éditions à l'ANEP de 2000 à 2012. Auteur de livres
  • Ahmed Ben Abderrazak Hamouda, dit Colonel Si El Haouès combattant durant la révolution algérienne. Né en 1923 à M'Chouneche village des Aurès, wilaya de Biskra.
  • Yvan Touitou, chercheur en chronobiologie né à Biskra en 1940.
  • Jean-Jacques Navarro, ingénieur urbaniste et artiste peintre né à Biskra en 1946.
  • Belbel Chaabane, né à Biskra le 19 septembre 1940, décédé le 03 août 2017, ex membre de la direction des transmissions nationales (MALG), ancien opérateur radio durant la guerre de libération nationale et chef de la station radio au ministère des affaires étrangères juste après l'indépendance.
  • Kamel Baddari, physicien, y est né en 1960.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Wilaya de Biskra : répartition de la population résidente des ménages ordinaires et collectifs, selon la commune de résidence et la dispersion ». Données du recensement général de la population et de l'habitat de 2008 sur le site de l'ONS.
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Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]