D�finition de � femme �


Notre dictionnaire de fran�ais vous pr�sente les d�finitions du mot femme de mani�re claire et concise, avec des exemples pertinents pour aider � comprendre le sens du mot.

Il comprend des informations suppl�mentaires telles que des exemples d'expressions, l'�tymologie, les synonymes, les homonymes, les antonymes mais �galement les rimes et anagrammes et bien s�r des citations litt�raires sur femme pour aider � enrichir la compr�hension du mot Femme et r�pondre � la question quelle est la d�finition de femme ?

NOM genre (f) de 1 syllabes
Une d�finition simple : (fr-r�g|fam) femme (f)

  • (ucf|�tre) humain adulte de sexe f�minin. - Cette femme est ravissante.

  • (ucf|conjointe) par les liens du mariage. - Lucien nous pr�senta sa femme, �lise.

  • Celle qui est nubile. - La voil� bient�t femme. Synonyme : dame , �pouse , meuf


    Expression : ce que femme veut, Dieu le veut (prov) : Les femmes veulent ardemment ce qu�elles veulent, et elles finissent ordinairement par l�obtenir. cherchez la femme devenir une femme : se d�velopper physiquement femme � barbe femme d�affaires femme de chambre femme de lettres femme de m�nage femme de r�confort femme de sciences femme fatale ma�tresse femme : femme de caract�re, habile, ferme, et qui sait se faire ob�ir. souvent femme varie, bien fol est qui s�y fie (prov) Bonne femme, (vx) (d�s) Femme �g�e ou (fam) Femme du peuple ou de la campagne. Contes de bonne femme, rem�des de bonne femme, contes, rem�des traditionnels et populaires, transmis par la m�moire des femmes. femme de chambre : Celle qui est attach�e au service int�rieur d�une maison. Femme de charge: (vx) Femme attach�e au service d�une maison et ayant une certaine autorit� sur la tenue et l��conomie int�rieure de cette maison. femme de m�nage : Femme du dehors qui vient faire le m�nage et qu�on paie le plus souvent � l�heure. Femme de journ�e: Femme qu�on emploie � la maison pour un travail quelconque et qu�on paie � la journ�e. Femme publique. Femme de mauvaise vie ou Femme perdue: Femme livr�e � la d�bauche. Un homme adonn� aux femmes: Un d�bauch�. homme � femmes : homme qui recherche le contact avec les femmes. Le diable bat sa femme, et marie sa fille. (prov) prendre femme : Se marier, pour un homme.

    Approchant : antif�minisme, antif�ministe, d�f�miniser, effemeller, eff�mination, eff�min�

    Antonyme : �poux , homme , mari ,, bonne-femme, bonnes-femmes, ex-femme, ex-femmes, franc-femme, franc-femmes, homme-femme , sage-femme, sages-femmes



    D�finitions de ��femme��


    Tr�sor de la Langue Fran�aise informatis�


    FEMME, subst. f�m.

    I.? �tre humain de sexe f�minin.
    ? [En emploi g�n�rique ou attributif] :
    1. Selon Adler, l'enfant se repr�sente ce rapport d'inf�riorit� � sup�riorit� selon le double sch�ma : faiblesse, inf�riorit�, petitesse, bas �gal f�minin, force, sup�riorit�, grandeur, haut �gal masculin. Tout gar�on cherche � s'�lever � la masculinit�. Toute fillette et toute femme, sans qu'il faille parler pour autant d'hermaphrodisme, �prouve un sentiment d'inf�riorit� du fait m�me qu'elle est femme. Cette aspiration g�n�rale au p�le viril con�u psychiquement (et non g�nitalement) comme le p�le de la sup�riorit�, constitue la � protestation virile �. L'enfant aspire � vers le haut � � rejoindre les adultes, et plus pr�cis�ment son p�re. Mounier, Trait� caract.,1946, p. 597.
    ? BIOL. Seul repr�sentant femelle de la famille des Hominiens* dans l'Ordre des Mammif�res primates*, par opposition � son homologue m�le, l'homme*.
    ? [En emploi sp�cifique ou r�f�rentiel ? toujours avec le s�me � adulte �] :
    2. � Vous, souffleter Girardin? disait une femme � Bergeron. Vous �tes tous des l�ches, les r�publicains! ... Mais vous ne donneriez pas seulement un lavement � un lapin! � Bergeron revient, lui dit que c'est fait : � Eh bien, qu'est-ce que �a me fait? � lui dit la femme... cette femme �tait la Femme! Goncourt, Journal,1865, p. 160.
    Rem. Dans la lang. cour., femme signifie g�n. � �tre humain du sexe f�minin, adulte �. Sens zool. strict presque exclusivement dans la lang. sc. L'une des gloires de la Soci�t�, c'est d'avoir cr�� la femme l� ou la Nature a fait une femelle (Balzac, Secrets Cadigan, 1839, p. 320).
    A.? [En tant qu'entit� physique]
    1. [La femme (adulte) du point de vue de ses caract�res anatomiques, physiques] Premi�re le�on d'anatomie. Remarqu� combien le cervelet de la femme diff�re du cervelet de l'homme (Michelet, Journal,1859, p. 464).
    SYNT. Anatomie, formes de la femme; �paule, gorge, poitrine, cuisse, fesses de femme; femme bien/mal faite, femme forte, ronde, grasse, plantureuse; femme maigre, s�che, osseuse; femme �lanc�e; grande, petite, grosse femme.
    ? [En position d'attribut; p. r�f. � la faiblesse physique traditionnellement pr�t�e � la femme (cf. la notion de sexe faible* p. oppos. � celle de sexe fort*)] �tre femme. Ne pas �tre dou�e d'une grande force physique (par opposition � l'homme). Vous �tes homme, et je suis femme; la force est de votre c�t� (Musset, Chandelier,1840, I, 1, p. 13):
    3. ... ma vocation ne me commandait pas de m'attaquer aux vivants (...) parce que j'�tais femme, et qu'un sexe ne combattant pas contre l'autre � armes �gales, l'homme qui insulte une femme commet une l�chet� gratuite, tandis que la femme qui blesse un homme la premi�re, ne pouvant lui en rendre raison, abuse de l'impunit�. Sand, Hist. vie,t. 4, 1855, p. 203.
    ? [P. r�f. � l'image physique id�ale que l'homme a de la femme] Vu, en passant, les photographies de femmes, grassouillettes et impudiques; compar�, en esprit, aux formes virginales d'une vraie femme (Michelet, Journal,1857, p. 322).
    Rem. Femme-canon, subst. f�m., ds le domaine du cirque. Femme dou�e de qualit�s athl�tiques peu communes et dont le r�le consiste � supporter, sur ses �paules, un canon dont la charge est ensuite allum�e. Une matrone blanche et blonde, �norme, engag�e � tant le kilo pour jouer le r�le de la Femme-Canon, hal�te (Colette, Pays. et portr., 1954, p. 196).
    ? [La femme du point de vue de la diversit� de son aspect selon le type racial ou physique, l'apparence ext�rieure, l'allure] :
    4. ... il y a des femmes dont les yeux sont comme des morceaux de sucre, il y a des femmes graves comme les mouvements de l'amour qu'on ne surprend pas, il y a des femmes au visage p�le, d'autres comme le ciel � la veille du vent. Petite table dor�e des jours de f�te, il y a des femmes de bois vert et sombre celles qui pleurent, de bois sombre et vert : celles qui rient. Petite table trop basse ou trop haute. Il y a des femmes grasses avec des ombres l�g�res... �luard, Capitale douleur,1926, pp. 58-59.
    ? Femme noire comme de l'�b�ne, femme blanche comme de l'ivoire, femme cr�ole, femme m�tisse; femme du Nord, d'Arabie, d'Orient; femme de type nordique, m�diterran�en, gitan. Ce qui fait d�faut pourtant, ce sont les femmes chinoises aux cheveux laqu�s, tr�buchant sur leurs moignons envelopp�s de feutre (Morand, New-York,1930, p. 79).Des yeux de femme russe (vert clair, dilat�s � la limite) (Montherl., D�mon bien,1937, p. 1328):
    5. ... un violoneux jouait un air que chantait une femme brune, de type gitan, avec une robe de foulard et un fichu rouge; de grandes boucles noires autour d'un visage plus �trange que beau. Aragon, Beaux quart.,1936, p. 106.
    ? Beaut� d'une femme (cf. le beau* sexe). Femme d'une grande beaut�, d'une beaut� �clatante, �blouissante; femme belle, superbe, admirable; jolie femme; vilaine femme. ? Ne disons pas de mal des femmes laides, ? dit Franchemont. ? Quand une femme laide est jolie, elle est charmante! (Goncourt, Ch. Demailly,1860, p. 196).
    ? Distinction, �l�gance, charme, coquetterie d'une femme; toilette, robe, linge, d�colletage de femme; femme de grande classe; femme distingu�e, �l�gante, charmante, coquette, gracieuse, ravissante, s�duisante; femme majestueuse, effac�e, ordinaire; femme bien/mal habill�e; femme par�e, d�collet�e. ? Tant de femmes s'enlaidissent en suivant la mode! dit la Th�venin. On devrait s'habiller selon sa forme (France, Dieux ont soif,1912, p. 125).
    ? Femme aux cheveux blonds, ch�tains, bruns, noirs, roux, gris, blancs; femme aux cheveux d�nou�s, flottants; femme aux cheveux teints; femme aux cheveux longs, courts; femme blonde, ch�taine, (tr�s) brune, rousse; femme d�peign�e; femme aux yeux noirs, verts.
    ? Femme maquill�e; femme qui se farde. Femmes par�es, fard�es et p�les (Faure, Hist. art,1912, p. 221).Elle se met du rouge aux l�vres et parle avec la grimace des femmes qui se remaquillent (Cocteau, Par. terr.,1938, II, 12, p. 266).
    ? [P. r�f. au charme physique et gestuel de la femme, � la gr�ce de sa parure et de ses mani�res, � sa volont� de plaire... consid�r�s comme des caract�res sp�cifiques] La tatan Mariou. (...) elle est maigre et assez gracieuse, elle est femme (Vall�s, J. Vingtras,Enf., 1879, p. 12):
    6. L'homme ici a son �tat, la belle for�t qu'il comprend, la camaraderie, les discussions d'esth�tique. La femme n'a rien que son m�nage et les fumiers. Elle ne peut �tre femme, je veux dire �l�gante et coquette. Taine, Notes Paris,1867, p. 244.
    P. m�ton., en emploi adj. Elle s'assit pour coudre une petite dentelle (...) � sa blouse de travail, cette blouse noire qu'elle finissait par trouver trop gar�onni�re, pas assez femme (Zola, Dr Pascal,1893, p. 32).
    Rem. Femme-enfant, subst. f�m. Femme ayant gard� la gr�ce fra�che et rayonnante de l'enfance. Un regard de jeune fille lev� vers le sien lui rappela tout � coup sa rencontre du bois, cette gr�ce radieuse de femme-enfant, dont le souvenir l'avait poursuivi pendant des mois (A. Daudet, Sapho, 1884, p. 238). Cf. infra I B 2 k.
    ? Proverbe. La plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu'elle a :
    7. On dit commun�ment : � la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu'elle a �; ce qui est tr�s faux : elle donne pr�cis�ment ce qu'on croit recevoir, puisqu'en ce genre c'est l'imagination qui fait le prix de ce qu'on re�oit. Chamfort, Max. et pens.,1794, p. 63.
    ? [La femme consid�r�e sous le rapport de l'�ge]
    ? Femme jeune, femme encore jeune.
    Jeune femme. Femme jeune (c�libataire ou mari�e). Une jeune femme de vingt ans, une fille du peuple, large et forte (...) son corps frais et gras blanchissait avec des douceurs de teinte d'une grande d�licatesse (Zola, T. Raquin,1867, p. 84).
    ? Femme adulte*, m�re. Laure n'�tait plus alors une tr�s jeune fille, mais une femme accomplie. Il y avait dans tout son �tre une pl�nitude, une harmonie singuli�res (Daniel-Rops, Mort,1934, p. 136).
    ? Femme d'un certain �ge, vieillissante, �g�e.
    ? [P. oppos. � enfant, fille, jeune fille...] Femme adulte (c�libataire ou mari�e). L'enfant devient jeune fille, la jeune fille devient grande fille, la grande fille devient femme (Hugo, Mis�r.,t. 1, 1862, p. 488).
    [En parlant d'une jeune fille] Devenir une femme. Prendre, en se d�veloppant physiquement, le corps et les formes d'une femme adulte. �tre (presque) une femme. Viol et assassinat que nous allons constater tout � l'heure. Cette fillette est d'ailleurs presque une femme, voyez sa gorge �. Les deux seins, assez forts d�j�, s'affaissaient sur sa poitrine, amollis par la mort (Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Pte Roque, 1885, p. 1024).
    2. [La femme sous le rapport de la physiologie; la femme en tant qu'�tre sexu�] Organes sexuels de la femme; femme pub�re. Apr�s l'extirpation des ovaires les femmes deviennent apathiques, et perdent une partie de leur activit� intellectuelle ou de leur sens moral (Carrel, L'Homme,1935, p. 168).La p�riode d'activit� g�nitale de la femme est caract�ris�e par la succession r�guli�re de cycles menstruels qui apparaissent � la pubert�, cessent � la m�nopause et peuvent �tre interrompus par la grossesse ou la lactation (QuilletM�d.1965, p. 482).
    ? Femme � barbe. Femme souffrant de virilisme pilaire.
    ? [P. oppos. � enfant, fillette, fille, etc.] �tre humain du sexe f�minin qui est nubile. Tu me feras tout ce qu'on peut faire � une femme sans lui faire d'enfant �. Voici ? du moins, Robin le croit ? tout le th�me des pens�es de la jeune fille devenue femme et qui ne voit pas d'homme (Goncourt, Journal,1882, p. 172).
    ? �tre femme; ne pas encore �tre femme; �tre presque femme; �tre tout � fait femme. On me consulta lorsqu'elle avait douze ans. Je constatai qu'elle �tait femme d�j� et harcel�e sans repos par des d�sirs d'amour (Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Enf., 1883, p. 396).
    ? [P. r�f. � la vie g�nitale per�ue comme �tant l'essence de la f�minit�, la m�nopause en repr�sentant le terme] �tre encore une femme. Oh! je suis encore une femme, je saigne encore chaque mois, rien n'est chang� (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 78).
    ? [La femme au plan de l'instinct sexuel en tant qu'il cherche � se satisfaire dans l'accouplement] :
    8. Lorsque Madeleine s'�tait oubli�e dans les bras de Jacques, sa chair vierge avait pris l'empreinte ineffa�able du jeune homme. Il y eut alors mariage intime, indestructible. Elle se trouvait en pleine s�ve, � cet �ge o� l'organisme de la femme se m�rit et se f�conde au contact de l'homme... Zola, M. F�rat,1868, p. 179.
    ? [P. r�f. � la sexualit� consid�r�e comme �tant l'essence de la f�minit�] �tre du sexe f�minin sexuellement adulte; �tre du sexe f�minin dont la sexualit� est en �veil, qui a une propension � l'amour, du temp�rament. �tre, se sentir femme.
    ? En emploi adj. La femme tr�s femme, et tr�s (...) chatte (Nouveau, Valentines,1886, p. 166).
    ? [En position d'attribut; p. oppos. � jeune fille] �tre femme. Avoir eu des relations sexuelles, ne plus �tre vierge. Devenir femme.
    ? En emploi adj. Soi-disant jeune fille, et femme. Soi-disant bien �lev�e, et voyageant avec un amant. Soi-disant catholique, et acceptant de se passer de l'�glise pour son mariage. Soi-disant honn�te, et pr�te � tuer (Montherl., D�mon bien,1937, p. 1363).
    ? Femme frigide; frigidit� chez la femme. Si nous disions le centi�me des r�ves que fait un honn�te homme, ou des �tranges ardeurs qui passent dans le corps d'une femme chaste, on crierait au scandale (Rolland, J.-Chr., Buisson ard., 1911, p. 1299).Savez-vous que les femmes insensibles et froides sont plus dangereuses que les autres, parce que la neige et la flamme ont sur la chair le m�me effet? (Achard, Voulez-vous jouer,1924, I, 3, p. 98).
    ? Femme sensuelle; femme qui a du temp�rament, du sex-appeal; du chien* (fam.); femme qui a le feu au cul*/ au derri�re (vulg.).
    Rem. V. �galement infra I C 3.
    ? [La femme en tant qu'�tre humain du sexe f�minin qui �labore les ovules, con�oit et enfante, p. oppos. � l'homme, �tre humain du sexe masculin qui f�conde les ovules ou procr�e] Tout est �gal entre les �poux, ce qu'ils ignorent, ils l'acceptent l'un de l'autre dans la foi. Voici la religion mutuelle, voici cette servitude par qui le sein de la femme se gonfle de lait! (Claudel, Annonce,1912, I, 3, p. 39).Est-ce qu'on ne sortait pas tous de la m�me souche, d'un homme et d'une femme qui s'�taient unis l'un � l'autre (Queff�lec, Recteur,1944, p. 65).
    ? Femme f�conde, st�rile; f�condit� de la femme; homme qui f�conde une femme; homme qui rend une femme m�re d'un (ou plusieurs) enfant(s). Des avortons, semblables � ces femmes inf�condes, qui font tous leurs efforts pour avoir un h�ritier, et qui n'ont plus ensuite que des fausses couches (Marat, Pamphlets,Charlatans mod., 1791, p. 284).
    ? Instinct maternel de la femme; maternit�, grossesse de la femme; femme enceinte, grosse; ventre de femme grosse; femme sur le point d'�tre m�re. Envie, fantaisie, app�tit de femme enceinte, grosse*. Qu'est-ce que la grossesse? On d�signe sous ce nom l'�tat d'une femme qui a con�u, et qui porte en elle le produit de la conception (Baudelocque, Art accouc.,1812, p. 89).Un pr�tendu vol de 6.000 francs de dentelles dans un magasin par MmeFeydeau, sauv�e par Baroche (...) qui aurait fait rendre les dentelles, en mettant le vol sur le compte d'une envie de femme grosse (Goncourt, Journal,1868, p. 419).Une torpeur vague et puissante, l'obscure joie de la grappe pleine, de l'�pi gonfl�, de la femme enceinte qui couve son fruit m�r (Rolland, J.-Chr.,Nouv. journ�e, 1912, p. 1565).
    ? Femme en mal d'enfant; accouchement d'une femme; femme qui accouche (d'une fille/d'un gar�on); femme qui a/fait un (ou des) enfant(s); femme qui enfante, qui donne le jour � un (ou plusieurs) enfant(s); femme qui fait une fausse couche; femme qui allaite/nourrit, berce son enfant :
    9. Ah! mon cher, songe donc! Onze ans de grossesses pour une femme comme �a! Quel enfer! C'est toute la jeunesse, toute la beaut�, toute l'esp�rance de succ�s, tout l'id�al po�tique de vie brillante, qu'un sacrifice � cette abominable loi de la reproduction qui fait de la femme normale une simple machine � pondre des �tres. Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Inutile beaut�, 1890, p. 1156.
    ? Femme qui ne veut pas d'enfants; femme sans mari et sans fils; femme sans enfant. La jeune Mme Mercy et Mme Mailly de Nesle avaient tr�s carr�ment d�clar� � leurs maris qu'elles ne voulaient pas d'enfants, parce que la grossesse d�forme un corps de femme (Goncourt, Journal,1884, p. 365).
    ? Vieilli ou litt�r. Le sein de la femme. La partie de l'organisme f�minin (ut�rus, ventre, entrailles, flancs) dans laquelle la femme porte l'enfant qu'elle con�oit. Lorsqu'on nous envoie � la vie terrestre, n'est-ce pas dans le sein de la femme que nous faisons notre premier s�jour? (Saint-Martin, Homme d�sir,1790, p. 193).
    B.? [La femme en tant qu'entit� psychique : la femme en tant qu'�tre humain que caract�rise, dans le r�gne animal, au m�me titre que l'homme et par opposition aux autres animaux, son aptitude � la pens�e, son esprit entendu comme le � principe de la vie psychique �] Un seul po�te, selon moi, a compris ces charmants animaux, � savoir (...) Shakespeare. Les femmes sont pires ou meilleures que les hommes. Il en a fait des �tres extra-exalt�s, mais jamais raisonnables (Flaub., Corresp.,1859, p. 304).
    1. [Au plan intellectuel] Intelligence, finesse, sottise des femmes; intuition, flair, habilit� des femmes; femme (vraiment) intelligente, sup�rieure, remarquable, brillante, spirituelle; femme d'un esprit sup�rieur, femme d'esprit*, femme bel esprit*, femme �clair�e, avis�e, sens�e; femme de (clair) bon sens, de bon conseil; femme (tr�s) sotte; femme qui a de l'esprit en toute chose; femme qui a plus de jugement, d'intuition qu'un homme; femme qui poss�de un sens divinatoire; femme instruite, savante. L'ignorance d'une femme ferait fr�mir, si on pouvait la concevoir... on n'ose pas soulever le voile (Chardonne, �pithal.,1921, p. 265).Albertine s'�tait �tonnamment d�velopp�e. Ce qui m'�tait enti�rement �gal, les sup�riorit�s d'esprit d'une femme m'ayant toujours fort peu int�ress� (Proust, Prisonn.,1922, p. 17):
    10. On constate qu'il y a plus de grands hommes que de femmes exceptionnelles. � l'inverse, les asiles comptent aussi plus d'idiots que d'idiotes. Certains en concluent que l'intelligence de la femme serait en moyenne �quivalente � celle de l'homme, mais qu'elle tendrait moins que lui aux extr�mes, en bon et en mauvais. C'est ce que sembleraient confirmer les courbes d'intelligence g�n�rale de Terman... Mounier, Trait� caract.,1946, p. 605.
    ? Femme de t�te. Femme que caract�rise une intelligence servie par une volont� ferme, � quoi s'ajoute souvent un r�alisme aigu et un sens d�velopp� de ses int�r�ts (p. oppos. � femme de c?ur, infra 3). Il y a beaucoup de finesse dans le nez et dans la bouche et au total ce buste me donne bien l'id�e d'une femme de t�te et qui a de la p�n�tration et de l'adresse jointes � beaucoup de fermet� (Del�cluze, Journal,1824, p. 26).Lucie �tait une femme de t�te, elle voyait loin; si elle avait pris en main les int�r�ts d'Henri (...) c'�tait pour s'attacher un alli� utile (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 472).
    ? [P. r�f. � l'intuition consid�r�e comme une qualit� sp�cifiquement f�minine]
    ? [En position d'attribut] :
    11. On n'est pas membre de l'Institut sans fr�quenter la soci�t�. Voyez, jugez, comparez. Une femme sens�e ne vous refusera pas sa main. Je suis femme, monsieur : mon instinct ne me trompe pas; il y a quelque chose l� qui me dit que vous trouverez le bonheur dans le mariage. France, Bonnard,1881, p. 452.
    ? En emploi. adj. Mais il y a des indices qui ne trompent pas une femme aussi femme que moi, m�me si elle est rest�e vieille fille. Il y a un fant�me de femme, un fant�me de tr�s jeune femme qui circule dans la maison (Cocteau, Par. terr.,1938, I, 2, p. 196).
    ? [P. r�f. � des qualit�s ou des d�fauts d'esprit g�n. pr�t�s aux femmes] En emploi adj. Je suis excessivement femme pour l'ignorance, l'incons�quence des id�es, le d�faut absolu de logique (Sand, Corresp.,t. 1, 1833, p. 250).Renaud, soucieux du d�tail, et d'esprit plus femme que moi, s'est ing�ni�, fureteur, � compl�ter un ensemble sans trou ni tare (Colette, Cl. en m�nage,1902, p. 77).
    2. [Au plan du caract�re] M. Henriot, � toute occasion, se gaussait de ce qu'il nommait les lubies des femmes, ces �tres tomb�s de la lune, o� cloche toujours quelque chose � (Arland, Ordre,1929, p. 78):
    12. ... le mensonge est souvent un trait de caract�re; d'autre part, chez des femmes qui ne seraient pas sans cela menteuses, il est une d�fense naturelle, improvis�e, puis de mieux en mieux organis�e, contre ce danger subit et qui serait capable de d�truire toute vie : l'amour. Proust, Fugit.,1922, p. 615.
    a) Caract�re d'une femme; femme de caract�re, � grand caract�re, d'un caract�re d�cid�, violent; femme � l'esprit ferme, d'une volont� ferme; femme r�solue, bien tremp�e moralement; femme s�re d'elle-m�me, ma�tresse d'elle-m�me.
    ? Ma�tresse femme. Femme d'un caract�re �nergique, d'une volont� ferme, voire autoritaire, qui sait s'imposer et se faire ob�ir :
    13. C'est � une ma�tresse femme �, elle garde le gouvernement des affaires, elle refuse de les communiquer � son p�re, elle lui tient t�te; elle le conduit, le retient comme un enfant prodigue; elle a l'accent vibrant de la volont� tendue... Taine, Notes Paris,1867, p. 209.
    b) Femme extraordinaire. Ma m�re est une femme admirable, la seule personne au monde qui me donne parfois envie de me jeter � genoux (Duhamel, Confess. min.,1920, p. 21).Une femme exceptionnelle ? moralement ? oui : les qualit�s morales les plus hautes, une femme sup�rieure (Bernanos, Mauv. r�ve,1948, p. 909).
    c) Femme effac�e, soumise/despotique; femme distante, hautaine; femme loyale; femme digne, respectable; noble femme. Continuez d'�tre la femme fi�re, grande, calme, indign�e, courageuse. Votre attitude, au milieu de ces hontes, est l'honneur de votre sexe et suffit pour consoler les �mes honn�tes (Hugo, Corresp.,1853, p. 143):
    14. Les femmes peuvent l� se faire, � volont�, m�prisantes jusqu'� l'insulte, humbles jusqu'� l'esclavage de l'Orient. Val�rie fut plus qu'une femme, elle fut le serpent fait femme... Balzac, Cous. Bette,1846, pp. 217-218.
    d) Femme bavarde (comme une pie). Ne dit-on point que les femmes sont curieuses? (Claudel, Violaine,1901, I, p. 579).C'est un endroit � potins d'hommes, car les hommes sont aussi concierges que les femmes (Fargue, Pi�ton Paris,1939, p. 63).
    ? [En position d'attribut] Elle devenait curieuse et bavarde, femme en un mot (Zola, T. Raquin,1867, p. 97):
    15. Ne jamais parler! elle y t�chait. Mais elle �tait femme, un �tre dont les sentiments, les sensations, l'impressionnabilit� d'enfant, bon gr�, mal gr�, jaillissent au dehors en une loquacit� gazouillante, un verbe diffus, des paroles, beaucoup de paroles. E. de Goncourt, �lisa,1877, p. 181.
    e) Femme acari�tre. Elle me met en garde contre la merci�re, qui est une m�chante femme et dit du mal de tout le monde... une vraie peste, quoi! (Mirbeau, Journal femme ch.,1900, p. 61).Il m'a dit que j'�tais une femme insupportable, odieuse, qu'il ne comprenait pas comment tu avais pu vivre si longtemps avec moi (Flers, Caillavet, M. Brotonneau,1923, II, 4, p. 16).
    f) Femme faible (moralement); faiblesse de la femme; la femme est un �tre/une cr�ature faible. Cf. le sexe faible*.Car je suis une faible femme, Je n'ai su qu'aimer et souffrir (Desb.-Valm., �l�gies,1833, p. 264):
    16. �lectre. ? Je sais qu'on a beaucoup de droits dans la confr�rie des femmes. Si vous payez le droit d'entr�e, qui est lourd, qui est d'admettre que les femmes sont faibles, menteuses, basses, vous avez le droit g�n�ral de faiblesse, de mensonge, de bassesse. Le malheur est que les femmes sont fortes, loyales, nobles. Alors tu te trompes. Tu n'avais le droit d'aimer que mon p�re. Giraudoux, �lectre,1937, II, 5, p. 152.
    ? [P. r�f. � la faiblesse traditionnellement pr�t�e � la femme]
    ? [Le suj. d�signe une femme] N'�tre qu'une femme. N'�tre qu'une cr�ature faible et impuissante devant la vie, les r�alit�s, ses propres sentiments, etc. Mais elle n'�tait qu'une femme. Cette folie, cette m�chancet� des hommes, contre quoi l'on ne peut rien, pas plus que contre la gr�le, les orages (Pourrat, Gaspard,1925, p. 261).
    ? [Le suj. d�signe un homme]
    P�j. [� la forme affirmative] �tre une femme :
    17. Guillaume sentit alors combien il �tait poss�d� par Madeleine. D�s les premiers jours de leur liaison, elle l'avait fatalement domin�, par son temp�rament plus fort, plus riche de sang. Comme il le disait autrefois avec un sourire, il �tait la femme dans le m�nage, l'�tre faible qui ob�it, qui subit les influences de chair et d'esprit. Zola, M. F�rat,1868, p. 267.
    M�lioratif. [� la forme n�gative et par antiphrase] Ne pas �tre une femme. Ne pas avoir la faiblesse d'esprit et de caract�re g�n�ralement pr�t�e � la femme. �a n'�tait pas une femme, Tournefier, mais un gaillard de bon jugement, un homme solide et bien r�sous. De l'avoir vu ainsi troubl�, Raboliot demeurait perclus (Genevoix, Raboliot,1925, p. 164).
    g) Femme forte; force, (toute-)puissance de la femme, femme sans faiblesse; femme courageuse. Tout indiquait en elle la femme raisonnable, sans charme, mais aussi sans faiblesse (Balzac, Cous. Bette,1846, p. 334).Ces femmes virilis�es qui n'ont d'autre but que leur r�alisation int�rieure et leur ambition (Brasillach, Corneille,1938, p. 246).
    Rem. La femme forte des �critures. Infra II.
    h) Femme de calcul; femme �conome. ? Dites que je vous aime pour votre argent! (...) Je suis une femme d'argent, n'est-ce pas? Eh bien! Oui, je suis une femme d'argent, parce que je suis une femme raisonnable (Zola, Pot-Bouille,1882, p. 283).Je l'interrogeai sur sa fortune. Elle en parla aussit�t en femme pratique, s�re d'elle, s�re des chiffres, des titres, des revenus, des int�r�ts et des placements (Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Divorce, 1888, p. 1100).Les grands mystiques (...) ont g�n�ralement �t� des hommes ou des femmes d'action, d'un bon sens sup�rieur (Bergson, Deux sources,1932, p. 259).
    i) Femme de devoir. � d�faut des joies de la bont� qui vous sont peut-�tre provisoirement refus�es, r�pondait le p�re, vous aurez celles d'�tre une femme de devoir (Druon, Gdes fam.,t. 2, 1948, p. 214).
    j) [P. r�f. � diff�rents aspects de l'image psychol. st�r�otyp�e de la femme]
    ? [En position d'attribut] �tre femme
    ? [Le suj. d�signe une femme] :
    18. Mais Colette �tait trop fine pour ne pas sentir qu'avec lui toutes ses gr�ces �taient perdues, et trop souple pour ne pas s'adapter instantan�ment aux fa�ons de Christophe. Elle n'avait m�me pas besoin de s'appliquer pour cela. C'�tait un instinct de sa nature. Elle �tait femme. Elle �tait une onde sans forme. Toutes les �mes qu'elle rencontrait lui �taient comme des vases, dont, par curiosit�, par besoin, sur-le-champ, elle �pousait les formes. Rolland, J.-Chr.,Foire, 1908, p. 733.
    En emploi adj. :
    19. ... ce ne sont pas du tout les filles en maison des autres pays. Elles sont plus libres, plus consid�r�es, du fait qu'on sort avec elles et qu'on les pr�sente � ses amis. Elles sont aussi plus femmes, charmantes, pleines d'attention, ob�issantes. On ne s'ennuie pas trop avec elles. T'Serstevens, Itin�r. esp.,1963, p. 150.
    ? [Le suj. d�signe un homme] :
    20. La cruaut� est partout dans Racine. (...) Et ses femmes sont naturellement plus cruelles que ses hommes, ce qui n'est pas peu dire. Ou pour aller plus profond�ment peut-�tre, ses hommes sont femmes, ils ont tous souffert de la contamination f�minine, de quelque contamination f�minine. Ils sont tous d�virilis�s, et c'est la cruaut� f�minine m�me que l'on retrouve en eux. P�guy, V.-M., comte Hugo,1910, p. 777.
    ? P�j. [Le suj. d�signe un homme] �tre une vraie femme. �tre eff�min� dans son caract�re, son comportement, sa fa�on de vivre :
    21. ... ce qu'il reprochait surtout aux jeunes gens d'aujourd'hui, c'�tait d'�tre trop eff�min�s. � Ce sont de vraies femmes �, disait-il avec m�pris. Mais quelle vie n'e�t sembl� eff�min�e aupr�s de celle qu'il voulait que men�t un homme, et qu'il ne trouvait jamais assez �nergique et virile? Proust, J. filles en fleurs,1918, p. 762.
    k) Loc. verb.
    ? [� la forme n�gative] Ne pas �tre femme � + inf. Ne pas avoir pour trait de caract�re de..., ne pas avoir pour comportement habituel de... Elle me dit :Je ne suis pas femme � me disputer �tape par �tape. Si tu l'exiges, je me suis promise, mais ce serait plus joli d'en rester l� ... � (Barr�s, Cahiers,t. 3, 1903-04, p. 89).
    ? [� la forme affirmative] �tre femme � + inf. �tre tout � fait capable de... Trois crimes �taient un salaire assur�ment inusit�; mais elle �tait digne de le recevoir puisqu'elle �tait femme � l'exiger, et il se promit de continuer l'aventure (Louy?s, Aphrodite,1896, p. 78).
    Rem. Femme-enfant, subst. f�m. Femme qui a ou semble avoir conserv� un ou plusieurs trait(s) du caract�re des enfants. Avec cela le charme insigne D'un frais sourire triomphant Eclos dans des candeurs de cygne Et des rougeurs de femme-enfant (Verlaine, ?uvres compl., t. 1, Bonne chans., 1870, p. 107). Cf. supra I A 1.
    l) Proverbe, allus. litt�r. Ce que femme veut, Dieu* le veut. O� sommes-nous? Dans le salon de Dennery. Ce que femme veut... Quelle intrigue, quelle volont� ent�t�e d'un caprice a forc� Dennery � nous inviter de fa�on que nous ne pouvions refuser! (Goncourt, Journal,1860, p. 716).Souvent femme varie, Bien fol est qui s'y fie (Hugo, Roi s'amuse,1832, IV, 2).
    3. [Au plan de l'affectivit�, de l'�motivit�] Il y a dans la femme une r�serve plus grande d'�motion et d'effervescence disponible (Gracq, Syrtes,1951, p. 312):
    22. La femme, du fait de sa nature physio-psychologique et de sa condition sociale, est plus tent�e que l'homme par les comportements de soumission. Encore ne faut-il pas confondre cette infirmit� de sa nature avec un besoin in�puisable et d�vorant de se donner, qui en est souvent la magnifique contrepartie. Mounier, Trait� caract.,1946, p. 507.
    ? C?ur de femme; camaraderie, douceur, tendresse, amour de femme; bont�, d�vouement de la femme; femme sensible, sensitive; femme distante, insensible; femme aimable, charmante, douce, tendre, aimante; femme bonne, d�vou�e; femme sentimentale, pleurnicheuse; gentille, excellente femme; pleurer comme une femme.
    ? Bonne, brave femme. MmeD., une bien brave femme, et son mari un bien brave homme, pas fiers, pas riches, mais g�n�reux (Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Rouerie, 1882, p. 859).Bonne femme, maternelle, qui ne se moquait pas : tel �tait, peut-�tre, le secret de sa puissance (Mauriac, Myst. Frontenac,1933, p. 45).
    Rem. Bonne femme (infra I C 1 d et II), brave femme (infra I C 1 d rem.).
    ? Femme de c?ur. Femme dot�e de grandes qualit�s de c?ur (p. oppos. � femme de t�te, supra) :
    23. ... l'amour ne tracasse pas beaucoup les femmes de t�te. Nous n'en vivons pas. jessica. ? Tandis que moi, j'en vis? olga. ? Comme toutes les femmes de c?ur. Sartre, Mains sales,1948, 5etabl., 1, p. 178.
    ? Femme heureuse, malheureuse :
    24. La femme r�ve au bonheur, et y r�fl�chit, parce qu'elle ne l'a pas. Si l'homme souffre par la femme, il a tout le reste pour se consoler. Mais elle, quoi? Une femme ne peut jamais se r�aliser compl�tement : elle d�pend trop de l'homme. Aussi r�ve-t-elle sans cesse � ce qui lui est impossible (...). Une femme attend toujours, avec espoir jusqu'� un certain �ge, sans espoir au del�. Montherl., J. filles,1936, p. 1008.
    ? [P. r�f. � l'�motivit�, � la sensibilit� g�n. pr�t�es � la femme; en position d'attribut] �tre, (re)devenir femme. Dans les �motions de cette journ�e, la religieuse �tait redevenue femme. Elle avait pleur�, et elle tremblait (Hugo, Mis�r.,t. 1, 1862, p. 359).
    ? [Le suj. d�signe un homme (ou un �l�ment de la personnalit� masculine)] Sera-ce vous d�plaire que de vous faire remarquer combien vos r�ponses (...) sont p�nibles (...) pour un po�te dont l'�me est femme, est nerveuse (Balzac, Modeste Mignon,1844, p. 256).
    ? [P. r�f. aux qualit�s de c?ur et � l'alt�rocentrisme g�n. pr�t�s � la femme] �tre une femme, une vraie femme, v. la citat. sous alt�rocentrisme :
    25. ... ? C'est des femmes [les s?urs] qu'�a ne pense qu'� faire le bien. Et elles vous causent pas du bon Dieu, c'est pas vrai... elles vous donnent � boire � vot' soif. C'est des femmes... de vraies femmes... c' que doivent �tre des femmes. Benjamin, Gaspard,1915, p. 104.
    ? La vraie femme. La femme par excellence, le type id�al de la femme, rassemblant en elle toutes les qualit�s que l'on attend d'une femme :
    26. ... � Tout est sauv�, une femme est avec nous �. ? Et quelle femme! La vraie. Vous. Oui, vous �tes la vraie femme, parce que vous avez la beaut� �clatante et le c?ur attendri, parce que vous comprenez, parce que vous souriez, parce que vous aimez. Vous �tes la vraie femme, parce que vous �tes proph�tesse et s?ur de charit�, parce que vous enseignez le devoir aux deux sexes, parce que vous savez dire aux hommes o� ils doivent diriger leur �me et aux femmes o� elles doivent mettre leur c?ur. Hugo, Corresp.,1853, p. 180.
    ? [En position d'attribut] �tre femme. Elle fit ce qu'elle savait qu'il fallait faire, parce qu'elle �tait femme, et bonne, et maternelle. Elle prit l'enfant sur ses genoux (Mille, Barnavaux,1908, p. 209).
    [Le suj. d�signe un homme] Tout penseur complet doit �tre femme par les c�t�s d�licats du c?ur (Hugo, Ruy Blas,1838, p. 330).
    ? En emploi adj. [En parlant d'une femme ou d'un �l�ment de sa personnalit�] Les femmes sentent plus vivement que nous (...) celles qui sont le plus femmes sont tout sentiment (Lemaitre, Contemp.,1885, p. 166).
    [En parlant d'un homme ou d'un �l�ment de sa personnalit�] J'aimerais croire aux choses par quelqu'un et en quelqu'un; voyez-vous, j'avais la nature un peu femme; les choses en elles-m�mes j'ai peine � m'y fixer directement bien que j'y fasse des pouss�es (Sainte-Beuve, Corresp., t. 6, 1818-69, p. 96).
    C.? [En tant qu'�tre social]
    1. [La femme sous le rapport de son appartenance � la soci�t� et de son image soc.]
    a) [La femme du point de vue du dogme et de la tradition jud�o-chr�t.] En condamnant la femme � enfanter avec douleur, Dieu lui a donn� une force invincible contre la peine; mais en m�me temps, et en punition de sa faute, il l'a laiss�e foible contre le plaisir (Chateaubr., G�nie, t. 1, 1803, p. 286).La femme ne sera point l'esclave de l'homme; elle en sera la s?ur, l'os de ses os, la chair de sa chair; partout o� on la d�gradera de ce rang, l'homme sera d�grad� lui-m�me (Lacord., Conf. N.-D.,1848, p. 213).
    ? La premi�re femme d'Adam. Lilith. La (premi�re) femme. �ve. �tat de l'homme et de la femme avant le premier p�ch�; s�duction, tentation de la premi�re femme par le serpent, le diable; faute, p�ch� de la premi�re femme. Le Moyen �ge est misogyne. (...) cette misogynie �tait d'origine chr�tienne. (...) � tous les hommes de religion la femme est apparue comme l'incarnation continu�e de l'�ve tentatrice et corruptrice (Faral, Vie temps st Louis,1942, p. 130).
    Rem. La femme forte des �critures. Infra II. La femme de Loth. Infra II. La femme adult�re. Infra II.
    ? La femme c�leste, divinis�e. La Vierge Marie. � droite, la femme c�leste (robe bleue), la Vierge, mais toute effac�e par la douleur (Michelet, Journal,1837, p. 227).
    ? Les saintes femmes. ,,Groupe de pieuses femmes qui accompagnaient J�sus depuis son d�part de la Galil�e et � l'assistaient de leurs biens � (...) Elles assist�rent � la mort et � l'ensevelissement du Christ, vinrent visiter son tombeau le matin de P�ques et port�rent aux ap�tres la nouvelle de sa r�surrection`` (Marcel 1938).
    b) Femme de la (grande) soci�t�, femme du monde, femme (de la soci�t�) bourgeoise. Les femmes du peuple (...) ne sont nullement grossi�res, comme les hommes, et (...) �prouvent le besoin de d�licatesse et de distinction (Michelet, Peuple,1846, p. 291).La femme prol�tarienne condense les traits anciens et nouveaux du psychisme de classe. (...) elle doit choisir entre la satisfaction de besoins �galement vitaux (Trait� sociol.,1968, p. 381).
    ? Emploi adj. �tre tr�s femme du monde. Tr�s �l�gante, habill�e avec go�t, aimable, tr�s femme du monde, elle recevait beaucoup et tr�s bien (Gyp, Souv. pte fille,1927, p. 173).
    ? R�putation d'une femme. La r�putation d'une femme tient � si peu de chose; la malignit� est si habile � p�n�trer, si prompte � publier ses d�couvertes, si dispos�e � les exag�rer! (S�nac de Meilhan, �migr�,1797, p. 1797).
    ? Femme d'honneur, de bien; femme comme il faut. Femme digne dont la conduite est irr�prochable et qui jouit d'une excellente r�putation. Lorsqu'on annonce un scandale, qui peut emp�cher les femmes de bien d'y courir en grande toilette (Veuillot, Odeurs de Paris,1866, p. 169).
    ? Femme d�class�e. Femme qui, du fait d'une conduite jug�e inappropri�e par la soci�t�, est consid�r�e comme n'appartenant plus � sa classe sociale d'origine. Des femmes qui n'�taient que d�class�es ont achev� de se perdre en flirtant, vers les cinq heures du soir, comme dans le monde, sur les dos-�-dos de cet honn�te salon... (Bourget, Nouv. Essais psychol.,1885, p. 34).
    c) Femme � la page, (toute) moderne, � la mode. La princesse est le type d'une femme toute moderne, la femme artiste (Goncourt, Journal,1862, p. 1187).
    d) Fam. Bonne femme. Femme simple (souvent d'un certain �ge). C'est une bonne femme que l'on conna�t, une vieille bonne femme, une bonne vieille paroissienne, une bonne femme de la paroisse, une vieille grandm�re, une bonne paroissienne. Elle nous raconte les histoires de l'ancien temps, qui sont arriv�es dans l'ancien temps (P�guy, Porche Myst.,1911, p. 175).
    ? En emploi adj. Une vieille dame de lettres, au demeurant assez bonne femme (Montesquiou, M�m.,t. 1, 1921, p. 12).
    ? Avec une connotation d�pr�c. fr�q.
    ? [La d�pr�ciation concerne le physique, la pr�sentation, l'allure de la femme] C'�tait une grosse bonne femme aux seins sur la bedaine, aux joues molles, comme en suif rouge (Pourrat, Gaspard,1931, p. 9):
    27. ... il distinguait entre les � femmes �, les � bonnes femmes �, et les � vieilles bonnes femmes �. Mais dans la diff�rence entre les � femmes � et les � bonnes femmes �, la question d'�ge n'intervenait presque pas. Telle personne de cinquante ans, pourvu qu'elle f�t coquette, bien mise, qu'elle e�t une certaine peau, un certain regard, un certain parfum, lui apparaissait sans h�sitation comme une � femme �; et telle concierge de vingt-cinq ans de la rue de la Goutte-d'Or, qui balayait son vestibule, d�peign�e, d�poitraill�e, la robe poussi�reuse, l'?il habit� par des pens�es de m�nage ou de hargne conjugale, �tait promue d'embl�e au rang de � bonne femme �. Romains, Hommes bonne vol.,1932, p. 268.
    ? [La d�pr�ciation est d'ordre intellectuel, mor.] Je tiens beaucoup, je le confesse, � ce que Madame de Matefelon s'en aille; parce qu'� la fin elle m'ennuie, cette bonne femme (Boylesve, Le�on d'amour,1902, p. 152).La religion populaire, de bonne femme, si l'on peut dire, qui �tait celle de P�guy, le [Barr�s] d�sorientait compl�tement (Tharaud, Pour fid. de P�guy,1928, p. 88).Je demeure �tonn� du manque des notions les plus simples et des pratiques les plus �l�mentaires chez un homme [Degas] si intelligent, et d'ailleurs nourri aux lettres classiques. Il avait sur bien des points des id�es de bonne femme (Val�ry, Degas,1936, p. 38).
    Conte de bonne femme. R�cit peu cr�dible. La religion �tait � ses yeux un conte de bonne femme, prolong� pendant des si�cles, et la th�ologie un attrape-nigauds (L. Daudet, Qd vivait mon p�re,1940, p. 37).
    Rem�de de bonne femme. Rem�de qui a son origine dans la tradition populaire. On essaye alors des rem�des de bonnes femmes : des m�res Michel furent convoqu�es et on suivit leurs prescriptions (Loti, Livre de la piti�,1891, p. 135).
    ? [La d�pr�ciation est d'ordre soc.] Bonne femme du peuple, de la campagne. Il (...) tira deux cigares de sa poche, en alluma un � la lanterne d'une bonne femme qui vendait de l'eau-de-vie et du caf� aux ouvriers (Balzac, Fille yeux d'or,1835, p. 387).
    Vieilli. [Empl. comme terme de condescendance � l'adresse d'une femme de condition modeste] Ma bonne femme. Le baron : ? Mais, ma bonne femme (...) ? Je ne suis pas une bonne femme, monsieur, je suis concierge (Balzac, Ferragus,1833, p. 47).
    ? [Dans la bouche d'un homme, la d�pr�ciation traduisant un sentiment misogyne] Quand j'ai � choisir entre un type et une bonne femme, c'est le type que je choisis (Sartre, Mains sales,1948, tabl. 4, 3, p. 137):
    28. Je crois que vous avez raison. Les femmes ne sont bonnes � rien. ? C'est d�j� quelque chose de le dire (...) ? Ne soyez pas si dur! ? Je ne dis pas de mal des bonnes femmes, r�pliqua gaiement Christophe. Une bonne femme, c'est le paradis sur terre. Seulement, le paradis sur terre... ? Oui, personne ne l'a jamais vu. Rolland, J.-Chr.,Foire, 1908, p. 737.
    Rem. On rencontre, dans le m�me emploi, l'expr. ma brave femme. ? Mais, ma brave femme, je vous ai d�j� dit que votre homme et cette borne, c'est la m�me chose... Je ne peux pas faire grouiller les pierres, que diable! ... Vous savez comment il finira, n'est-ce pas? (Zola, Terre, 1887, p. 411).
    ? [Empl. comme terme de sympathie ou d'affection (� l'adresse d'une fillette)] (Ma) petite bonne femme.
    e) [Statut social de la femme] Statut (de vie) de la femme, probl�me des rapports de l'homme et de la femme; domination de la femme par l'homme, exploitation de la femme par l'homme; esclavage, asservissement, assujettissement des femmes; id�e conventionnelle que les hommes se font de la femme; droits de la femme, am�lioration du sort des femmes; lib�ration, promotion de la femme; �mancipation (juridique) de la femme (mari�e); �galit� (des droits) des hommes et des femmes, �galit� des femmes et des hommes dans le mariage; acc�s des hommes et des femmes � toutes les fonctions dans des conditions �gales; suffrage, vote des femmes; femme d'une autre g�n�ration, femme d'�-pr�sent, femme nouvelle, femme libre; lib�rer la femme des t�ches mat�rielles, consid�rer la femme comme responsable au m�me titre que l'homme, femme qui est la compagne et l'�gale de l'homme. L'esclavage des noirs est aboli en Am�rique; l'esclavage des blanches continue en Europe. Les lois sont faites par les hommes contre les femmes. Rien de plus odieux (Hugo, Corresp.,1870, p. 245).Il y a la soumission d'un sexe � l'autre; on devine des g�n�rations de femmes battues par les m�les et gourmandes de la force (Frapi�, Maternelle,1904, p. 102).Joussier n'osait lui interdire d'aimer qui lui plaisait. Ne professait-il pas, pour la femme, comme pour l'homme, le droit d'�tre libre? (Rolland, J.-Chr.,Buisson ard., 1911, p. 1283):
    29. Je ne regrettais certes pas d'�tre une femme; j'en tirais au contraire de grandes satisfactions. Mon �ducation m'avait convaincue de l'inf�riorit� intellectuelle de mon sexe, qu'admettaient beaucoup de mes cong�n�res (...). Ce handicap donnait � mes r�ussites un �clat plus rare qu'� celles des �tudiants m�les : il me suffisait de les �galer pour me sentir exceptionnelle; en fait, je n'en avais rencontr� aucun qui m'e�t �tonn�e; l'avenir m'�tait ouvert aussi largement qu'� eux... Beauvoir, M�m. j. fille,1958, p. 295.
    2. [La femme sous le rapport socio-professionnel]
    ? Femme qui travaille, qui est embauch�e; femme qui a un salaire trop r�duit, qui a des int�r�ts professionnels � d�fendre; femmes qui sont m�l�es aux changements techniques et �conomiques; femme qui man?uvre une taraudeuse, qui fait huit heures de bureau par jour, qui est correspondant de guerre, qui est homme d'�tat. � ... Il est admis partout que la femme soit, � fatigue �gale, moins pay�e que l'homme... � ? � Pourquoi?demanda-t-elle. ? � Parce qu'on suppose qu'elle a un p�re, ou un mari, pour l'aider � vivre... � (Martin du G., Thib.,�t� 14, 1936, p. 370):
    30. Je pousse si loin le respect de l'individualit� que je voudrais voir les femmes introduites pour une part dans le travail critique et scientifique, persuad� qu'elles y ouvriraient des aper�us nouveaux, que nous ne soup�onnons pas. Si nous sommes meilleurs critiques que les savants du xviiesi�cle, ce n'est pas que nous sachions davantage, mais c'est que nous voyons de plus fines choses. Eh bien, je suis persuad� que les femmes porteraient l� leur individualit�, et r�fracteraient l'objet en couleurs nouvelles. Renan, Avenir sc.,1890, p. 524.
    ? Aptitudes (professionnelles) des femmes; irruption des femmes et des enfants dans les m�tiers d'hommes; participation des femmes au syndicalisme, pr�sence des femmes dans les organisations syndicales. Division du travail selon le sexe. Cette division n'a souvent rien � voir avec les aptitudes inn�es des hommes et des femmes, mais est affaire de convention (Lowie, Anthropol. cult.,1936, p. 126).
    ? M�tier qui est d�volu aux femmes, r�serv� aux femmes, exerc� par des femmes :
    31. ? Pr�sentement s'ouvrent aux femmes un certain nombre de carri�res dans lesquelles je pourrais esp�rer r�ussir (...) mais ce sont des professions o� le mieux que la femme puisse, c'est de faire oublier qu'elle n'est pas un homme. Ce que je voudrais c'est... enfin je cherche une situation qui ne puisse �tre occup�e que par une femme (...). Je voudrais (...) inventer une carri�re qui me perm�t d'aider les femmes en leur apprenant � se conna�tre, � prendre conscience de leur valeur. Gide, Genevi�ve,1936, p. 1398.
    ? Femme qui veut faire sa propre vie par son travail; femme qui gagne sa vie (par son travail) et ne d�pend de personne :
    32. ... je tiens avant tout � �tre une femme qui gagne sa vie. Je veux que Jean-Paul ait pour m�re une femme ind�pendante, une femme qui se soit assur�, par son travail, le droit de penser ce qui lui pla�t, et d'agir selon ce qu'elle croit �tre bien... Martin du G., Thib.,�pil., 1940, p. 882.
    ? Femme ma�on, terrassier, cantonnier. Aujourd'hui que je vous retrouve sous le v�tement d'une femme de travail, vous m'apparaissez plus admirable encore (Renan, Drames philos.,Append. Abbesse Jouarre, 1888, p. 668).
    ? Femme ing�nieur, femme cosmonaute, femme-d�tective. Je connais des femmes m�decins, ap�tres, artistes, dit-il (Chardonne, �pithal.,1921, p. 335).
    ? Femme-patron. Elle se montrait d'habitude tr�s exacte, en femme d'affaires qui sait le prix du temps (Zola, Argent,1891, p. 224).
    ? Professeur femme; femme philosophe, chercheur. La secr�taire-dactylo, la vendeuse de grand magasin, pensait Marat, d�pendent de l'arbitraire du patron ou du chef de rayon. La femme fonctionnaire, par contre, est prot�g�e par son statut... (Vailland, Dr�le de jeu,1945, p. 135).
    ? Femme(-)auteur, femme �crivain, femme po�te. Jamais femme, je crois, ne laissa voir un si naturel m�pris du succ�s et fut si peu femme de lettres (France, Vie litt�r.,1892, p. 144).
    ? Femme artiste, cin�aste, metteur en sc�ne. Ne conclus pas, Ad�le, que selon moi une femme peintre est une femme d�prav�e, mais seulement qu'elle perd sa r�putation et s'attire la d�consid�ration du monde, e�t-elle m�me une conduite irr�prochable (Hugo, Lettres fianc�e,1822, p. 123, 124).
    Rem. 1. Selon le cas, on rencontre le terme femme en premier ou second �l�ment d'appos. ou de nom compos� pour indiquer le genre f�m. de professions pour lesquelles la lang. ne poss�de qu'un signifiant du genre masc. : femme ma�on, femme-d�tective. Parmi ces appos. ou ces noms compos�s, certains sont r�versibles (femme professeur, professeur femme), d'autres ne le sont pas (femme m�decin); certains ont �t� cr��s pour �viter une ambigu�t� (femme-patron/patronne). 2. ,,L'�volution sociale qui tend � la promotion de la femme dans la vie politique et professionnelle a introduit des formes de f�minin pour de nombreuses fonctions : artisane, attach�e, auditrice, aviatrice, championne, avocate, etc. Mais comme c'est aussi un fait social concomitant qu'une distinction demeure malgr� l'�galit� formellement acquise par les femmes, celles-ci tendent � revendiquer l'emploi du titre au masculin pour manifester l'�galit� absolue : D'o� le professeur MmeX, le docteur MmeY, etc.`` (Dupr� 1972).
    ? [Dans certaines expr. du monde du travail, souvent avec une id�e de subordination, voire de p�joration soc.]
    ? Femme de chambre. Domestique attach�e au service personnel de la (ou des) femme(s) d'une famille, ainsi qu'au service int�rieur de la maison. V. valet de chambre*.L�, nous trouvons ma femme de chambre qui vient de faire ma chambre. J'entre dans la chambre jaune pour donner quelques ordres sans importance � cette domestique (G. Leroux, Myst. ch. jaune,1907, p. 38).
    [Dans l'h�tellerie] Femme charg�e du service int�rieur de l'h�tel (service des chambres, du linge, etc.). Elle est ling�re et femme de chambre aussi. Maria sursauta : femme de chambre? ? Oui. Elle fait le troisi�me �tage (Van der Meersch, Empreinte dieu,1936, p. 151).En emploi adj., p�j. En toutes circonstances, ce qu'il y avait l� d'un peu femme de chambre m'e�t choqu� (Barr�s, Jardin B�r�n.,1891, p. 162).
    ? Femme de m�nage. Employ�e charg�e des travaux de nettoyage d'une maison, d'une collectivit�, et le plus souvent pay�e � l'heure. Si on fait venir une femme de m�nage, c'est pour vous gagner du temps; autrement, il n'y a qu'� faire son m�nage soi-m�me (Montherl., Celles qu'on prend,1950, p. 819).En dehors du personnel de service titulaire (...) les lyc�es peuvent employer (...) du personnel r�tribu� � l'heure, notamment des femmes de m�nage (Encyclop. �duc.,1960, p. 330).P�j. � chaque instant, il nous vient � l'esprit des id�es de concierges et de femmes de m�nage (Val�ry, Mauv. pens.,1942, p. 218).
    ? [Dans la lang. admin.] Femme de journ�e. Professionnelle charg�e de travaux de nettoyage chez des particuliers et travaillant le plus souvent � la journ�e (cf. M�t. 1955).
    ? Femme de service. Employ�e assurant les travaux de nettoyage des locaux dans une �cole, une administration, une entreprise. Les vendeuses de magasin ont le droit de s'asseoir pendant les accalmies, les bonnes ont la chance d'avoir des l�gumes � �plucher; le m�tier de femme de service est plus actif (Frapi�, Maternelle,1904, p. 170).
    ? Femme de compagnie. Synon. rare de dame* de compagnie.
    ? Vieilli
    Femme de charge. Femme de confiance charg�e, dans un int�rieur, de travaux manuels, en particulier de l'entretien des v�tements et des objets pr�cieux :
    33. La cousine Bette occupait dans la maison Marneffe la position d'une parente qui aurait cumul� les fonctions de dame de compagnie et de femme de charge; mais elle ignorait les doubles humiliations qui, la plupart du temps, affligent les cr�atures assez malheureuses pour accepter ces positions ambigu�s. Balzac, Cous. Bette,1846, p. 148.
    Femme d'ouvrage. Employ�e charg�e des travaux domestiques ordinaires d'une maison. Il fallait s'occuper de d�couvrir une aide permanente, femme d'ouvrage ou bonne, avec une garde pour la nuit (Mal�gue, Augustin, t. 2, 1933, p. 285).
    ? Au plur. Domestiques, en particulier femmes de chambre attach�es au service d'une femme de la noblesse, de la haute soci�t�. Le reste du temps il baguenauda, riant avec les femmes de madame, et surtout avec mademoiselle Cochet, la femme de chambre (Balzac, Paysans,1844, p. 46).
    3. [En tant qu'�tre sexuellement et socialement compl�mentaire de l'homme]
    a) [Ind�pendamment de toutes consid�rations matrimoniales] :
    34. Vous ne connaissez pas les hommes! il n'y en a pas un (...) qui ne cache dans le repli le plus profond de son c?ur, son f�tiche, son idole, sa sainte! c'est une femme, ou plut�t l'image d'une femme, une m�re, une s?ur, une amie, une inconnue m�me; un �tre id�al et charmant, fait d'un souvenir ou d'un r�ve, impossible si vous voulez, mais le seul auquel il croit, le seul qui ait toutes les v�n�rations, toutes les ardeurs... Pailleron, �tincelle,1879, 9, p. 53.
    35. Les voil� donc face � face, cet homme et cette femme, dans la nudit� de leur personne physique et de leur personne morale, qui s'affrontent et s'�treignent, comme s'il n'y avait ni science, ni arts, ni progr�s des lumi�res, ni adoucissement des m?urs. Conflit myst�rieux parce qu'il n'est point r�gi par des lois, conflit farouche parce que la nature s'y montre avec son s�rieux tragique! Bourget, Nouv. Essais psychol.,1885, p. 30.
    ? Vertu de la femme, coquetterie des femmes; odeur de femme passionn�e. Femme normale, raisonnable, vertueuse, sage, s�rieuse; femme libre, affranchie; femme frivole, l�g�re, complaisante, facile, galante, libertine, d�vergond�e; femme d�sirable, s�duisante, app�tissante, aguicheuse, fatale; femme d�sir�e, aim�e, amoureuse, caressante, ardente; femme passive, soumise, asservie; femme s�duite, poss�d�e, trahie (par un homme); femme seule, rest�e fille, c�libataire; femme r�serv�e dans l'amour, femme au sein palpitant, femme mangeuse d'homme; femme de passade. Ce qu'elle a de particulier, c'est de n'avoir jamais voulu �tre une femme entretenue : c'�tait une brave petite prostitu�e, et elle n'a jamais essay� de monter en grade (Martin du G., Thib.,Belle sais., 1923, p. 839).
    ? Femme qui reste sage; femme qui aime un homme, se donne tout enti�re � un homme; rend un homme heureux, souffre par un homme; femme qui aime les hommes, fait des avances, s'offre, prend un amant, est la ma�tresse d'un homme, baise, jouit, satisfait un homme, donne du plaisir aux hommes; femme qui entretient un homme. Touchante prescience des femmes qui aiment tant l'homme qu'elles devinent du premier coup ce qui fera le plus de plaisir � ce corps pourtant si diff�rent du leur (Proust, Guermantes 1,1920, p. 167).
    ? Homme qui a du succ�s aupr�s des femmes, qui courtise, aime, d�sire, s�duit, conquiert une femme, triomphe d'une femme; homme qui caresse une femme, fait l'amour/ couche avec une femme; homme qui d�shonore une femme, devient l'amant de (telle) femme, collectionne les femmes; homme qui a une femme dans sa vie/dans la peau, qui entretient une femme, vit (en concubinage) avec une femme, fait un enfant � une femme; homme qui ne peut se passer/ manque de femmes, fuit les femmes; homme qui viole une femme; homme qui conna�t, estime, respecte, m�prise les femmes; homme et femme qui forment un couple, vivent ensemble (sans �tre mari�s), se lassent l'un de l'autre, se renient :
    36. Je ne suis pas une femme qu'on a, un corps imb�cile aupr�s duquel vous trouvez votre plaisir en mentant comme aux enfants et aux malades. Vous savez beaucoup de choses, cher, mais peut-�tre mourrez-vous sans vous �tre aper�u qu'une femme est aussi un �tre humain. Malraux, Cond. hum.,1933, p. 340.
    ? [La femme telle qu'elle est pr�sent�e ou telle qu'elle est per�ue dans le cadre des ph�nom�nes sociaux de la d�bauche et de la prostitution] Trafic, traite des femmes; hommes qui prostituent les femmes et les enfants; femme qui a mauvais genre, qui est une prostitu�e, qui est en maison, qui se vend (sur les trottoirs), qui fait m�tier de son corps. On a parl� � sati�t� de la prostitution des femmes, on n'a pas dit un mot sur celle des hommes. J'ai connu le supplice des filles de joie, et tout homme qui a aim� longtemps et qui voulait ne plus aimer l'a connu, etc. (Flaub., Corresp.,1859, p. 352):
    37. ? J'ai un petit; je ne sais pas qui c'est son p�re; j'ai �t� la femme de tout le monde, je me fais honte dans mon corps. Quand ma m�re vient porter mon manger, je n'ose pas lui dire : � Je veux t'embrasser �. Je ne peux pas embrasser ma m�re en me souvenant de ce que j'ai fait avec ma bouche. Je suis la derni�re de toutes, je suis salie en dedans, je me suis servie de ma chair pour gagner des sous... Giono, Baumugnes,1929, p. 180.
    ? Femme d�bauch�e, d�prav�e; femme de mauvaise vie, de vie, de noce. Femme du dernier �tage. Femme qui vit dans la d�bauche ou se livre � la prostitution. Des hommes (...) man?uvr�s comme de pitoyables pantins par des femmes du dernier �tage, des vases d'ignominie, laides, viles, avari�es, mais chichiteuses (Montherl., Piti� femmes,1936, p. 1121).
    ? Femme de plaisir (cf. fille* de joie); femme publique, v�nale, pas ch�re; femme class�e, en carte; femme de bordel, de maison close; femme � soldats. Prostitu�e. Attrait frelat� de ces femmes en carte, dont le d�fil� ininterrompu sur la voie publique semblait ordonn� par les lois (Martin du G., Devenir,1909, p. 45).
    P. euph�m. Femme de petite vertu. C'�tait un coureur qui avait mang� sa fortune avec de vilaines femmes (Zola, Nana,1880, p. 1350).Les alc�ves des filles (...) et les loges des petites femmes! Les petites femmes (...) autre loque de langage, la sale usure de ce terme avachi! (Lorrain, Phocas,1901, p. 101).
    Au plur. Les femmes. R�fle de femmes. Et, en effet, c'est bienles femmesqui m'attirent et nonles dames � (Larbaud, Barnabooth,1913, p. 179).
    ? [P. allus. litt�r. : Hugo, Les Chants du cr�puscule, 14epi�ce (d�but)] Oh! n'insultez jamais une femme qui tombe!
    ? Loc. Cherchez la femme. Si vous voulez conna�tre la motivation profonde des actes d'un homme, cherchez dans sa vie sentimentale, cherchez la femme dont il est �pris. [Dans le m�me esprit] Fam. Il y a une femme l�-dessous. Dis-moi ce qui se passe. Il y a une femme l�-dessous, hein? Marius. ? Eh bien... oui... (Pagnol, Marius,1931, II, 4, p. 128).
    Rem. Gilb. 1971 et Giraud-Pamart Nouv. 1974 enregistrent le compos� f�m. femme-objet que Gilb. 1971 d�finit ainsi : ,,La femme en tant qu' � objet �, ce mot �tant pris soit au sens de la psychanalyse (cf. � objet � pulsionnel, sexuel, etc. ...) soit dans son sens courant : la femme r�duite (par et pour elle-m�me, par et pour autrui, notamment un homme) � n'�tre qu'un objet, un bibelot, un jouet d'agr�ment, de luxe, de plaisir``. Cette peinture fait r�gner la femme-objet, courtisane ou po�tesse, devenue spectacle (Monde, 2 janv. 1969 ds Gilb. 1971). Ce qu'on appelle la femme-objet, miroir tant�t de l'�rotisme, tant�t de la revendication f�minine, tant�t de la d�tresse d'un sexe opprim�, et qui, de l'objet, poss�de les contours clos et la fonction utilitaire (L'Express, 12 oct. 1970, ibid.).
    ? En partic. [Les relations de la femme avec d'autres femmes dans le cadre de l'homosexualit�] Union de deux (jeunes) femmes; femme qui est une homosexuelle qui s'ignore; femme que ses go�ts portent vers les femmes, qui a des relations avec les autres femmes. D�j� un grand nombre de femmes n'ont de plaisir parfait qu'avec leur propre sexe (Louy?s, Aphrodite,1896, p. 106).
    b) [Dans le cadre du mariage] Homme qui demande la main d'une femme, qui demande une femme. Homme qui demande une femme en mariage. Homme qui obtient la main d'une femme, qui obtient une femme; homme qui �pouse une femme; femme qui se marie. Une femme se marie pour entrer dans le monde, un homme pour en sortir (Taine, Notes Paris,1867, p. 52):
    38. Le seul destin acceptable pour une femme est le mariage heureux. Donc elle d�pend de l'homme, et d�s son jeune �ge elle le sait. Si vrai soit-il qu'un adolescent souffre de son impuissance, jeune gar�on il vit dans le pr�sent, jeune homme il imagine l'avenir comme une mati�re qu'il sera seul � fa�onner. De cet avenir la jeune fille a peur. Le gar�on sait que son avenir sera ce qu'il voudra; la jeune fille sait que son avenir sera ce qu'un homme voudra. Montherl., J. filles,1936, p. 1006.
    II.? Sp�c. Personne de sexe f�minin qui est mari�e. Synon. �pouse.
    ? [Le mot femme est en relation syntagm. avec un subst. ou un nom propre d�signant le conjoint; en partic., le rapport d'appartenance cr�� par les liens du mariage entre les conjoints s'exprime par le recours � l'adj. poss. ou au compl. de nom]
    ? Poss. + femme.Homme qui aime, adore sa femme, prend sa femme dans ses bras, caresse sa femme, fait l'amour/couche avec sa femme, a un enfant de sa femme; homme qui trompe, insulte, brutalise, prive d'argent sa femme; homme qui quitte sa femme et ses enfants. Tu porteras mon nom, tu seras ma femme � moi, rien qu'� moi, je suis ton �poux, ton seul �poux! (Flaub., 1re�duc. sent.,1845, p. 165).Cette vieille affection inv�t�r�e que les maris portent � leurs femmes quand elles se sont r�sign�es au r�le de douces et vertueuses compagnes (Balzac, Cous. Bette,1846, p. 24):
    39. L'id�e que tu �tais ma femme et que cependant c'�tait d'autres que moi qui avaient le droit de t'approcher, me d�solait. Oh! Il faut que ces contraintes soient bient�t bris�es, il faut que ma femme soit ma femme et que notre mariage devienne enfin notre union. On dit que la solitude rend fou, et quelle solitude pire que le c�libat? Hugo, Lettres fianc�e,1822, p. 115.
    Loc. interr. Voulez-vous �tre ma femme? Voulez-vous m'�pouser?
    Pop. Sa bonne femme. Sa femme. ? Tiens! c'est vous! cria Mahoudeau, assis devant sa bonne femme, en train de fumer une pipe (Zola, ?uvre,1886, p. 68).
    ? Poss. + mari (ou �poux).Femme qui aime son mari; femme que son mari n�glige, trompe; femme qui trompe son mari. Ces cachettes myst�rieuses ont �t� m�nag�es au temps jadis pour y murer des femmes qui trompaient leurs maris (Colette, Cl. � l'�cole,1900, p. 80).
    ? La femme + de + subst. masc. (ou nom propre). Femme qui veut �tre la femme de (qqn), qui accepte d'�tre la femme de (qqn), qui consent � �tre la femme de (qqn), qui devient/est/reste la femme de (qqn); femme qui est la femme d'un triste mari; la femme d'un commandant; homme qui s�duit la femme de (qqn). Vous �tes la femme, la sujette et la servante d'Alphonse, duc de Ferrare (Hugo, L. Borgia,1833, II, 1repart., 4, p. 103).Tu n'es plus l'homme que j'ai voulu pour mari, et je ne sais vraiment pas si j'aurai le courage de rester la femme de l'homme que je d�couvre (Curel, Nouv. idole,1899, I, 6, p. 188).J'aime, vois-tu... Je veux �tre la femme de Jo�... son �pouse, sa chose, la m�re de ses enfants (Martin du G., Taciturne,1932, III, 2, p. 1322).
    [P. allus. biblique : Gen., 19, 26] La femme de Loth. Femme de Loth (neveu d'Abraham) qui fut chang�e en statue de sel ? alors qu'elle venait d'�chapper � la destruction de la ville de Sodome par le soufre et le feu ? pour s'�tre retourn�e (c'est-�-dire pour avoir regard� en arri�re) malgr� l'interdiction divine. En punition de sa curiosit�, la femme de Loth fut chang�e en statue de sel (Stocker, Sel,1949, p. 6).
    Pop. La bonne femme de... L'�pouse de... Christine (...) entendit pendant trois heures son mari et les t�moins s'enfi�vrer au sujet de la bonne femme de Mahoudeau (Zola, ?uvre,1886, p. 246).
    ? [Dans le style judiciaire ou policier, ou avec une valeur de d�nigrement] La femme X. L'�pouse x, la dame x, Madame x. Et le poison, c'est la femme Tishe qui l'a �t� chercher! et c'est elle qui a forc� madame de le boire! (Hugo, Angelo,1835, p. 119).
    ? [Dans certaines loc.]
    ? Loc. verb.
    [Le mot femme est en position de compl. et le plus souvent priv� d'art.] Homme qui veut une femme, cherche femme/une seconde femme, qui trouve femme; homme qui prend (qqn) pour femme � homme qui �pouse quelqu'un �; homme qui prend femme � homme qui se marie �; homme qui �pouse (qqn) pour premi�re femme; homme qui a une femme, qui a (qqn) pour femme; homme qui est sans femme ni enfants, qui n'a ni femme ni enfant, qui a femme et enfant, qui quitte femme et enfant. [En position de suj. : un parent de la conjointe] Donner (� qqn) sa fille pour femme; donner (qqn) pour femme (� qqn) :
    40. Quelques-uns avaient une femme, une poup�e, couverte de bijoux, de robes de prix, qu'ils montraient comme une enseigne, une garantie. � Voici ma femme �. Peisson, Parti Liverpool,1932, p. 168.
    [Avec le synt. mari et femme (plus rarement femme et mari) sans art.] (Ne pas) �tre mari et femme; se prendre pour mari et femme; vivre (ensemble) comme mari et femme; femme et mari ne font qu'un. La simple d�claration faite devant un pr�tre qu'on entend se prendre pour mari et femme comportait autrefois le mariage. Et cette volont�, voil� le sacrement m�me (Pourrat, Gaspard,1930, p. 299).
    ? Loc. adj. Femme morganatique*.
    Femme mari�e, l�gitime. ? Comment, pourquoi? Un mari payer pour coucher avec sa femme!... (...) ? Il est bien plus b�te, quand on a une femme l�gitime, d'aller payer des cocottes (Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Bord du lit, 1883, p. 901).
    [Le plus souvent employ� � propos d'une �pouse] Femme honn�te; honn�te femme. Femme fid�le � son mari. Une femme honn�te fid�le � son mari l�gitime sans l'aimer. Il y en a grand nombre (Vigny, M�m. in�d.,1863, p. 65).
    Femme adult�re. Je me demandai si ce n'�tait pas le mari ou la femme adult�res (qui l'�taient seulement parce que le bonheur l�gitime leur avait �t� refus�) (...) qui avaient raison (Proust, Guermantes 2,1921, p. 372).[P. allus. biblique : Saint Jean, 7, 53-8, 11] . La femme adult�re. ,,Femme surprise en adult�re, par les scribes et les Pharisiens, et d�f�r�e par eux au jugement de Notre-Seigneur qui refuse de la condamner`` (Bible 1912). Le jugement sur la femme adult�re :
    41. ... � Que celui qui est sans p�ch� lui jette la premi�re pierre �. Cette parole du Christ suffit pour que les Juifs s'�loignent l'un apr�s l'autre, et ils serraient dans leur main crisp�e la pierre qu'ils n'avaient pas os� jeter contre la femme adult�re. Mauriac, B�illon d�n.,1945, p. 472.
    [P. allus. biblique : Livre des Proverbes, 31, 10-31] La femme forte (de l'�criture). ,,Femme vertueuse, active, pr�voyante, �conome, d�vou�e, charitable, religieuse, qui remplit avec intelligence et courage ses devoirs de ma�tresse de maison, d'�pouse et de m�re`` (Marcel 1938). Elle, c'est la bonne chr�tienne, la m�re par excellence, l'�pouse aimante et la femme forte (Verlaine, ?uvres compl.,t. 4, L. Leclercq, 1886, p. 125).
    ? Femme au foyer, femme de foyer (vieilli). Vieilli et r�gion. (Alsace). Femme de m�nage. ? Voil� ce qu'on peut appeler une jolie petite fille, et qui fera bient�t une bonne petite femme de m�nage, je l'esp�re (Erckm.-Chatr., Ami Fritz,1864, p. 32):
    42. La grand'm�re repr�sentait la femme annihil�e par le mari (...) et n'accomplissant dans la maison que le r�le et les devoirs d'une servante ma�tresse. La m�re �tait l'�pouse vivant dans la communaut� de l'honneur, dans le partage de la belle et pure conscience du mari. Elle �tait cette femme sainte : la m�re de famille, ? la femme d'int�rieur et de m�nage, qui vit en ses enfants et avec eux, leur donnant son �me � toutes les heures... Goncourt, Ch. Demailly,1860, p. 99, 100.
    ? [Le mot femme est en oppos. paradigm. avec mari (ou �poux)] On disait au minist�re, sans y mettre ombre de malice, que, dans le m�nage, c'�tait le mari qui portait les jupes et la femme les culottes (Proust, Sodome,1922, p. 645).
    ? [Le mot femme s'oppose, dans un cont. imm�diat, � un ou plusieurs mots appartenant au champ s�m. du mariage] La femme faisait la cuisine et montrait � lire � l'enfant (Hugo, Travaill. mer,1866, p. 62).C'�tait la femme qu'il lui fallait. Elle travaillerait pour deux, et il ferait la loi au logis (Zola, Fortune Rougon,1871, p. 122):
    43. Quand un ami se marie, c'est fini, bien fini. L'affection jalouse d'une femme (...) ne tol�re point l'attachement vigoureux et franc (...) qui existe entre deux hommes. Maupass., Contes et nouv.,t. 1, B�che, 1882, p. 780.
    ? [En dehors d'oppos. paradigm. significatives] Voici deux bourgeois, l'homme et la femme, ayant pass� ensemble un demi-si�cle (Bloy, Journal,1902, p. 126):
    44. Courteline dit : ? Il faut battre une femme quand il n'y a pas d'autre moyen de la faire taire. C'est tr�s joli, de dire : � Moi, je prendrais mon chapeau, ma canne, et je m'en irais! � (...) mais, le soir, o� aller? Renard, Journal,1896, p. 321.
    ? [Dans la lang. pop., � l'adresse de l'�pouse] (La) femme. Femme, dis � mon fils De venir me trouver (Mor�as, Syrtes,1884, p. 156).Bongard. ? ... De mon temps, nous ne lisions pas le journal, et nous n'en �tions pas plus malheureux. N'est-ce pas? la femme. ? Pour s�r! appuya �nergiquement la Bongard (Zola, V�rit�,1902, p. 48).
    ? En partic. Personne du sexe f�minin qui a �t� mari�e. Femme s�par�e de corps (et de biens), divorc�e, veuve, seule, libre. �pouser une femme divorc�e, quelle d�ch�ance. Pire que d'�pouser une vieille ma�tresse, ancienne blanchisseuse, comme il arrive aux vieux c�libataires (Drieu La Roch., R�v. bourg.,1939, p. 140).Il le trouva en conversation avec une femme en deuil, c'�tait une veuve du quartier; elle avait perdu son mari r�cemment (Murger, Sc�nes vie boh.,1851, p. 105).
    ? Proverbes
    ? La femme de C�sar* ne doit pas m�me �tre soup�onn�e.
    ? [Pour signifier que la femme est source de conflit dans le couple] Qui femme a, noise a ou qui femme a, guerre a.
    ? C'est la bonne femme qui fait le bon mari :
    45. On dit en proverbe : c'est la bonne femme qui fait le bon mari; et cela est vrai en g�n�ral. Il y a cela de remarquable dans le caract�re de la femme, qu'il s'amalgame bien plus ais�ment que celui de l'homme � des caract�res difficiles. Bern. de St-P., Harm. nat.,1814, p. 335.
    ? Le diable* bat sa femme et marie sa fille.
    ? P. anal. [Chez les animaux qui vivent en couple] Femelle. Il [le canard] est donc tout seul? demandai-je � un jardinier (...) ? Tiens! il est seul aujourd'hui (...) l'oiseau lui aura mang� sa femme ce matin (Sand, Nouv. lettres voy.,1876, p. 8).L'hymen accompli, le m�le rentre chez lui, sain et sauf; ce qui est rare dans les noces aran�ennes o�, d'habitude, la femme d�vore son conjoint (Maeterl., Araign�e de verre,1932, p. 52).
    Prononc. et Orth. : [fam]. Enq. : /fam, (D)/. Ds Ac. 1694-1932. �tymol. et Hist. 1. Fin xes. � �tre humain du sexe f�minin � (Passion de Clermont Ferrand, �d. D'Arco Silvio Avalle, 260); 2. ca 1100 � compagne de l'homme unie par les liens du mariage � (Roland, �d. J. B�dier, 1402 : ne reverrunt lor mere ne lor femme). Du lat. class. femina � femelle �, puis � femme, �pouse � qui a concurrenc� les lat. mulier � femme � qui ne survit plus en fr. (en face de l'ital. moglie et de l'esp. mujer) que comme arch. sous la forme moillier � �pouse, femme � (qui dispara�t des textes au xives.; 2 attest. aux xveet xvies.) et uxor � �pouse � qui a donn� le tr�s rare oissour � �pouse � (qui dispara�t des textes dans la 1remoiti� du xiiies.; qq. attest. aux xiiieet xives. dans les remaniements �piques). Fr�q. abs. litt�r. : 78 380. Fr�q. rel. litt�r. : xixes. : a) 108 966, b) 143 544; xxes. : a) 128 772, b) 85 992. Bbg. Adams (G. C. S.). Words and descriptive terms for woman and girl in French and Proven�al and border dialects. Chapel Hill, 1949. ? Duch�c?ek (O.). Les Microstructures lex. In : Congr�s Intern. de Ling. et Philol. rom. 13. 1971. Qu�bec. Qu�bec, 1976, t. 1, pp. 586-589. ? Duch. Beaut� 1960, p. 34, 42, 46. ? Grisay (A.), Lavis (G.), Dubois-Stasse (M.). Les D�nominations de la femme ds les anc. textes litt. fr. Gembloux, 1969. ? Klein (J.-R.). Le Vocab. des m?urs de la � Vie parisienne � sous le Second Empire. Louvain, 1976, pp. 63-64. ? Quem. DDL t. 1, 5, 11. ? Saint-Jacques (B.) Sex, dependency and language. Linguistique. Paris. 1973, t. 9, pp. 89-96. ? Tabachowitz (A.). Homme-femme. Vox rom. 1960, t. 19, pp. 341-385.


    Wiktionnaire


    Nom commun - fran�ais

    femme \fam\ f�minin (pour un homme, on dit�: homme)

    1. �tre humain de sexe f�minin (par opposition � homme), femelle de l'Homo sapiens.
      • Les divers pr�jug�s sur le rapport d'excellence de l'homme � la femme, ont �t� produits par les coutumes des anciens peuples, les syst�mes de politique et les religions qu'ils ont modifi�s � leur tour. J'en excepte la religion chr�tienne, qui a �tabli, comme je le dirai plus bas, une sup�riorit� r�elle dans l'homme, en conservant n�anmoins � la femme les droits de l'�galit�. [?] Un proverbe h�breu borne presque toute l'habilet� des femmes � leur quenouille, et Sophocle a dit que le silence �tait leur plus grand ornement. Par un exc�s oppos�, Platon veut qu'elles aient les m�mes occupations que les hommes. Voyez le cinqui�me dialogue ?????????. ?�(Denis Diderot, Encyclop�die, article ��Femme (Anthropologie)��, 1772)
      • Ce n'est jamais d'apr�s le masque hypocrite des femmes qu'il faut s'aviser de les juger. ?�(Donatien Alphonse Fran�ois de Sade, La Prude ou La Rencontre impr�vue, in Historiettes, Contes et Fabliaux, 1788, �dition 1926)
      • Les Benjamites furent avertis qu'ils pourroient s'approcher secr�tement du lieu de la f�te, s'aposter de mani�re � bien voir les femmes qui s'y trouveroient, et enlever sans r�sistance celles qu'ils voudroient pour �pouses. ?�(Rabelleau, Histoire des H�breux, tome 1, 1825, page 261)
      • Cependant les femmes de Lima gouvernent les hommes parce qu'elles leur sont bien sup�rieures en intelligence et en force morale. ?�(Flora Tristan, Les Femmes de Lima, La Revue de Paris, tome 32, 1836)
      • ? Monsieur, je ne suis qu'une femme, et, par cons�quent, mon jugement est peu de chose. ?�(Charles Baudelaire, La Fanfarlo, 1847�; Gallimard, 2012, collection Folio, page 22)
      • Je suis l'ennemi de ce r�gne de l'homme qui n'est pas encore termin�. Pour moi, la femme est l'avenir de l'homme, au sens o� Marx disait que l'homme est l'avenir de l'homme. ?�(Louis Aragon, Le Fou d'Elsa, commentaire, 1963)
    2. Personne adulte et nubile de sexe f�minin (par opposition � fille, fillette et femme-enfant).
      • Mais peu avant sa vingti�me ann�e, quand de jeune fille elle devint femme et vit s'effiler sous les seins le premier pli charmant de la maturit� qui va na�tre, il lui vint tout � coup des ambitions.?�(Pierre Lou�s, Aphrodite, Livre�I, chapitre�i, Mercure de�France, Paris, 1896)
      • Mes tempes battent�; toute ma chair va � cette femme presque nue et charmante dans le matin et dans le transparent v�tement qui enferme la douce odeur d'elle.?�(Henri Barbusse, L'Enfer, chapitre�VII, �ditions Albin�Michel, Paris,�1908�; �ditions�G.�Cr�s, Paris, 1925, page�99)
    3. Conjointe�; �pouse�; partenaire.
      • N�anmoins la foi conjugale est sans cesse viol�e dans les grandes soci�t�s polic�es. Il est peu de maris qui soient fid�les � leurs femmes�; il est peu de femmes qui soient fidelles [sic] � leurs maris. ?�(Jean-Claude de La M�therie, De l'homme consid�r� moralement�; de ses m?urs, et de celles des animaux, volume 2, an XI ? 1802, page 268)
      • Quand je la menai � l'autel, j'�tais bien convaincu que ma femme l'emportait en beaut� sur toutes les femmes belles de la terre. ?�(Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumi�re�: La T�te coup�e, A. Laurent, 1886)
      • Pr�viens ta femme de ton arriv�e. ?�(Florentino Dos Santos, Les Cocus�: Ces innocentes victimes des feux de l'amour? charnel, �ditions Le Manuscrit, 2003, page 58)
    4. Personne qui poss�de les qualit�s suppos�es des femmes.
      • Tout penseur complet doit �tre femme par les c�t�s d�licats du c?ur. ?�(Victor Hugo, Ruy Blas, 1838, page 330)
    5. (Vieilli) (Au pluriel) Personnel f�minin. ? voir femme de m�nage et femme de chambre.
      • Elle se tourna de l'autre c�t� en achevant ces paroles, et commanda � sa ?lle d'appeler ses femmes sans vouloir l'�couter, ni parler davantage. ?�(Madame de La Fayette, La Princesse de Cl�ves, 1678)
      • Faut-il que j'appelle vos femmes�? demanda le roi.?�(Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume�I, chapitre�II)
    6. (En apposition) Avant ou apr�s un nom �pic�ne pour lever une ambigu�t�.
      • Si seules de rares femmes photographes marquent l'histoire de la photographie au XIXe si�cle, elles prennent superbement leur revanche � partir des ann�es vingt. ?�(Christian Bouqueret, ?Les Femmes photographes�: de la nouvelle vision en France, 1920-1940, Marval, 1998)
      • Si elle r�ussissait comme femme-policier, elle pouvait r�ussir dans n'importe quel domaine. Les autres agents secrets de son service disaient qu'elle avait des couilles. Pour eux, c'�tait un compliment, et Jezzie l'acceptait comme tel. ?�(James Patterson, Le Masque de l'araign�e, traduit de l'anglais par Jeanine Parot, Paris�: Librairie g�n�rale fran�aise, 1995, Le Livre de Poche, 2013, chapitre 18)
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    Dictionnaire de l'Acad�mie fran�aise, huiti�me �dition

    FEMME. (On prononce Fame.) n. f.
    �tre humain du sexe f�minin, la compagne de l'homme. Un caprice de femme. Une femme mari�e. Une jolie femme. Une belle femme. Une femme coquette. Une femme auteur. Une femme de lettres. Elle n'est pas femme � se laisser s�duire. Prov. et fig., Ce que femme veut, Dieu le veut, Les femmes veulent ardemment ce qu'elles veulent, et elles finissent ordinairement par l'obtenir. Bonne femme, outre sa signification ordinaire, veut dire aussi Femme �g�e. La bonne femme n'en peut plus. Quelquefois m�me, Bonne femme se dit par familiarit� et par hauteur en parlant � une femme du peuple ou de la campagne. Contes de bonne femme, Rem�des de bonne femme, Contes, rem�des traditionnels et populaires, transmis par la m�moire des femmes. C'est une ma�tresse femme, se dit d'une Femme habile, ferme, et qui sait se faire ob�ir. Elle est femme, elle est bien femme, se dit pour faire entendre que Celle dont on parle a les charmes, tous les traits caract�ristiques de son sexe. Femme de chambre, Celle qui est attach�e au service int�rieur d'une maison. On disait absolument, au pluriel, Femmes, en parlant de Plusieurs femmes de chambre attach�es au service de la m�me personne. Elle appela ses femmes. Elle envoya une de ses femmes. Femme de charge, Femme attach�e au service d'une maison et ayant une certaine autorit� sur la tenue et l'�conomie int�rieure de cette maison. Femme de m�nage, Femme du dehors qui vient faire le m�nage et qu'on paie le plus souvent � l'heure. Femme de journ�e, Femme qu'on emploie � la maison pour un travail quelconque et qu'on paie � la journ�e. Femme publique. Voyez PUBLIC. Femme de mauvaise vie, femme perdue, Femme livr�e � la d�bauche. Un homme adonn� aux femmes, Un d�bauch�. Un homme � femmes, Un homme recherch� des femmes.

    FEMME se dit encore de Celle qui est nubile. La voil� bient�t femme. Il se dit de m�me de Celle qui est ou qui a �t� mari�e; et, dans ce sens, il est oppos� � Fille. Les femmes et les filles. Femme en puissance de mari. Mari et femme. Avoir une femme. Femme infid�le. Femme sage. Femme de bien. Honn�te femme. Femme grosse. Femme veuve. C'est sa femme l�gitime. Femme divorc�e. Femme s�par�e de son mari. Votre femme vous a-t-elle accompagn�? Femme commune en biens. Femme autoris�e en justice. Prendre femme, Se marier. Ce vieux gar�on a enfin pris femme. Prov. et fig., Le diable bat sa femme, et marie sa fille. Voyez DIABLE.

    Littr�

    FEMME (fa-m') s. f.
    • 1L'�tre qui dans l'esp�ce humaine appartient au sexe f�minin?; la compagne de l'homme. Et perdez-vous encor le temps avec des femmes?? Corneille, Hor. II, 7. Que la vengeance est douce � l'esprit d'une femme?! Corneille, Cinna, V, 2. Mon p�re, je suis femme et je sais ma faiblesse, Corneille, Poly. I, 4. Quoi que veuille exiger une femme ador�e, Corneille, Othon, II, 4. Vous aimez, vous plaisez, c'est tout aupr�s des femmes, Corneille, Pulch. III, 3. Toute femme est puissante avecque la beaut�, Rotrou, B�lis. I, 2. Et femme qui compose en sait plus qu'il ne faut, Moli�re, �c. des f. I, 1. Ces femmes qui donnent toujours le petit coup de langue en passant, Moli�re, Impr. 1. Que le c?ur d'une femme est mal connu de vous, Et que vous savez peu ce qu'il veut faire entendre, Lorsque si faiblement on le voit se d�fendre?! Moli�re, Tart. IV, 5. Je ne suis pas de ceux qui disent, ce n'est rien, C'est une femme qui se noie?; Je dis que c'est beaucoup?; et ce sexe vaut bien Que nous le regrettions, puisqu'il fait notre joie, La Fontaine, Fabl III, 16. C'�taient principalement des femmes qui dogmatisaient sous le voile de la saintet�? on ne les �pargna pas sous pr�texte qu'elles �taient femmes et qu'elles �taient ignorantes, Bossuet, �tats d'oraison, I, 11. Elle ne voit que des femmes?; mais les femmes sont aussi dangereuses que les hommes, Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 5 oct. 1708. Je sais mes perfidies, �none, et ne suis point de ces femmes hardies Qui, go�tant dans le crime une tranquille paix, Ont su se faire un front qui ne rougit jamais, Racine, Ph�d. III, 3. Les hommes et les femmes conviennent rarement sur le m�rite d'une femme?; leurs int�r�ts sont trop diff�rents, La Bruy�re, III. Il y a dans quelques femmes une grandeur artificielle attach�e au mouvement des yeux, � un air de t�te, aux fa�ons de marcher, et qui ne va pas plus loin, La Bruy�re, ib. La plupart des femmes n'ont gu�re de principes, elles se conduisent par le c?ur, La Bruy�re, ib. Un homme qui serait en peine de conna�tre s'il change, s'il commence � vieillir, peut consulter les yeux d'une jeune femme qu'il aborde et le ton dont elle lui parle, La Bruy�re, ib. Il arrive quelquefois qu'une femme cache � un homme toute la passion qu'elle sent pour lui, pendant que de son c�t� il feint pour elle toute celle qu'il ne sent pas, La Bruy�re, ib. Ce qui prouve bien que les femme n'ont point de si cher int�r�t que celui de leur beaut�, Lesage, Diable boit. ch. 9. Si une femme [dans les temps f�odaux] appelait quelqu'un sans nommer son champion [dans les duels judiciaires], on ne recevait point les gages de bataille?; il fallait encore qu'une femme f�t autoris�e par son baron, c'est-�-dire son mari, pour appeler?; mais sans cette autorit�, elle pouvait �tre appel�e, Montesquieu, Esp. XXV, 25. Elle para�t bien ferme dans la r�solution de supporter ma solitude?; les femmes ont plus de courage qu'on ne croit, Voltaire, Lett. Richelieu, 5 janv. 1755. Les femmes, qui sont partout en pareil nombre que les hommes, � un quinzi�me ou seizi�me pr�s, selon les observations de ceux qui ont calcul� avec plus d'exactitude ce qui concerne le genre humain, Voltaire, M?urs, 1. Les femmes, ayant les os plus ductiles que les hommes, arrivent en g�n�ral � une plus grande vieillesse, Buffon, Prob. de la vie, t. X, p. 515, dans POUGENS. Je vois, dans le moment actuel, plusieurs femmes en France qui cultivent les lettres avec gloire et dans diff�rents genres, Genlis, Veill�es du ch�t. t. III, p. 207, dans POUGENS. ? Telle femme est charmante, entre nous, Dont on serait f�ch� de devenir l'�poux, Collin D'Harleville, Vieux c�lib. I, 8. Tous les soins d'une femme ont un charme si doux, Ducis, Abufar, I, 3. Et lorsqu'elle a p�ri sous les coups des bourreaux, La femme a disparu pour n'offrir qu'un h�ros, Legouv�, �pichar. et N�r. V, 5. C'est la pure amiti�?; tendre sans jalousie, Des hommes qu'elle unit elle encha�ne la vie?; Mais aupr�s d'une femme elle a plus de douceur?; C'est alors que d'Amour elle est vraiment la s?ur? On a moins qu'une amante, on a plus qu'un ami, ID. M�rite des femmes. � femmes, c'est � tort qu'on vous nomme timides?; � la voix de vos c?urs vous �tes intr�pides, Legouv�, M�rite des femmes. Ce fut l� [dans la B�r�sina] qu'on aper�ut des femmes, au milieu des gla�ons, avec leurs enfants dans leurs bras, les �levant � mesure qu'elles s'enfon�aient?; d�j� submerg�es, leurs bras roidis les tenaient encore au-dessus d'elles, S�gur, Hist. de Nap. XI, 9.

      Elle est femme, elle est bien femme, elle a les penchants, les qualit�s, les gr�ces, les faiblesses ordinaires � son sexe. Elle flotte, elle h�site, en un mot elle est femme, Racine, Ath. III, 3.

      �tre femme �, n'�tre pas femme �, avec un verbe � l'infinitif, �tre capable de, n'�tre pas capable de. Elle est femme � se marier, si on ne la marie. Elle n'est pas femme � se laisser s�duire.

      Terme d'ancienne l�gislation. Femme de corps, femme de condition serve. Femme franche, femme de condition libre et non serve.

    • 2 Famili�rement. Une bonne femme, une femme dont le caract�re est simple et bon. Madame Dorval, c'�tait son nom, �tait ce qu'on appelle une bonne femme, Duclos, Confess. comte de ***, ?uvres, t. VIII, p. 126, dans POUGENS.

      Par extension. Bonne femme, une femme �g�e. Elle vit sous la conduite d'une bonne femme de m�re qui est presque toujours malade, Moli�re, Avare, I, 2. Ma bonne femme de m�re aura dit quelque chose de mal � propos, Dancourt, Bourg. � la mode, III, 12.

      Une bonne femme, une femme d'une condition inf�rieure.

      Contes de bonne femme, contes qui ne m�ritent aucune cr�ance, et que peut seule croire une vieille femme ignorante.

      Rem�de de bonne femme, un de ces rem�des dont la connaissance est famili�re aux femmes �g�es. C'est encore une bonne femme qui en gu�rit [du ver solitaire], et le grand Tronchin en raisonne fort bien, Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 22 avr. 1764.

    • 3Une ma�tresse femme, femme pleine de fermet�, qui sait bien gouverner sa maison.
    • 4�pouse. Il vaut mieux demeurer avec un lion et avec un dragon que d'habiter avec une m�chante femme, Sacy, Eccl�siastique, XXV, 23. � m�re, � femme, � reine admirable et digne d'une meilleure fortune, si les fortunes de la terre �taient quelque chose?! Bossuet, Reine d'Angl. Une femme forte, pleine d'aum�nes et de bonnes ?uvres, pr�c�d�e, malgr� ses d�sirs, par celui que tant de fois elle avait cru devancer, Bossuet, le Tellier. Consid�rez ce que peut dans les maisons la prudence d'une femme sage pour les soutenir, pour y faire fleurir dans la pi�t� la v�ritable sagesse et pour calmer des passions violentes qu'une r�sistance emport�e ne ferait qu'aigrir, Bossuet, Marie-Th�r. C'�tait la femme prudente qui est donn�e proprement par le Seigneur, Bossuet, ib. Son imprudente flamme Du tyran de l'�pire allait ravir la femme, Racine, Ph�dre, III, 5. J'ai v�cu pour venger ma femme et ma patrie, Voltaire, Tancr. v, 6. Les rois francs, Gontran, Caribert, Sigebert, Chilperic, Dagobert, avaient eu plusieurs femmes � la fois, sans qu'on e�t murmur�, Voltaire, M?urs, 30.

      Ma femme, expression dont un mari se sert en parlant � sa femme ou en parlant d'elle. Je vous nomme monsieur, appelez-moi madame, Ma femme est si bourgeois, Hauteroche, Bourg. de qualit�, II, 6. � moins d'�tre du peuple, on ne dit point ma femme, Boursault, Mots � la mode, sc. 1. Ma femme est toute aimable?; oui, mais elle est ma femme, Destouches, Phil. mari�, I, 1.

      Prendre femme, se marier. Et de quelque fa�on que vous tourniez l'affaire, Prendre femme est � vous un coup bien t�m�raire, Moli�re, �c. des f. I, 1. J'aurais bien mieux fait, tout riche que je suis, de m'allier en bonne et franche paysannerie que de prendre une femme qui se tient au-dessus de moi, Moli�re, G. Dandin, I, 1.

      Chercher femme, chercher � se marier. Que le bon soit toujours camarade du beau, D�s demain je chercherai femme, La Fontaine, Fabl. VII, 2.

      Femme de bien, femme d'honneur, femme qui se conduit bien. Une femme d'honneur peut avouer sans honte Ces surprises des sens que la raison surmonte?; Ce n'est qu'en ces assauts qu'�clate la vertu, Et l'on doute d'un c?ur qui n'a point combattu, Corneille, Poly. I, 3. Croyez-moi, celles qui font tant de fa�ons n'en sont pas estim�es plus femmes de bien, Moli�re, Critique, 3.

      Terme de jurisprudence. Femme commune, femme mari�e sous le r�gime de la communaut�. Femme non commune, se dit au contraire de celle dont le contrat porte qu'il n'y a point de communaut� entre elle et son mari. La femme ne peut ester en jugement sans l'autorisation de son mari, quand m�me elle serait marchande publique, ou non commune, ou s�par�e de biens, Code Nap. art. 215.

    • 5Celle qui est ou a �t� mari�e, par opposition � fille. Les femmes et les filles.
    • 6Il se dit quelquefois et famili�rement de celle qui est parvenue � la nubilit�. La voil� bient�t femme.
    • 7Femme de qualit�, femme appartenant � la noblesse.

      Femme d'�p�e, se disait pour femme appartenant � la noblesse d'�p�e?; et femme de robe, pour femme appartenant � la noblesse de robe. Je ne veux voir que des femmes de qualit�, s'il vous pla�t. - Eh bien?! oui, des femmes de robe. - Non, monsieur, des femmes d'�p�e?; c'est mon faible que les femmes d'�p�e, je vous l'avoue, Dancourt, les Bourgeoises � la mode, IV, 6. Je lui dis des duret�s qu'un petit-ma�tre n'oserait dire � une femme de robe, Lesage, Crisp. riv. de son ma�tre, sc. 15.

    • 8La femme une telle, se dit en parlant d'une femme d'une condition peu relev�e. Cet ami pourra-t-il trouver la femme Armand?? Collin D'Harleville, Vieux c�lib. IV, 2.

      La femme une telle, se dit aussi en justice.

    • 9Envie, fantaisie de femme grosse, d�sir subit, app�tit pressant, souvent d�sordonn�, qui saisit parfois une femme enceinte.

      Fig. Il se dit de toute esp�ce de d�sir vif et peu raisonnable.

    • 10Femme de chambre, femme attach�e, moyennant salaire, au service int�rieur et particulier d'une personne du sexe. Tel prince qui �crit comme une femme de chambre, a �t� fort mal �lev�, Voltaire, Dict. phil. Charles IX. O� trouver une femme de chambre discr�te?? voil� la sixi�me � laquelle je donne ma confiance, Genlis, Th��t. d'�duc. les Dangers du monde, III, 7.

      Au plur. et absolument. Femmes, se dit de plusieurs femmes de chambre attach�es au service de la m�me personne. Elle appela ses femmes. Ses femmes, � toute heure, autour d'elle empress�es, Racine, B�r�n. IV, 6. Femmes, gardes, vizir, pour lui j'ai tout s�duit, Racine, Bajaz. I, 3.

      Femme de charge, femme attach�e au service d'une maison, pour avoir soin du linge, de la vaisselle d'argent, etc.

      Femme de m�nage, femme du dehors par laquelle on fait faire son m�nage.

      Se dit aussi de la ma�tresse de maison. C'est une excellente femme de m�nage.

      Femme de journ�e, femme qu'on emploie � la maison pour un travail quelconque, et que l'on paye � tant la journ�e.

    • 11Femme publique, femme qui se livre � la prostitution. Charlemagne avait t�ch� de bannir absolument de Paris les femmes publiques?; il avait ordonn� qu'elles seraient condamn�es au fouet, et que ceux qui les auraient log�es, ou chez qui on les aurait trouv�es, les porteraient sur leur cou jusqu'au lieu de l'ex�cution, Saint-Foix, Ess. Paris, ?uv. t. III, p. 72, dans POUGENS.

      Femme de mauvaise vie, femme perdue, femme livr�e � la d�bauche.

    • 12Sage-femme, voy. SAGE-FEMME.
    • 13 Fig. C'est une femme, une vraie femme, se dit d'un homme sans �nergie, sans courage.

      Demi-femme, se dit quelquefois d'un homme eff�min�, mou comme une femme. En v�rit�, c'est une demi-femme.

      On dit qu'un homme fait la femme, lorsqu'il est oisif, eff�min�.

    • 14Femme, dans le langage tr�s familier, signifie souvent ma�tresse. Faire une femme. � chaque instant il change de femme.
    • 15Femme, se prend quelquefois adjectivement. Rien ne p�se tant qu'un secret?; Le porter loin est difficile aux dames?; Et je sais m�me sur ce fait Bon nombre d'hommes qui sont femmes, La Fontaine, Fabl. VIII, 6. J'ai �t� tr�s contente de Mme la duchesse de Guiche?; elle m'a paru moins femme que je n'avais cru, Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 29 juill. 1698. Il est vrai que rien n'est plus ridicule que de voir un nombre infini de femmelettes et d'hommes non moins femmes qu'elles?, Voltaire, Dict. phil. M�decins.
    • 16Femme, pour femelle, en parlant d'animaux. Le castor est jaloux, et tue quelquefois sa femme pour cause ou soup�on d'infid�lit�, Chateaubriand, Am�r. Hist. natur. Castors.
    • 17 Terme de zoologie. Femmes marines, ou poissons-femmes, nom vulgaire donn� aux lamentins, aux dugongs, etc.

    PROVERBES

    Maison faite et femme � faire, c'est-�-dire il faut acheter une maison toute b�tie, et �pouser une jeune femme qu'on puisse accoutumer � son genre de vie.

    Ce que femme veut, Dieu le veut, se dit pour exprimer que les femmes par leur pers�v�rance finissent toujours par faire ce qu'elles veulent.

    Le diable bat sa femme et marie sa fille, se dit quand il pleut et fait soleil en m�me temps.


    HISTORIQUE

    XIe s. Ki abate femme � terre pur faire lui forze, L. de Guill. 19. [Ils] ne reverront lur meres ne lur femmes, Ch. de Rol. CVII.

    XIIe s. Puis tourne arriere comme famme adoul�e [afflig�e], Ronc. p. 175.

    XIIIe s. De l� s'en ala il vers le roi Phelipe d'Alemaigne, qui sa serour avoit � fame, Villehardouin, XLII. Ne qu'� Pepin le ber [je] soie fame espous�e, Berte, XLIII Pourquoi ne prenez fame?? serez toujours ainsi?? ib. CVIII. Apr�s mourut sa fame, la royne au vis clair, ib. III. Une jeune pucele? Qui gentis fame estoit, li rois ot fait nourrir [�lever], ib. LXXXVII. Honeste coze est et bone � bailli qu'il ne sueffre pas que feme soit mise en prison por fas [faux] accusement ne por nul cas, se n'est par cas de crieme, Beaumanoir, 41. Car nous avon deux seurs � femmes, et sont nos enfans cousins germains, Joinville, 200. Par desus toutes ces choses, le roy donnoit chascun jour si grans et si larges aumosnes aus poures de religion? � femmes decheues? que � peine pourroit l'en raconter le nombre, Joinville, 298. L'aide de Dieu ne vient pas � la volont� de cels qui veulent vivre comme femmes, Latini, Tr�sor, p. 514.

    XIVe s. Qui trop sa femme croit en la fin s'en repent, Guesclin. 6263.

    XVe s. Et estoit l'intention du duc qu'il emmenerc't avec lui femme et enfans, et feroit mariage en Castille et en Portugal avant que il retournast, Froissart, II, III, 32. Mon frere, je suys de la nature des femmes quant l'on me dit quelque chose en termes obscurs je veulx savoir incontinent que c'est, Lettre de Louis XI, Bibl. des ch. 4e s�rie, t. I, p. 16.

    XVIe s. Beaut� de femme n'enrichist homme, G�nin, R�cr�at. t. II, p. 235. O� il y a chiens, il y a puces?; o� il y a pains, il y a souris?; o� il y a femmes, il y a diables, G�nin, ib. p. 246. Pren le premier conseil de la femme et non pas le second, G�nin, ib. p. 248. Aucun n'est tenu � faire loy pour simple bateure qu'il a faite � son servant, ne � son filz, ne � son nepveu, ne � sa fille, ne � sa femme, ne � aucun qui soit de sa mesnie?; car l'on doit entendre qu'il le fait pour les chastier, Anc. cout. de Norm. f� 104, dans LACURNE. Qui bat sa femme, il la fait braire?; Qui la rebat, il la fait taire, Boughet, Ser�es, p. 131, dans LACURNE. Abreuver son cheval � tous guetz, Mener sa femme � tous festins, De son cheval on faict une rosse, Et de sa femme une catin, Leroux de Lincy, Prov. t. I, p. 219. Bonne femme, bon renom, patrimoine sans parangon, Leroux de Lincy, ib. p. 210. Ce que le baron [le mari] ayme, femme a en hayne, Leroux de Lincy, ib. p. 221. Deux femmes font un plaid, trois un grand caquet, quatre un plein march�, Leroux de Lincy, ib. Femme et melon � peine les cognoist-on, Leroux de Lincy, ib. p. 222. Femme qui envi file porte chemise vile, Leroux de Lincy, ib. p. 224. La femme est la clef du menage, Leroux de Lincy, ib. p. 226. Les femmes fenestrieres et les terres frontieres sont mauvaises � garder, Leroux de Lincy, ib. p. 228. Souvent femme varie, bien fol est qui s'y fie, Fran�ois 1er.

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    Encyclop�die, 1re �dition

    FEMME, s. f. (Anthropologie.) f�mina, ????, ischa en h�breu�; c'est la femelle de l'homme. Voyez Homme, Femelle, & Sexe.

    Je ne parlerai point des diff�rences du squelette de l'homme & de la femme�: on peut consulter l�-dessus M. Daubenton, description du cabinet du Roi, tome III. hist. natur. pag. 29 & 30�; Monro, appendix de son Ost�ologie�; & Ruysch qui a observ� quelque chose de particulier sur la comparaison des c�tes dans les deux sexes. Voyez Squelette.

    Je ne ferai point une description des organes de la g�n�ration�; ce sujet appartient plus directement � d'autres articles. Mais il semble qu'il faut rapporter ici un syst�me ing�nieux sur la diff�rence de ces organes dans l'homme & dans la femme.

    M. Daubenton, tom. III. hist. nat. pag. 200. apr�s avoir remarqu� la plus grande analogie entre les deux sexes pour la secr�tion & l'�mission de la semence, croit que toute la diff�rence que l'on peut trouver dans la grandeur & la position de certaines parties, d�pend de la matrice qui est de plus dans les femmes que dans les hommes, & que ce viscere rendroit les organes de la g�n�ration dans les hommes absolument semblables � ceux des femmes, s'il en faisoit partie.

    M. Daubenton appuie ce syst�me sur la description de quelques f?tus peu avanc�s, que Ruysch a fait conno�tre, ou qui sont au cabinet du Roi. Ces f?tus, quoique du sexe f�minin, paroissent m�les au premier coup-d'?il, & Ruysch en a fait une regle g�n�rale pour les f?tus femelles de quatre mois environ, dans un passage qu'on peut ajo�ter � ceux que M. Daubenton a cit�s, thes. jv. n�. 42. f?tus humanus quatuor pr�ter propter mensium, quamvis prim� fronte visus masculini videatur sexus, tamen sequioris est, id quod in omnibus f?tibus humanis, sexus f�minini ea �tate reperitur.

    M. Daubenton s'est rencontr� jusqu'� un certain point avec Galien, qui dans le second livre ???? ?????????, chap. v. ne met d'autre diff�rence entre les parties g�nitales de l'homme & de la femme, que celle de la situation ou du d�veloppement. Pour prouver que ces parties, d'abord �bauch�es dans le sac du p�ritoine, y restent renferm�es, ou en sortent suivant les forces ou l'imperfection de l'animal�; il a aussi recours aux dissections de femelles pleines, & aux f?tus n�s avant terme. On retrouve la m�me hypoth�se dans le trait� de Galien, de usu partium, l. XIV. c. vj. & Avicenne l'a entierement adopt�e dans le troisieme livre de son canon, fen. 21. tract. I. cap. j.

    Mais Galien ne croit pas que les hommes manquent de matrice�; il croit qu'en se renversant, elle forme le scrotum, & renferme les testicules, qui sont ext�rieurs � la matrice. Il fait na�tre la verge d'un prolapsus du vagin, au lieu de la chercher dans le clitoris.

    Piccolhomini & Par� avoient embrass� l'opinion de Galien�; Dulaurent, Kyper, & plusieurs autres anatomistes, n'y ont trouv� qu'un faux air de vraissemblance. Cette question paro�t intimement li�e avec celle des hermaphrodites, d'autant plus que nous n'avons que des exemples fabuleux & po�tiques d'hommes devenus femmes�; au lieu qu'on trouve plusieurs femmes chang�es en hommes, dont les m�tamorphoses sont attest�es s�rieusement. Cette remarque singuliere, avec les preuves dont elle est susceptible, se trouve dans Frommann, de fascinatione magic�, pag. 866. Voyez Hermaphrodite.

    Hippocrate, aphor. 43. liv. VII. dit positivement qu'une femme ne devient point ambidextre. Galien le confirme, & ajo�te que c'est � cause de la foiblesse qui lui est naturelle�; cependant on voit des dames de charit� qui soignent fort bien avec l'une & l'autre main. Je sai que cet aphorisme a �t� expliqu� par Sextus Empiricus, p. m. 380. des f?tus femelles qui ne sont jamais con�us dans le c�t� droit de la matrice. J. Albert Fabricius a fort bien remarqu� que cette interpr�tation a �t� indiqu�e par Galien dans son commentaire�; mais il devoit ajo�ter que Galien la desapprouve au m�me endroit.

    Les Anatomistes ne sont pas les seuls qui ayent regard� en quelque maniere la femme comme un homme manqu�; des philosophes platoniciens ont eu une id�e semblable. Marsile Ficin dans son commentaire sur le second livre de la troisieme enneade de Plotin (qui est le premier ???? ????o???), chap. xj. ass�re que la vertu g�n�rative dans chaque animal, s'efforce de produire un m�le, comme �tant ce qu'il y a de plus parfait dans son genre�; mais que la nature universelle veut quelquefois une femelle, afin que la propagation, d�e au concours des deux sexes, perfectionne l'univers. Voyez tom. II. des ?uvres de Marsile Ficin, pag. 1693.

    Les divers pr�jug�s sur le rapport d'excellence de l'homme � la femme, ont �t� produits par les co�tumes des anciens peuples, les syst�mes de politique & les religions qu'ils ont modifi�s � leur tour. J'en excepte la religion chr�tienne, qui a �tabli, comme je le dirai plus bas, une sup�riorit� r�elle dans l'homme, en conservant n�anmoins � la femme les droits de l'�galit�.

    On a si fort n�glig� l'�ducation des femmes chez tous les peuples polic�s, qu'il est surprenant qu'on en compte un aussi grand nombre d'illustres par leur �rudition & leurs ouvrages. M. Chr�tien Wolf a donn� un catalogue de femmes c�lebres, � la suite des fragmens des illustres greques, qui ont �crit en prose. Il a publi� s�par�ment les fragmens de Sappho, & les �loges qu'elle a re�us. Les Romains, les Juifs, & tous les peuples de l'Europe, qui connoissent les lettres, ont eu des femmes savantes.

    A. Marie de Schurman a propos� ce probleme�: l'�tude des lettres convient-elle � une femme chr�tienne�? Elle so�tient l'affirmative�; elle veut m�me que les dames chr�tiennes n'en exceptent aucune, & qu'elles embrassent la science universelle. Son deuxieme argument est fond� sur ce que l'�tude des lettres �claire, & donne une sagesse qu'on n'achete point par les secours dangereux de l'exp�rience. Mais on pourroit douter si cette prudence pr�coce ne co�te point un peu d'innocence. Ce qu'on peut dire de plus avantageux, pour porter � l'�tude des Sciences & des Lettres, c'est qu'il paro�t certain que cette �tude cause des distractions qui affoiblissent les penchans vicieux.

    Un proverbe h�breu borne presque toute l'habilet� des femmes � leur quenouille, & Sophocle a dit que le silence �toit leur plus grand ornement. Par un exc�s oppos�, Platon veut qu'elles ayent les m�mes occupations que les hommes. Voyez le cinquieme dialogue ?????????.

    Ce grand philosophe veut au m�me endroit que les femmes & les enfans soient en commun dans sa r�publique. Ce r�glement paro�t absurde�; aussi a-t-il donn� lieu aux d�clamations de Jean de Serres, qui sont fort vives.

    La servitude domestique des femmes, & la polygamie, ont fait m�priser le beau sexe en Orient, & l'y ont enfin rendu m�prisable. La r�pudiation & le divorce ont �t� interdits au sexe qui en avoit le plus de besoin, & qui en pouvoit le moins abuser. La loi des Bourguignons condamnoit � �tre �touff�e dans la fange, une femme qui auroit renvoy� son l�gitime �poux. On peut voir sur tous ces sujets l'excellent ouvrage de l'Esprit des lois, liv. XVI. Tous les Po�tes grecs depuis Orph�e, jusqu'� S. Gr�goire de Nazianze, ont dit beaucoup de mal des femmes. Euripide s'est acharn� � les insulter, & il ne nous reste presque de Simonide, qu'une violente invective contr'elles. L'on trouvera un grand nombre de citations de po�tes grecs, injurieuses aux femmes, dans le commentaire de Samuel Clarke, sur les vers 426 & 455, liv. XI. de l'Odyss�e. Clarke a pris ce recueil de la Gnomologia Homerica de Duport, page 208, qu'il n'a point cit�. Le galant Anacr�on, en m�me tems qu'il attribue aux femmes une beaut� qui triomphe du fer & de la flamme, dit que la nature leur a refus� la prudence, ???????, qui est le partage des hommes.

    Les poetes latins ne sont pas plus favorables au sexe�; & sans parler de la fameuse satyre de Juv�nal, sans compiler des passages d'Ovide, & de plusieurs autres, je me contenterai de citer cette sentence de Publius Syrus�: mulier qua sola cogitat, male cogitat, qu'un de nos po�tes a ainsi rendue�: femme qui pense, � coup s�r pense mal. Platon dans son dialogue, ?????, tom. II. pag. 909. E. attribue principalement aux femmes l'origine de la superstition, des v?ux, & des sacrifices. Strabon est du m�me sentiment, liv. VII. de sa g�ographis�; les Juifs qui ne croyent pas leurs c�r�monies superstitieuses, accusent les femmes de magie, & disent que plus il y a de femmes, plus il y a de sorcieres.

    Peut-�tre n'a-t-on attribu� aux femmes, des arts d'une vertu occulte, tels que la superstition & la magie, que parce qu'on leur a reconnu plus de ressources dans l'esprit qu'on ne vouloit leur en accorder�; c'est ce qui a fait dire � Tite-Live, que la femme est un animal impuissant & indomptable. Le principe de la foiblesse & de l'inf�riorit� des femmes, leur seroit avantageux, si tout le monde en concluoit avec Aristote, que c'est un plus grand crime de tuer une femme qu'un homme. Voyez les probl�mes d'Aristote, sect. 29. 11.

    C'est une chose remarquable, qu'on a cru �tre souill� par le commerce l�gitime des femmes, & qu'on s'en est abstenu la veille des sacrifices chez les Babyloniens, les Arabes, les Egyptiens, les Grecs, & les Romains. Les H�breux pensent qu'on perd l'esprit de proph�tie par un commerce m�me l�gitime�; ce qui me rappelle la maxime orgueilleuse d'un ancien philosophe, qui disoit qu'il ne falloit habiter avec les femmes, que quand on vouloit devenir pire.

    Les rabbins ne croyent pas que la femme f�t cr��e � l'image de Dieu�; ils ass�rent qu'elle fut moins parfaite que l'homme, parce que Dieu ne l'avoit form�e que pour lui �tre un aide. Un th�ologien chr�tien (Lambert Danaeus, in antiquitatibus, pag. 42.) a enseign� que l'image de Dieu �toit beaucoup plus vive dans l'homme que dans la femme. On trouve un passage curieux dans l'histoire des Juifs de M. Basnage, vol. VII. pag. 301 & 302. ��Dieu ne voulut point former la femme de la t�te, ni des yeux, ni, &c. (de peur qu'elle n'e�t les vices attach�s � ces parties)�; mais on a eu beau choisir une partie honn�te & dure de l'homme, d'o� il semble qu'il ne pouvoit sortir aucun d�faut (une c�te), la femme n'a pas laiss� de les avoir tous��. C'est la description que les auteurs Juifs nous en donnent. On la trouvera peut-�tre si juste, ajo�te M. Basnage, qu'on ne voudra point la mettre au rang de leurs visions, & on s'imaginera qu'ils ont voulu renfermer une v�rit� connue sous des termes figur�s.

    D'autres rabbins ont traduit par c�t� le mot h�breu stelah, qu'on explique vulgairement c�te�: ils racontent que le premier homme �toit double & androgyne, & qu'on n'eut besoin que d'un coup de hache pour s�parer les deux corps. On lit la m�me fable dans Platon, de qui les rabbins l'ont emprunt�e, s'il faut en croire M. le Clerc dans son commentaire sur le pentateuque.

    Heidegger a observ�, exercitat. 4. de historia patriarcharum, n�. 30. que Moyse ne parle point de l'ame d'Eve, & qu'on doute quelle en est la raison. Il est certain que les femmes �toient � plaindre dans la loi juive, comme M. le Clerc l'a remarqu�, lib. cit. pag. 309. col. 2. Jesus-Christ lui-m�me nous a appris que la r�pudiation fut permise aux H�breux, � cause de la duret� de leur c?ur�; mais lorsqu'il n'a pas voulu que l'homme p�t desunir ce que Dieu avoit joint, ses disciples se sont r�cri�s, & ont trouv� que le mariage devenoit on�reux. Th. Crenius dans ses animadversiones philologic�, & historic�, part. XV. pag. 61. x. remarque que personne n'a plus maltrait� les femmes, & n'a plus recommand� de s'en garder, que Salomon, qui n�anmoins s'y est abandonn�; au lieu que Jesus-Christ a �t� plus doux � leur �gard, & en a converti un grand nombre�; c'est pourquoi, dit-il, il en est qui pensent que Jesus-Christ a eu de la pr�dilection pour ce sexe. En effet, il a eu une mere sur la terre, & n'a point eu de pere�; la premiere personne � qui il s'est montr� apr�s sa r�surrection, a �t� Marie-Madeleine, &c.

    Les personnes qui renoncent au mariage, sont cens�es approcher davantage de la perfection, depuis l'�tablissement de la religion chr�tienne�; les Juifs au contraire, regardent le c�libat comme un �tat de mal�diction. Voyez Pirke Aboth, chap. j. n�. 5.

    S. Pierre dans sa premiere �pitre, chap. iij. vers. 7. ordonne aux maris de traiter leurs femmes avec honneur, parce qu'elles sont des vases plus fragiles. Les Juifs disent que la femme est un vase imparfait�; que l'�poux, achev� l'h�breu, a encore plus de force�; car il peut signifier que la femme, sans le secours du mari, n'est qu'un embryon. Voyez Gemare sur le titre sanhedrin du talmud, chap. ij. segm. 15.

    Petrus Calanna, dans un livre rare intitul�, philosophia seniorum sacerdotia & platonica, pag. 173, ose dire que Dieu est m�le & femelle en m�me tems. Godofredus Arnoldus, dans son livre de sophi�, 2 so�tenu cette opinion monstrueuse, d�riv�e du platonisme, qui a aussi donn� le jour aux �ons, ou divinit�s hermaphrodites des Valentiniens. M. de Beausobre, histoire du Manich�isme, tom. II. pag. 584. veut que ces �ons fussent all�goriques�; & il se fonde sur ce que Synesius �v�que chr�tien, attribue � Dieu les deux sexes, quoiqu'il n'ignor�t pas que Dieu n'a point d'organes corporels, bien loin d'avoir ceux de la g�n�ration. Mais on lit seulement dans Synesius, pag. 140. �dition du P. Petau, que le corps de la Divinit� n'est point form� de la lie de la matiere�; ce qui n'est pas dire que Dieu n'ait aucun organe corporel. D'ailleurs on peut prouver ais�ment, & Nicephore Gr�goras dans son commentaire sur Synesius, nous avertit en plusieurs endroits, que Synesius �toit imitateur & sectateur de Platon.

    Les Manich�ens pensoient que lorsque Dieu cr�a l'homme, il ne le forma ni m�le ni femelle, mais que la distinction des sexes est l'ouvrage du diable.

    On dit assez commun�ment que Mahomet a exclu les femmes du paradis�; le verset 30. de la sura 33. de son alcoran, insinue le contraire. C'est pourtant une tradition sur laquelle deux auteurs musulmans ont �crit, comme on peut voir dans la bibliotheque orientale de M. d'Herbelot.

    Mahomet condamne � quatre-vingts coups de fo�et ceux qui accuseront les femmes, sans pouvoir produire quatre t�moins contr'elles�; & il charge les calomniateurs de mal�dictions en ce monde & en l'autre. Le mari peut, sans avoir des t�moins, accuser sa femme, pourv� qu'il jure quatre fois qu'il dit vrai, & qu'il joigne l'impr�cation au serment � la cinquieme fois. La femme peut se disculper de la m�me maniere. Sura 24. vers. 4. & 6. Mahomet recommande la chastet� aux femmes en des termes tr�s peu chastes (ib. vers. 32.)�; mais il n'est pas bien clair qu'il promette la mis�ricorde divine aux femmes qui sont forc�es de se prostituer, comme l'a pr�tendu le savant Lo�is Maracci dans sa r�futation de l'alcoran.

    Le prophete arabe, dans le sura 4. veut qu'un m�le ait une part d'h�ritage double de celle de la femelle. Il d�cide formellement (vers. 33.) la sup�riorit� des hommes, auxquels il veut que les femmes ob�issent. Si elles sont indociles, il conseille aux maris de les faire coucher � part, & m�me de les battre. Il a �tabli de grandes peines contre les femmes coupables de fornication ou d'adultere�; mais quoique Maracci l'accuse de ne pas punir les hommes coupables de ces crimes, il est certain qu'il les condamne � cent coups de fo�et, comme Selden l'a remarqu�, uxor ebraica, pag. 392. On verra aussi avec plaisir dans ce livre de Selden (p. 467 & suiv.), l'origine des Hullas parmi les Mahom�tans.

    Tout le monde a entendu parler d'une dissertation anonyme, o� l'on pr�tend que les femmes ne font point partie du genre humain, mulieres homines non esse. Dans cet ouvrage, Acidalius explique tous les textes qui parlent du salut des femmes, de leur bien-�tre temporel. Il s'appuie sur cinquante t�moignages tir�s de l'Ecriture�; finit par demander aux femmes leur ancienne bienveillance pour lui�; quod si noluerint, dit-il, pereant besti� in s�cula s�culorum. Il en veut � la maniere d'expliquer l'Ecriture des Anabaptistes & des autres h�r�tiques�; mais son badinage est ind�cent.

    Simon Gediccus, apr�s l'avoir r�fut� aussi maussadement qu'il soit possible de le faire, apr�s l'avoir charg� d'injures th�ologiques, lui reproche enfin qu'il est un �tre b�tard, form� de l'accouplement monstrueux de satan avec l'espece humaine, & lui souhaite la perdition �ternelle. (g)

    Femme, (Droit nat.) en latin uxor, femelle de l'homme, consid�r�e en tant qu'elle lui est unie par les liens du mariage. Voyez donc Mariage & Mari.

    L'Etre supr�me ayant jug� qu'il n'�toit pas bon que l'homme f�t seul, lui a inspir� le desir de se joindre en soci�t� tr�s-�troite avec une compagne, & cette soci�t� se forme par un accord volontaire entre les parties. Comme cette soci�t� a pour but principal la procr�ation & la conservation des enfans qui na�tront, elle exige que le pere & la mere consacrent tous leurs soins � nourrir & � bien �lever ces gages de leur amour, jusqu'� ce qu'ils soient en �tat de s'entretenir & de se conduire eux-m�mes.

    Mais quoique le mari & la femme ayent au fond les m�mes int�r�ts dans leur soci�t�, il est pourtant essentiel que l'autorit� du gouvernement appartienne � l'un ou � l'autre�: or le droit positif des nations polic�es, les lois & les co�tumes de l'Europe donnent cette autorit� unanimement & d�finitivement au m�le, comme � celui qui �tant do�� d'une plus grande force d'esprit & de corps, contribue davantage au bien commun, en matiere de choses humaines & sacr�es�; ensorte que la femme doit n�cessairement �tre subordonn�e � son mari & ob�ir � ses ordres dans toutes les affaires domestiques. C'est-l� le sentiment des jurisconsultes anciens & modernes, & la d�cision formelle des l�gislateurs.

    Aussi le code Fr�d�ric qui a paru en 1750, & qui semble avoir tent� d'introduire un droit certain & universel, d�clare que le mari est par la nature m�me le ma�tre de la maison, le chef de la famille�; & que d�s que la femme y entre de son bon gr�, elle est en quelque sorte sous la puissance du mari, d'o� d�coulent diverses pr�rogatives qui le regardent personnellement. Enfin l'Ecriture-sainte prescrit � la femme de lui �tre so�mise comme � son ma�tre.

    Cependant les raisons qu'on vient d'all�guer pour le pouvoir marital, ne sont pas sans replique, humainement parlant�; & le caractere de cet ouvrage nous permet de le dire hardiment.

    Il paro�t d'abord 1�. qu'il seroit difficile de d�montrer que l'autorit� du mari vienne de la nature�; parce que ce principe est contraire � l'�galit� naturelle des hommes�; & de cela seul que l'on est propre � commander, il ne s'ensuit pas qu'on en ait actuellement le droit�: 2�. l'homme n'a pas to�jours plus de force de corps, de sagesse, d'esprit, & de conduite, que la femme�: 3�. le pr�cepte de l'Ecriture �tant �tabli en forme de peine, indique assez qu'il n'est que de droit positif. On peut donc so�tenir qu'il n'y a point d'autre subordination dans la soci�t� conjugale, que celle de la loi civile, & par cons�quent rien n'emp�che que des conventions particulieres ne puissent changer la loi civile, d�s que la loi naturelle & la religion ne d�terminent rien au contraire.

    Nous ne nions pas que dans une soci�t� compos�e de deux personnes, il ne faille n�cessairement que la loi d�lib�rative de l'une ou de l'autre l'emporte�; & puisque ordinairement les hommes sont plus capables que les femmes de bien gouverner les affaires particulieres, il est tr�s-judicieux d'�tablir pour regle g�n�rale, que la voix de l'homme l'emportera tant que les parties n'auront point fait ensemble d'accord contraire, parce que la loi g�n�rale d�coule de l'institution humaine, & non pas du droit naturel. De cette maniere, une femme qui sait quel est le pr�cepte de la loi civile, & qui a contract� son mariage purement & simplement, s'est par-l� so�mise tacitement � cette loi civile.

    Mais si quelque femme, persuad�e qu'elle a plus de jugement & de conduite, ou sachant qu'elle est d'une fortune ou d'une condition plus relev�e que celle de l'homme qui se pr�sente pour son �poux, stipule le contraire de ce que porte la loi, & cela du consentement de cet �poux, ne doit-elle pas avoir, en vertu de la loi naturelle, le m�me pouvoir qu'a le mari en vertu de la loi du prince�? Le cas d'une reine qui, �tant souveraine de son chef, �pouse un prince au-dessous de son rang, ou, si l'on veut, un de ses sujets, suffit pour montrer que l'autorit� d'une femme sur son mari, en matiere m�me de choses qui concernent le gouvernement de la famille, n'a rien d'incompatible avec la nature de la soci�t� conjugale.

    En effet on a v� chez les nations les plus civilis�es, des mariages qui so�mettent le mari � l'empire de la femme�; on a v� une princesse, h�ritiere d'un royaume, conserver elle seule, en se mariant, la puissance souveraine dans l'�tat. Personne n'ignore les conventions de mariage qui se firent entre Philippe II. & Marie reine d'Angleterre�; celles de Marie reine d'Ecosse, & celles de Ferdinand & d'Isabelle, pour gouverner en commun le royaume de Castille. Le lecteur en peut lire les d�tails dans M. de Thou, liv. XIII. ann. 1553, 1554. liv. XX. an.1558. Mariana, hist. d'Espagne, liv. XXIV. ch. v. Guicciardin, liv. VI. pag. 346. Et pour citer quelque chose de plus fort, nous le renvoyons � la curieuse dissertation de Palth�nius, de Marito Regin�, imprim�e � Gripswald en 1707, in-4�.

    L'exemple de l'Angleterre & de la Moscovie fait bien voir que les femmes peuvent r�ussir �galement, & dans le gouvernement mod�r�, & dans le gouvernement despotique�; & s'il n'est pas contre la raison & contre la nature qu'elles r�gissent un empire, il semble qu'il n'est pas plus contradictoire qu'elles soient ma�tresses dans une famille.

    Lorsque le mariage des Lac�d�moniens �toit pr�t � se consommer, la femme prenoit l'habit d'un homme�; & c'�toit-l� le symbole du pouvoir �gal qu'elle alloit partager avec son mari. On sait � ce sujet ce que dit Gorgone, femme de L�onidas roi de Sparte, � une femme �trangere qui �toit fort surprise de cette �galit�: Ignorez-vous, r�pondit la reine, que nous mettons des hommes au monde�? Autrefois m�me en Egypte, les contrats de mariage entre particuliers, aussi-bien que ceux du roi & de la reine, donnoient � la femme l'autorit� sur le mari. Diodore de Sicile, liv. I. ch. xxvij.

    Rien n'emp�che au moins (car il ne s'agit pas ici de se pr�valoir d'exemples uniques & qui prouvent trop)�; rien n'emp�che, dis-je, que l'autorit� d'une femme dans le mariage ne puisse avoir lieu en vertu des conventions, entre des personnes d'une condition �gale, � moins que le l�gislateur ne d�fende toute exception � la loi, malgr� le libre consentement des parties.

    Le mariage est de sa nature un contrat�; & par cons�quent dans tout ce qui n'est point d�fendu par la loi naturelle, les engagemens contract�s entre le mari & la femme en d�terminent les droits r�ciproques.

    Enfin, pourquoi l'ancienne maxime, provisio hominis tollit provisionem legis, ne pourroit-elle pas �tre re��e dans cette occasion, ainsi qu'on l'autorise dans les do�aires, dans le partage des biens, & en plusieurs autres choses, o� la loi ne regne que quand les parties n'ont pas cru devoir stipuler diff�remment de ce que la loi prescrit�? Article de M. le Chevalier de Jaucourt.

    Femme, (Morale.) ce nom seul touche l'ame, mais il ne l'�leve pas to�jours�; il ne fait na�tre que des id�es agr�ables, qui deviennent un moment apr�s des sensations inquietes, ou des sentimens tendres�; & le philosophe qui croit contempler, n'est bien-t�t qu'un homme qui desire, ou qu'un amant qui r�ve.

    Une femme se faisoit peindre�; ce qui lui manquoit pour �tre belle, �toit pr�cis�ment ce qui la rendoit jolie. Elle vouloit qu'on ajo�t�t � sa beaut�, sans rien �ter � ses graces�; elle vouloit tout-�-la-fois, & que le peintre f�t infidele, & que le portrait f�t ressemblant�: voil� ce qu'elles seront toutes pour l'�crivain qui doit parler d'elles.

    Cette moiti� du genre humain, compar�e physiquement � l'autre, lui est sup�rieure en agr�mens, inf�rieure en force. La rondeur des formes, la finesse des traits, l'�clat du teint, voil� ses attributs distinctifs.

    Les femmes ne different pas moins des hommes par le c?ur & par l'esprit, que par la taille & par la figure�; mais l'�ducation a modifi� leurs dispositions naturelles en tant de manieres, la dissimulation qui semble �tre pour elles un devoir d'�tat, a rendu leur ame si secrete, les exceptions sont en si grand nombre, si confondues avec les g�n�ralit�s, que plus on fait d'observations, moins on trouve de r�sultats.

    Il en est de l'ame des femmes comme de leur beaut�; il semble qu'elles ne fassent appercevoir que pour laisser imaginer. Il en est des caracteres en g�n�ral, comme des couleurs�; il y en a de primitives, il y en a de changeantes�; il y a des nuances � l'infini, pour passer de l'une � l'autre. Les femmes n'ont guere que des caracteres mixtes, interm�diaires ou variables�; soit que l'�ducation altere plus leur naturel que le n�tre�; soit que la d�licatesse de leur organisation fasse de leur ame une glace qui re�oit tous les objets, les rend vivement, & n'en conserve aucun.

    Qui peut d�finir les femmes�? Tout � la v�rit� parle en elles, mais un langage �quivoque. Celle qui paro�t la plus indiff�rente, est quelquefois la plus sensible�; la plus indiscrete passe souvent pour la plus fausse�: to�jours pr�venus, l'amour ou le d�pit dicte les jugemens que nous en portons�; & l'esprit le plus libre, celui qui les a le mieux �tudi�es, en croyant resoudre des probl�mes, ne fait qu'en proposer de nouveaux. Il y a trois choses, disoit un bel esprit, que j'ai to�jours beaucoup aim�es sans jamais y rien comprendre, la peinture, la musique, & les femmes.

    S'il est vrai que de la foiblesse na�t la timidit�, de la timidit� la finesse, & de la finesse la fausset�, il faut conclure que la v�rit� est une vertu bien estimable dans les femmes.

    Si cette m�me d�licatesse d'organes qui rend l'imagination des femmes plus vive, rend leur esprit moins capable d'attention, on peut dire qu'elles apper�oivent plus v�te, peuvent voir aussi bien, regardent moins long-tems.

    Que j'admire les femmes vertueuses, si elles sont aussi fermes dans la vertu, que les femmes vicieuses me paroissent intr�pides dans le vice�!

    La jeunesse des femmes est plus courte & plus brillante que celle des hommes�; leur vieillesse est plus f�cheuse & plus longue.

    Les femmes sont vindicatives. La vengeance qui est l'acte d'une puissance momentan�e, est une preuve de foiblesse. Les plus foibles & les plus timides doivent �tre cruelles�: c'est la loi g�n�rale de la nature, qui dans tous les �tres sensibles proportionne le ressentiment au danger.

    Comment seroient-elles discretes�? elles sont curieuses�; & comment ne seroient elles pas curieuses�? on leur fait mystere de tout�: elles ne sont appell�es ni au conseil, ni � l'ex�cution.

    Il y a moins d'union entre les femmes qu'entre les hommes, parce qu'elles n'ont qu'un objet.

    Distingu�s par des in�galit�s, les deux sexes ont des avantages presque �gaux. La nature a mis d'un c�t� la force & la majest�, le courage & la raison�; de l'autre, les graces & la beaut�, la finesse & le sentiment. Ces avantages ne sont pas to�jours incompatibles�; ce sont quelquefois des attributs diff�rens qui se servent de contr� poids, ce sont quelquefois les m�mes qualit�s, mais dans un degr� diff�rent. Ce qui est agr�ment ou vertu dans un sexe, est d�faut ou difformit� dans l'autre. Les diff�rences de la nature devoient en mettre dans l'�ducation�; c'est la main du statuaire qui pouvoit donner tant de prix � un morceau d'argile.

    Pour les hommes qui partagent entre eux les emplois de la vie civile, l'�tat auquel ils sont destin�s d�cide l'�ducation & la diff�rencie. Pour les femmes, l'�ducation est d'autant plus mauvaise qu'elle est plus g�n�rale, & d'autant plus n�glig�e qu'elle est plus utile. On doit �tre surpris que des ames si incultes puissent produire tant de vertus, & qu'il n'y germe pas plus de vices.

    Des femmes qui ont renonc� au monde avant que de le conno�tre, sont charg�es de donner des principes � celles qui doivent y vivre. C'est de-l� que souvent une fille est men�e devant un autel, pour s'imposer par serment des devoirs qu'elle ne conno�t point, & s'unir pour to�jours � un homme qu'elle n'a jamais v�. Plus souvent elle est rappell�e dans sa famille, pour y recevoir une seconde �ducation qui renverse toutes les id�es de la premiere, & qui portant plus sur les manieres que sur les m?urs, �change continuellement des diamans mal-taill�s ou mal assortis, contre des pierres de composition.

    C'est alors, c'est apr�s avoir pass� les trois quarts du jour devant un miroir & devant un clavecin, que Chlo� entre avec sa mere dans le labyrinthe du monde�: l� son esprit errant s'�gare dans mille d�tours, dont on ne peut sortir qu'avec le fil de l'exp�rience�: l� to�jours droite & silentieuse, sans aucune connoissance de ce qui est digne d'estime ou de m�pris, elle ne sait que penser, elle craint de sentir, elle n'ose ni voir ni entendre�; ou pl�t�t observant tout avec autant de curiosit� que d'ignorance, voit souvent plus qu'il n'y en a, entend plus qu'on ne dit, rougit ind�cemment, so�rit � contre-sens, & s�re d'�tre �galement reprise de ce qu'elle a paru savoir & de ce qu'elle ignore, attend avec impatience dans la contrainte & dans l'ennui, qu'un changement de nom la mene � l'ind�pendance & au plaisir.

    On ne l'entretient que de sa beaut�, qui est un moyen simple & naturel de plaire, quand on n'en est point occup�; & de la parure, qui est un syst�me de moyens artificiels pour augmenter l'effet du premier, ou pour en tenir lieu, & qui le plus souvent ne fait ni l'un ni l'autre. L'�loge du caractere ou de l'esprit d'une femme est presque to�jours une preuve de laideur�; il semble que le sentiment & la raison ne soient que le suppl�ment de la beaut�. Apr�s avoir form� Chlo� pour l'amour, on a soin de lui en d�fendre l'usage.

    La nature semble avoir conf�r� aux hommes le droit de gouverner. Les femmes ont eu recours � l'art pour s'affranchir. Les deux sexes ont abus� r�ciproquement de leurs avantages, de la force & de la beaut�, ces deux moyens de faire des malheureux. Les hommes ont augment� leur puissance naturelle par les lois qu'ils ont dict�es�; les femmes ont augment� le prix de leur possession par la difficult� de l'obtenir. Il ne seroit pas difficile de dire de quel c�t� est aujourd'hui la servitude. Quoi qu'il en soit, l'autorit� est le but o� tendent les femmes�: l'amour qu'elles donnent les y conduit�; celui qu'elles prennent les en �loigne�; t�cher d'en inspirer, s'efforcer de n'en point sentir, ou de cacher du moins celui qu'elles sentent�: voil� toute leur politique & toute leur morale.

    Cet art de plaire, ce desir de plaire � tous, cette envie de plaire plus qu'une autre, ce silence du c?ur, ce d�r�glement de l'esprit, ce mensonge continuel appell� coquetterie, semble �tre dans les femmes un caractere primitif, qui n� de leur condition naturellement subordonn�e, injustement servile, �tendu, & fortifi� par l'�ducation, ne peut �tre affoibli que par un effort de raison, & d�truit que par une grande chaleur de sentiment�: on a m�me compar� ce caractere au feu sacr� qui ne s'�teint jamais.

    Voyez entrer Chlo� sur la scene du monde�; celui qui vient de lui donner le droit d'aller seule, trop aimable pour aimer sa femme, ou trop disgraci� de la nature, trop d�sign� par le devoir pour en �tre aim�, semble lui donner encore le droit d'en aimer un autre. Vaine & legere, moins empress�e de voir que de se montrer, Chlo� vole � tous les spectacles, � toutes les f�tes�: � peine y paro�t-elle, qu'elle est entour�e de ces hommes, qui confians & d�daigneux, sans vertus & sans talens, s�duisent les femmes par des travers, mettent leur gloire � les deshonorer, se font un plaisir de leur desespoir, & qui par les indiscr�tions, les infid�lit�s & les ruptures, semblent augmenter chaque jour le nombre de leurs bonnes fortunes�; espece d'oiseleurs qui font crier les oiseaux qu'ils ont pris pour en appeller d'autres.

    Suivez Chlo� au milieu de cette foule empress�e�; c'est la coquette venue de l'�le de Crete au temple de Gnide�; elle so�rit � l'un, parle � l'oreille � l'autre, soutient son bras sur un troisieme, fait signe � deux autres de la suivre�: l'un d'eux lui par le-t-il de son amour�? c'est Armide, elle le quitte en ce moment, elle le rejoint un moment apr�s, & puis le quitte encore�: sont-ils jaloux les uns des autres�? c'est la C�limene du Misantrope, elle les rass�re tour-�-tour par le mal qu'elle dit � chacun d'eux de ses rivaux�; ainsi m�lant artificieusement les d�dains & les pr�f�rences, elle reprime la t�m�rit� par un regard s�vere, elle ranime l'esp�rance avec un so�ris tendre�: c'est la femme trompeuse d'Archiloque, qui tient l'eau d'une main & le feu de l'autre.

    Mais plus les femmes ont perfectionn� l'art de faire desirer, esp�rer, poursuivre ce qu'elles ont r�solu de ne point accorder�; plus les hommes ont multipli� les moyens d'en obtenir la possession�: l'art d'inspirer des desirs qu'on ne veut point satisfaire, a tout-au-plus produit l'art de feindre des sentimens qu'on n'a pas. Chlo� ne veut se cacher qu'apr�s avoir �t� v�e�; Damis sait l'arr�ter en feignant de ne la point voir�: l'un & l'autre, apr�s avoir parcouru tous les d�tours de l'art, se retrouvent enfin o� la nature les avoit plac�s.

    Il y a dans tous les c?urs un principe secret d'union. Il y a un feu qui, cach� plus ou moins longtems, s'allume � notre ins�, s'�tend d'autant plus qu'on fait plus d'efforts pour l'�teindre, & qui ensuite s'�teint malgr� nous. Il y a un germe o� sont renferm�s la crainte & l'esp�rance, la peine & le plaisir, le mystere & l'indiscr�tion�; qui contient les querelles & les raccommodemens, les plaintes & les ris, les larmes douces & ameres�: r�pandu partout, il est plus ou moins prompt � se d�velopper, selon les secours qu'on lui pr�te, & les obstacles qu'on lui oppose.

    Comme un foible enfant qu'elle protege, Chlo� prend l'Amour sur ses genoux, badine avec son arc, se joue avec ses traits, coupe l'extr�mit� de ses ailes, lui lie les mains avec des fleurs�; & d�j� prise elle-m�me dans des liens qu'elle ne voit pas, se croit encore en libert�. Tandis qu'elle l'approche de son sein, qu'elle l'�coute, qu'elle lui sourit, qu'elle s'amuse �galement & de ceux qui s'en plaignent & de celles qui en ont peur, un charme involontaire la fait tout-�-coup le presser dans ses bras, & d�j� l'amour est dans son c?ur�: elle n'ose encore s'avo�er qu'elle aime, elle commence � penser qu'il est doux d'aimer. Tous ces amans qu'elle tra�ne en triomphe � sa suite, elle sent plus d'envie de les �carter qu'elle n'eut de plaisir � les attirer. Il en est un sur qui ses yeux se portent sans cesse, dont ils se d�tournent to�jours. On diroit quelquefois qu'elle s'apper�oit � peine de sa pr�sence, mais il n'a rien fait qu'elle n'ait v�. S'il parle, elle ne paro�t point l'�couter�; mais il n'a rien dit qu'elle n'ait entendu�: lui parle-t-elle au contraire�? sa voix devient plus timide, ses expressions sont plus anim�es. Va-t-elle au spectacle, est-il moins en v�e�? il est pourtant le premier qu'elle y voit, son nom est to�jours le dernier qu'elle prononce. Si le sentiment de son c?ur est encore ignor�, ce n'est plus que d'elle seule�; il a �t� d�voil� par tout ce qu'elle a fait pour le cacher�; il s'est irrit� par tout ce qu'elle a fait pour l'�teindre�: elle est triste, mais sa tristesse est un des charmes de l'amour. Elle cesse enfin d'�tre coquette � mesure qu'elle devient sensible, & semble n'avoir tendu perp�tuellement des pi�ges que pour y tomber elle-m�me.

    J'ai l� que de toutes les passions, l'amour est celle qui sied le mieux aux femmes�; il est du moins vrai qu'elles portent ce sentiment, qui est le plus tendre caractere de l'humanit�, � un degr� de d�licatesse & de vivacit� o� il y a bien peu d'hommes qui puissent atteindre. Leur ame semble n'avoir �t� faite que pour sentir, elles semblent n'avoir �t� form�es que pour le doux emploi d'aimer. A cette passion qui leur est si naturelle, on donne pour antagoniste une privation qu'on appelle l'honneur�; mais on a dit, & il n'est que trop vrai, que l'honneur semble n'avoir �t� imagin� que pour �tre sacrifi�.

    A peine Chlo� a-t-elle prononc� le mot fatal � sa libert�, qu'elle fait de son amant l'objet de toutes ses v�es, le but de toutes ses actions, l'arbitre de sa vie. Elle ne connoissoit que l'amusement & l'ennui, elle ignoroit la peine & le plaisir. Tous ses jours sont pleins, toutes ses heures sont vivantes, plus d'intervalles languissans�; le tems, to�jours trop lent ou trop rapide pour elle, coule cependant � son ins��; tous ces noms si vains, si chers, ce doux commerce de regards & de so�rires, ce silence plus �loquent que la parole, mille souvenirs, mille projets, mille id�es, mille sentimens, viennent � tous les instans renouveller son ame & �tendre son existence�; mais la derniere preuve de sa sensibilit� est la premiere �poque de l'inconstance de son amant. Les n?uds de l'amour ne peuvent-ils donc jamais se resserrer d'un c�t�, qu'ils ne se rel�chent de l'autre�?

    S'il est parmi les hommes quelques ames privil�gi�es en qui l'amour, loin d'�tre affoibli par les plaisirs, semble emprunter d'eux de nouvelles forces, pour la pl�part c'est une fausse jouissance qui, pr�c�d�e d'un desir incertain, est imm�diatement suivie d'un d�go�t marqu�, qu'accompagne encore trop souvent la haine ou le m�pris. On dit qu'il cro�t sur le rivage d'une mer, des fruits d'une beaut� rare, qui, d�s qu'on y touche, tombent en poussiere�: c'est l'image de cet amour �ph�mere, vaine saillie de l'imagination, fragile ouvrage des sens, foible tribut qu'on paye � la beaut�. Quand la source des plaisirs est dans le c?ur, elle ne tarit point�; l'amour fond� sur l'estime est inalt�rable, il est le charme de la vie & le prix de la vertu.

    Uniquement occup�e de son amant, Chlo� s'apper�oit d'abord qu'il est moins tendre, elle soup�onne bient�t qu'il est infidele�; elle se plaint, il la rass�re�; il continue d'avoir des torts, elle recommence � se plaindre�; les infid�lit�s se succedent d'un c�t�, les reproches se multiplient de l'autre�: les querelles sont vives & fr�quentes, les bro�illeries longues, les raccommodemens froids�; les rendez-vous s'�loignent, les t�tes-�-t�tes s'abregent, toutes les larmes sont ameres. Chlo� demande justice � l'Amour. Qu'est devenue, dit-elle, la foi des sermens....? Mais c'en est fait, Chlo� est quitt�e�; elle est quitt�e pour une autre, elle est quitt�e avec �clat.

    Livr�e � la honte & � la douleur, elle fait autant de sermens de n'aimer jamais, qu'elle en avoit fait d'aimer to�jours�; mais quand une fois on a v�cu pour l'amour, on ne peut plus vivre que pour lui. Quand il s'�tablit dans une ame, il y r�pand je ne sai quel charme qui altere la source de tous les autres plaisirs�; quand il s'envole, il y laisse toute l'horreur du desert & de la solitude�: c'est sans doute ce qui a fait dire qu'il est plus facile de trouver une femme qui n'ait point eu d'engagement, que d'en trouver qui n'en ait eu qu'un.

    Le desespoir de Chlo� se change insensiblement en une langueur qui fait de tous ses jours un tissu d'ennuis�; accabl�e du poids de son existence, elle ne sait plus que faire de la vie, c'est un rocher aride auquel elle est attach�e. Mais d'anciens amans rentrent chez elle avec l'esp�rance, de nouveaux se d�clarent, des femmes arrangent des soupers�; elle consent � se distraire, elle finit par se consoler. Elle a fait un nouveau choix qui ne sera guere plus heureux que le premier, quoique plus volontaire, & qui bient�t sera suivi d'un autre. Elle appartenoit � l'amour, la voil� qui appartient au plaisir�; ses sens �toient � l'usage de son c?ur, son esprit est � l'usage de ses sens�: l'art, si facile � distinguer par-tout ailleurs de la nature, n'en est ici s�par� que par une nuance imperceptible�: Chlo� s'y m�prend quelquefois elle-m�me�; eh qu'importe que son amant y soit tromp�, s'il est heureux�! Il en est des mensonges de la galanterie comme des fictions de th�atre, o� la vraissemblance a souvent plus d'attraits que la v�rit�.

    Horace fait ainsi la peinture des m?urs de son tems, od. vj. l. III. ��A peine une fille est-elle sortie des jeux innocens de la tendre enfance, qu'elle se pla�t � �tudier des danses voluptueuses, & tous les arts & tous les mysteres de l'amour. A peine une femme est-elle assise � la table de son mari, que d'un regard inquiet elle y cherche un amant�; bient�t elle ne choisit plus, elle croit que dans l'obscurit� tous les plaisirs sont l�gitimes��. Bient�t aussi Chlo� arrivera � ce dernier p�riode de la galanterie. D�j� elle fait donner � la volupt� toutes les apparences du sentiment, � la complaisance tous les charmes de la volupt�. Elle sait �galement & dissimuler des desirs & feindre des sentimens, & composer des ris & verser des larmes. Elle a rarement dans l'ame ce qu'elle a dans les yeux�; elle n'a presque jamais sur les levres, ni ce qu'elle a dans les yeux, ni ce qu'elle a dans l'ame�: ce qu'elle a fait en secret, elle se persuade ne l'avoir point fait�; ce qu'on lui a v� faire, elle sait persuader qu'on ne l'a point v��; & ce que l'artifice des paroles ne peut justifier, ses larmes le font excuser, ses caresses le font oublier.

    Les femmes galantes ont aussi leur morale. Chlo� s'est fait un code o� elle a dit qu'il est malhonn�te � une femme, quelque go�t qu'on ait pour elle, quelque passion qu'on lui t�moigne, de prendre l'amant d'une femme de sa soci�t�. Il y est dit encore qu'il n'y a point d'amours �ternels�; mais qu'on ne doit jamais former un engagement, quand on en pr�voit la fin. Elle a ajo�t� qu'entre une rupture & un nouveau n?ud, il faut un intervalle de six mois�; & tout de suite elle a �tabli qu'il ne faut jamais quitter un amant sans lui avoir d�sign� un successeur.

    Chlo� vient enfin � penser qu'il n'y a qu'un engagement solide, ou ce qu'elle appelle une affaire suivie, qui perde une femme. Elle se conduit en cons�quence�; elle n'a plus que de ces go�ts passagers qu'elle appelle fantaisies, qui peuvent bien laisser former un soup�on, mais qui ne lui donnent jamais le tems de se changer en certitude. Le public porte � peine la v�e sur un objet, qu'il lui �chappe, d�j� remplac� par un autre�; je n'ose dire que souvent il s'en pr�sente plusieurs tout-�-la-fois. Dans les fantaisies de Chlo�, l'esprit est d'abord subordonn� � la figure, bient�t la figure est subordonn�e � la fortune�; elle n�glige � la cour ceux qu'elle a recherch�s � la ville, m�conno�t � la ville ceux qu'elle a pr�venus � la campagne�; & oublie si parfaitement le soir la fantaisie du matin, qu'elle en fait presque douter celui qui en a �t� l'objet. Dans son d�pit il se croit dispens� de taire ce qu'on l'a dispens� de m�riter, oubliant � son tour qu'une femme a to�jours le droit de nier ce qu'un homme n'a jamais le droit de dire. Il est bien plus s�r de montrer des desirs � Chlo�, que de lui d�clarer des sentimens�: quelquefois elle permet encore des sermens de constance & de fid�lit�; mais qui la persuade est mal-adroit, qui lui tient parole est perfide. Le seul moyen qu'il y auroit de la rendre constante, seroit peut-�tre de lui pardonner d'�tre infidelle�; elle craint plus la jalousie que le parjure, l'importunit� que l'abandon. Elle pardonne tout � ses amans, & se permet tout � elle-m�me, except� l'amour.

    Plus que galante, elle croit cependant n'�tre que coquette. C'est dans cette persuasion qu'� une table de jeu, alternativement attentive & distraite, elle r�pond du genou � l'un, serre la main � l'autre en lo�ant ses dentelles, & jette en m�me tems quelques mots convenus � un troisieme. Elle se dit sans pr�jug�s, parce qu'elle est sans principes�; elle s'arroge le titre d'honn�te homme, parce qu'elle a renonc� � celui d'honn�te femme�; & ce qui pourra vous surprendre, c'est que dans toute la vari�t� de ses fantaisies le plaisir lui serviroit rarement d'excuse.

    Elle a un grand nom, & un mari facile�: tant qu'elle aura de la beaut� ou des graces, ou du moins les agr�mens de la jeunesse, les desirs des hommes, la jalousie des femmes, lui tiendront lieu de consid�ration. Ses travers ne l'exileront de la soci�t�, que lorsqu'ils seront confirm�s par le ridicule. Il arrive enfin ce ridicule, plus cruel que le deshonneur. Chlo� cesse de plaire, & ne veut point cesser d'aimer�; elle veut to�jours paro�tre, & personne ne veut se montrer avec elle. Dans cette position, sa vie est un sommeil inquiet & p�nible, un accablement profond, m�l� d'agitations�; elle n'a guere que l'alternative du bel-esprit ou de la d�votion. La v�ritable d�votion est l'asyle le plus honn�te pour les femmes galantes�; mais il en est peu qui puissent passer de l'amour des hommes � l'amour de Dieu�: il en est peu qui pleurant de regret, sachent se persuader que c'est de repentir�; il en est peu m�me qui, apr�s avoir affich� le vice, puissent se d�terminer � feindre du moins la vertu.

    Il en est beaucoup moins qui puissent passer du temple de l'amour dans le sanctuaire des muses, & qui gagnent � se faire entendre, ce qu'elles perdent � se laisser voir. Quoi qu'il en soit, Chlo� qui s'est tant de fois �gar�e, courant to�jours apr�s de vains plaisirs, & s'�loignant to�jours du bonheur, s'�gare encore en prenant une nouvelle route. Apr�s avoir perdu quinze ou vingt ans � lorgner, � persiffler, � minauder, � faire des n?uds & des tracasseries�; apr�s avoir rendu quelque honn�te-homme malheureux, s'�tre livr�e � un fat, s'�tre pr�t�e � une foule de sots, cette folle change de r�le, passe d'un th�atre sur un autre�; & ne pouvant plus �tre Phryn�, croit pouvoir �tre Aspasie.

    Je suis s�r qu'aucune femme ne se reconno�tra dans le portrait de Chlo�; en effet il y en a peu dont la vie ait eu ses p�riodes aussi marqu�s.

    Il est une femme qui a de l'esprit pour se faire aimer, non pour se faire craindre, de la vertu pour se faire estimer, non pour m�priser les autres�; assez de beaut� pour donner du prix � sa vertu. Egalement �loign�e de la honte d'aimer sans retenue, du tourment de n'oser aimer, & de l'ennui de vivre sans amour, elle a tant d'indulgence pour les foiblesses de son sexe, que la femme la plus galante lui pardonne d'�tre fidele�; elle a tant de respect pour les biens�ances, que la plus prude lui pardonne d'�tre tendre. Laissant aux folles dont elle est entour�e, la coquetterie, la frivolit�, les caprices, les jalousies, toutes ces petites passions, toutes ces bagatelles qui rendent leur vie nulle ou contentieuse�; au milieu de ces commerces contagieux, elle consulte to�jours son c?ur qui est pur, & sa raison qui est saine, pr�f�rablement � l'opinion, cette reine du monde, qui gouverne si despotiquement les insens�s & les sots. Heureuse la femme qui possede ces avantages, plus heureux celui qui possede le c?ur d'une telle femme�!

    Enfin il en est une autre plus solidement heureuse encore�; son bonheur est d'ignorer ce que le monde appelle les plaisirs, sa gloire est de vivre ignor�e. Renferm�e dans les devoirs de femme & de mere, elle consacre ses jours � la pratique des vertus obscures�: occup�e du gouvernement de sa famille, elle regne sur son mari par la complaisance, sur ses enfans par la douceur, sur ses domestiques par la bont�: sa maison est la demeure des sentimens religieux, de la pi�t� filiale, de l'amour conjugal, de la tendresse maternelle, de l'ordre, de la paix int�rieure, du doux sommeil, & de la sant�: �conome & s�dentaire, elle en �carte les passions & les besoins�; l'indigent qui se pr�sente � sa porte, n'en est jamais repouss�; l'homme licentieux ne s'y pr�sente point. Elle a un caractere de reserve & de dignit� qui la fait respecter, d'indulgence & de sensibilit� qui la fait aimer, de prudence & de fermet� qui la fait craindre�; elle r�pand autour d'elle une douce chaleur, une lumiere pure qui �claire & vivifie tout ce qui l'environne. Est-ce la nature qui l'a plac�e, ou la raison qui l'a conduite au rang supr�me o� je la vois�? Cet article est de M. Desmahis.

    Femme, (Jurisp.) on comprend en g�n�ral sous ce terme, toutes les personnes du sexe f�minin, soit filles, femmes mari�es ou veuves�; mais � certains �gards les femmes sont distingu�es des filles, & les veuves des femmes mari�es.

    Toutes les femmes & filles sont quelquefois comprises sous le terme d'hommes. L. 1. & 152. ff. de verb. signif.

    La condition des femmes en g�n�ral est n�anmoins diff�rente en plusieurs choses de celle des hommes proprement dits.

    Les femmes sont pl�t�t nubiles que les hommes, l'�ge de pubert� est fix� pour elles � douze ans�; leur esprit est commun�ment form� pl�t�t que celui des hommes, elles sont aussi pl�t�t hors d'�tat d'avoir des enfans�: citi�s pubescunt, citi�s senescunt.

    Les hommes, par la pr�rogative de leur sexe & par la force de leur temp�rament, sont naturellement capables de toutes sortes d'emplois & d'engagemens�; au lieu que les femmes, soit � cause de la fragilit� de leur sexe & de leur d�licatesse naturelle, sont excluses de plusieurs fonctions, & incapables de certains engagemens.

    D'abord, pour ce qui regarde l'�tat eccl�siastique, les femmes peuvent �tre chanoinesses, religieuses, abbesses d'une abbaye de filles�; mais elles ne peuvent poss�der d'�v�ch� ni d'autres b�n�fices, ni �tre admises aux ordres eccl�siastiques, soit majeurs ou mineurs. Il y avoit n�anmoins des diaconesses dans la primitive Eglise, mais cet usage ne subsiste plus.

    Dans certains �tats monarchiques, comme en France, les femmes, soit filles, mari�es ou veuves, ne succedent point � la couronne.

    Les femmes ne sont pas non plus admises aux emplois militaires ni aux ordres de chevalerie, si ce n'est quelques-unes, par des consid�rations particulieres.

    Suivant le droit romain, qui est en ce point suivi dans tout le royaume, les femmes ne sont point admises aux charges publiques�; ainsi elles ne peuvent faire l'office de juge, ni exercer aucune magistrature, ni faire la fonction d'avocat ou de procureur. L. 2. ff. de regul. jur.

    Elles faisoient autrefois l'office de pair, &, en cette qualit�, si�geoient au parlement. Pr�sentement elles peuvent bien poss�der un duch�-f�melle & en prendre le titre, mais elles ne font plus l'office de pair. Voyez Pair & Pairie.

    Autrefois en France les femmes pouvoient �tre arbitres, elles rendoient m�me en personne la justice dans leurs terres�; mais depuis que les seigneurs ne sont plus admis � rendre la justice en personne, les femmes ne peuvent plus �tre juges ni arbitres.

    Elles peuvent n�anmoins faire la fonction d'experts, en ce qui est de leur connoissance, dans quelqu'art ou profession qui est propre � leur sexe.

    On voit dans les anciennes ordonnances, que c'�toit autrefois une femme qui faisoit la fonction de bourreau pour les femmes, comme lorsqu'il s'agit d'en fustiger quelqu'une Voyez ci-dev. au mot Ex�cuteur de la Haute-Justice.

    On ne les peut nommer tutrices ou curatrices que de leurs propres enfans ou petits-enfans�; il y a n�anmoins des exemples qu'une femme a �t� nomm�e curatrice de son mari prodigue, furieux & interdit.

    Les femmes sont exemptes de la collecte des tailles & autres impositions.

    Mais elles ne sont point exemptes des impositions, ni des corv�es ou autres charges, soit r�elles ou personnelles. La corv�e d'une femme est �valu�e � 6 deniers par la co�tume de Troyes, article 192. & celle d'un homme � 12 deniers.

    Quelques femmes & filles ont �t� admises dans les acad�mies litt�raires�; il y en a m�me eu plusieurs qui ont re�� le bonnet de docteur dans les universit�s. H�lene-Lucrece Piscopia Cornara demanda le doctorat en Th�ologie dans l'universit� de Padoue�; le cardinal Barbarigo, �v�que de Padoue, s'y opposa�: elle fut r�duite � se contenter du doctorat en Philosophie, qui lui fut conf�r� avec l'applaudissement de tout le monde, le 25 Juin 1678. Bayle, ?uvres, tome I. p. 361. La demoiselle Patin y re�ut aussi le m�me grade�; & le 10 Mai 1732, Laure Bassi, bourgeoise de la ville de Boulogne, y re�ut le doctorat en Medecine en pr�sence du s�nat, du cardinal de Polignac, de deux �v�ques, de la principale noblesse, & du corps des docteurs de l'universit�. Enfin en 1750, la signora Maria-Gaetana Agnesi fut nomm�e pour remplir publiquement les fonctions de professeur de Math�matique � Boulogne en Italie.

    On ne peut prendre des femmes pour t�moins dans des testamens, ni dans des actes devant notaires�; mais on les peut entendre en d�position, tant en matiere civile que criminelle. Voyez l'�dit du 15 Novembre 1394�; Joly, aux addit. t. II. p. 20. Fontanon, xxxjx. tome I. page 618. le Pr�tre, cant. III. ch.

    On dit vulgairement qu'il faut deux femmes pour faire un t�moin�: ce n'est pas n�anmoins que les d�positions des femmes se comptent dans cette proportion arithm�tique, relativement aux d�positions des hommes, cela est seulement fond� sur ce que le t�moignage des femmes en g�n�ral est leger & sujet � variation�; c'est pourquoi l'on y a moins d'�gard qu'aux d�positions des hommes�: il d�pend de la prudence du juge d'ajo�ter plus ou moins de foi aux d�positions des femmes, selon la qualit� de celles qui d�posent, & les autres circonstances.

    Il y a des maisons religieuses, communaut�s & h�pitaux pour les femmes & filles, dont le gouvernement est confi� � des femmes.

    On ne re�oit point de femmes dans les corps & communaut�s d'hommes, tels que les communaut�s de marchands & artisans�; car les femmes qui se m�lent du commerce & m�tier de leur mari, ne sont pas pour cela r�put�es marchandes publiques�: mais dans plusieurs de ces communaut�s, les filles de ma�tres ont le privil�ge de communiquer la ma�trise � celui qu'elles �pousent�; & les veuves de ma�tre ont le droit de continuer le commerce & m�tier de leur mari, tant qu'elles restent en viduit�; ou si c'est un art qu'une femme ne puisse exercer, elles peuvent lo�er leur privil�ge, comme font les veuves de chirurgien.

    Il y a certains commerces & m�tiers affect�s aux femmes & filles, lesquelles forment entr'elles des corps & communaut�s qui leur sont propres, comme les Matrones ou Sages femmes, les marchandes Lingeres, les marchandes de Mar�e, les marchandes Grainieres, les Couturieres, Bouquetieres, &c.

    Les femmes ne sont point contraignables par corps pour dettes civiles, si ce n'est qu'elles soient marchandes publiques, ou pour stellionat proc�dant de leur fait. Voyez Contrainte par corps.

    On a fait en divers tems des lois pour r�primer le luxe des femmes, dont la plus ancienne est la loi Oppia. Voyez Loi Oppia & Luxe.

    Il y a aussi quelques reglemens particuliers pour la s�pulture des femmes�; dans l'abbaye de S. Bertin on n'en inhumoit aucune. Voyez la chronologie des souverains d'Artois, dans le commentaire de Maillart, article des propri�taires, n. 3. de l'�dit. de 1704. (A)

    Femme Amoureuse, est le nom que l'on donnoit anciennement aux femmes publiques, comme on le voit dans deux comptes du receveur du domaine de Paris, des ann�es 1428 & 1446, rapport�s dans les antiquit�s de Sauval�: on trouve aussi dans un ancien style du ch�telet, imprim� en gothique, une ordonnance de l'an 1483, laquelle d�fend, art. 3. au prev�t de Paris de prendre pour lui les ceintures, joyaux, habits, ou autres paremens d�fendus aux fillettes & femmes amoureuses ou dissolues. (A)

    Femme authentiqu�e, est celle qui pour cause d'adultere, a �t� condamn�e aux peines port�es par l'authentique sed hodie, au code ad legem Juliam, de adulteriis.

    Ces peines sont, que la femme apr�s avoir �t� fo�ett�e, doit �tre enferm�e dans un monastere pendant deux ans. Dans cet espace de tems il est permis au mari de la reprendre�; ce tems �coul�, ou le mari �tant d�ced� sans avoir repris sa femme, elle doit �tre ras�e & voil�e, & demeurer clo�tr�e sa vie durant. Si elle a des enfans, on leur accorde les deux tiers du bien de la mere, & l'autre tiers au monastere. S'il n'y a point d'enfans, en ce cas les pere & mere ont un tiers de la dot, & le monastere les deux autres tiers�; s'il n'y a ni enfans, ni pere & mere, toute la dot est appliqu�e au profit du monastere�; mais dans tous les cas on r�serve au mari les droits qu'il avoit sur la dot. (A)

    Femme autoris�e, est celle � laquelle l'autorisation ou habilitation n�cessaire, soit pour contracter ou pour ester en jugement, a �t� accord�e, soit par son mari, soit par justice au-refus de son mari. Une femme qui plaide en s�paration, se fait autoriser par justice � la poursuite de ses droits. Voyez Autorisation, Femme s�par�e, S�paration. (A)

    Femme commune en Biens ou commune simplement, est celle qui, soit en vertu de son contrat de mariage ou en vertu de la co�tume, est en communaut� de biens avec son mari.

    Femme non commune, est celle qui a �t� mari�e suivant une co�tume ou loi qui n'admet point la communaut� de biens entre conjoints, ou par le contrat de mariage, de laquelle la communaut� a �t� excluse.

    Il y a diff�rence entre une femme s�par�e de biens & une femme non commune�; la premiere jo�it de son bien � part & divis de son mari, au lieu que le mari jo�it du bien de la femme non commune�; mais il n'y a point de communaut� entr'eux. Voyez Communaut� de biens, R�nonciation � la communaut�, S�paration de biens. (A)

    Femme convolant en secondes Noces, est celle qui se remarie. Voyez Mariage & secondes Noces. (A)

    Femme de corps, est celle qui est de condition serve. Voyez la co�tume de Meaux, art. 31. celle de Bar, art. 72. & au mot Gens de corps. (A)

    Femme cottiere ou co�tumiere, c'est une femme de condition roturiere. Voyez la co�tume d'Artois, art. 1.

    Femme co�tumiere. Voyez ci-devant Femme cottiere.

    Femme D�laiss�e, se dit en quelques provinces pour femme veuve�; femme d�laiss�e d'un tel�; en d'autres pays on dit relicte, quasi derelicta. (A)

    Femme divorc�e, dans la co�tume de Hainaut signifie femme s�par�e d'avec son mari, ce qui est conforme au droit canon o� le mot divortium est souvent employ� pour exprimer la s�paration, soit de corps & de biens, soit de biens seulement. (A)

    Femme douairiere, est celle qui jo�it d'un do�aire. Voyez Douaire & l'article suivant. (A)

    Femme douair�e, comme il est dit dans quelques co�tumes, est celle � laquelle la co�tume ou le contrat de mariage accorde un do�aire, soit co�tumier ou pr�fix, au lieu que la femme do�airiere est celle qui jo�it actuellement de son do�aire. (A)

    Femme Franche, signifie ordinairement une femme qui est de condition libre & non serve�; mais dans la co�tume de Cambray, tit. j. art. 6. une femme franche est celle qui possede un fief qu'elle a acquis avant son mariage, ou qu'elle a eu par succession h�r�ditaire depuis qu'elle est mari�e, & qui par le moyen de la franchise de ce fief, succede en tous biens meubles � son mari pr�d�c�d� sans enfans. (A)

    Femme jouissante de ses Droits, est celle qui est s�par�e de biens d'avec son mari, soit par contrat de mariage soit par justice, de maniere qu'elle est ma�tresse de ses droits, & qu'elle en peut disposer sans le consentement & l'autorisation de son mari. (A)

    Femme Lige, est celle qui possede un fief qui est charg� du service militaire. Voyez ci-apr�s Fief lige, Homme lige, & Lige. (A)

    Femme Mari�e, est celle qui est unie avec un homme par les liens sacr�s du mariage.

    Pour conno�tre de quelle maniere la femme doit �tre consid�r�e dans l'�tat du mariage, nous n'aurons point recours � ce que certains critiques ont �crit contre les femmes�; nous consulterons une source plus pure, qui est l'Ecriture m�me.

    Le Cr�ateur ayant d�clar� qu'il n'�toit pas bon � l'homme d'�tre seul, r�solut de lui donner une compagne & une aide, adjutorium simile sibi. Adam ayant v� Eve, dit que c'�toit l'os de ses os & la chair de sa chair�; & l'Ecriture ajo�te que l'homme quittera son pere & sa mere pour demeurer avec sa femme, & qu'ils ne seront plus qu'une m�me chair.

    Adam interrog� par le Cr�ateur, qualifioit Eve de sa compagne, mulier quam dedisti mihi sociam. Dieu dit � Eve, que pour peine de son p�ch� elle seroit sous la puissance de son mari, qui domineroit sur elle�: & sub viri potestate eris, & ipse dominabitur tui.

    Les autres textes de l'ancien Testament ont tous sur ce point le m�me esprit.

    S. Paul s'explique aussi �-peu-pr�s de m�me dans son �p�tre aux Eph�siens, ch. v. il veut que les femmes soient so�mises � leur mari comme � leur seigneur & ma�tre, parce que, dit-il, le mari est le chef de la femme, de m�me que J. C. est le chef de l'Eglise�; & que comme l'Eglise est so�mise � J. C. de m�me les femmes doivent l'�tre en toutes choses � leurs maris�: il ordonne aux maris d'aimer leurs femmes, & aux femmes de craindre leurs maris.

    Ainsi, suivant les lois anciennes & nouvelles, la femme mari�e est so�mise � son mari�; elle est in sacris mariti, c'est-�-dire en sa puissance, de sorte qu'elle doit lui ob�ir�; & si elle manque aux devoirs de son �tat, il peut la corriger mod�r�ment.

    Ce droit de correction �toit d�j� bien restreint par les lois du code, qui ne veulent pas qu'un mari puisse frapper sa femme.

    Les anciennes lois des Francs rendoient les maris beaucoup plus absolus�; mais les femmes obtinrent des privil�ges pour n'�tre point battues�: c'est ainsi que les ducs de Bourgogne en ordonnerent dans leur pays�; les statuts de Ville-Franche en Beaujolois font la m�me d�fense de battre les femmes.

    Pr�sentement en France un mari ne peut guere impun�ment ch�tier sa femme, v� que les s�vices & les mauvais traitemens forment pour la femme un moyen de s�paration.

    Le principal effet de la puissance que le mari a sur sa femme, est qu'elle ne peut s'obliger, elle ni ses biens, sans le consentement & l'autorisation de son mari, si ce n'est pour ses biens paraphernaux dont elle est ma�tresse.

    Elle ne peut aussi ester en jugement en matiere civile, sans �tre autoris�e de son mari, ou par justice � son refus.

    Mais elle peut tester sans autorisation, parce que le testament ne doit avoir son effet que dans un tems o� la femme cesse d'�tre en la puissance de son mari.

    La femme doit garder fid�lit� � son mari�; celle qui commet adultere, encourt les peines de l'authentique sed hodie. Voyez Adultere, Authentique, & .

    Chez les Romains, une femme mari�e qui se livroit � un esclave, devenoit elle-m�me esclave, & leurs enfans �toient r�put�s affranchis, suivant un �dit de l'empereur Claude�; cette loi fut renouvell�e par Vespasien, & subsista long-tems dans les Gaules.

    Une femme dont le mari est absent, ne doit pas se remarier qu'il n'y ait nouvelle certaine de la mort de son mari. Il y a cependant une bulle d'un pape, pour la Pologne, qui permet aux femmes de ce royaume de se remarier en cas de longue absence de leur mari, quoiqu'on n'ait point de certitude de leur mort, ce qui est regard� comme un privil�ge particulier � la Pologne.

    Un homme ne peut avoir � la fois qu'une seule femme l�gitime, le mariage ayant �t� ainsi regl� d'institution divine, masculum & f�minam creavit eos, � quoi les lois de l'Eglise sont conformes.

    La pluralit� des femmes qui �toit autrefois tol�r�e chez les Juifs, n'avoit pas lieu de la m�me maniere chez les Romains & dans les Gaules. Un homme pouvoit avoir � la fois plusieurs concubines, mais il ne pouvoit avoir qu'une femme�; ces concubines �toient cependant diff�rentes des ma�tresses, c'�toient des femmes �pous�es moins solennellement.

    Quant � la communaut� des femmes, qui avoit lieu � Rome, cette co�tume barbare commen�a long-tems apr�s Numa�: elle n'�toit pas g�n�rale. Caton d'Utique pr�ta sa femme Martia � Hortensius pour en avoir des enfans�; il en eut en effet d'elle plusieurs�; & apr�s sa mort, Martia, qu'il avoit fait son h�ritiere, retourna avec Caton qui la reprit pour femme�: ce qui donna occasion � C�sar de reprocher � Caton qu'il l'avoit donn�e pauvre, avec dessein de la reprendre quand elle seroit devenue riche.

    Parmi nous les femmes mari�es portent le nom de leurs maris�; elles ne perdent pourtant pas absolument le leur, il sert to�jours � les d�signer dans tous les actes qu'elles passent, en y ajo�tant leur qualit� de femme d'un tel�; & elles signent leurs noms de bapteme & de famille auxquels elles ajo�tent ordinairement celui de leur mari.

    La femme suit la condition de son mari, tant pour la qualit� que pour le rang & les honneurs & privil�ges�; c'est ce que la loi 21. au code de donat. inter vir. & ux. exprime par ces mots, uxor radiis maritalibus coruscat.

    Celle qui �tant roturiere �pouse un noble, participe au titre & aux privil�ges de noblesse, non-seulement tant que le mariage subsiste, mais m�me apr�s la mort de son mari tant qu'elle reste en viduit�.

    Les titres de dignit� du mari se communiquent � la femme�: on appelle duchesse, marquise, comtesse, la femme d'un duc, d'un marquis, d'un comte�; la femme d'un mar�chal de France prend le titre de mar�chale�; la femme de chancelier, premier pr�sident, pr�sidens, avocats, & procureurs g�n�raux, & autres principaux officiers de judicature, prennent de m�me les titres de chanceliere, premi�re pr�sidente, &c.

    Au contraire celle qui �tant noble �pouse un roturier, est d�chue des privil�ges de noblesse tant que ce mariage subsiste�; mais si elle devient veuve, elle rentre dans ses privil�ges, pourv� qu'elle vive noblement.

    La femme du patron & du seigneur haut-justicier participe aux droits honorifiques dont ils jo�issent�; elle est recommand�e aux prieres nominales, & re�oit apr�s eux l'encens, l'eau-benite, le pain-beni�; elle suit son mari � la procession, elle a droit d'�tre inhum�e au ch?ur.

    Le mari �tant le chef de sa femme, & le ma�tre de toutes les affaires, c'est � lui � choisir le domicile�: on dit n�anmoins commun�ment que le domicile de la femme est celui du mari�; ce qui ne signifie pas que la femme soit la ma�tresse de choisir son domicile, mais que le lieu o� la femme demeure du consentement de son mari est r�put� le domicile de l'un & de l'autre�; ce qui a lieu principalement lorsque le mari, par son �tat, n'a pas de r�sidence fixe.

    Au reste la femme est oblig�e de suivre son mari partout o� il juge �-propos d'aller. On trouve dans le code Fr�d�ric, part. I. liv. I. tit. viij. �. 3. trois exceptions � cette regle�: la premiere est pour le cas o� l'on auroit stipul� par contrat de mariage, que la femme ne seroit pas tenue de suivre son mari s'il vouloit s'�tablir ailleurs�; mais cette exception n'est pas de notre usage�: les deux autres sont, si c'�toit pour crime que le mari f�t oblig� de changer de domicile, ou qu'il f�t banni du pays.

    Chez les Romains, les femmes mari�es avoient trois sortes de biens�; savoir, les biens dotaux, les paraphernaux, & un troisieme genre de bien que l'on appelloit res receptitias�; c'�toient les choses que la femme avoit apport�es dans la maison de son mari pour son usage particulier, la femme en tenoit un petit registre sur lequel le mari reconnoissoit que sa femme, outre sa dot, lui avoit apport� tous les effets couch�s sur ce registre, afin que la femme, apr�s la dissolution du mariage, p�t les reprendre.

    La femme avoit droit de reprendre sur les biens de son mari pr�d�c�d�, une donation � cause de n�ces �gale � sa dot.

    L'ancienne fa�on des Francs �toit d'acheter leurs femmes, tant veuves que filles�; le prix �toit pour les parens, & � leur d�faut au roi, suivant le tit. lxvj. de la loi salique. La m�me chose avoit �t� ordonn�e par Licurgue � Lac�demone, & par Frothon roi de Danemark.

    Sous la premiere & la seconde race de nos rois, les maris ne recevoient point de dot de leurs femmes, elles leur donnoient seulement quelques armes, mais ils ne recevoient d'elles ni terres ni argent. Voyez ce qui a �t� dit au mot Dot.

    Pr�sentement on distingue suivant quelle loi la femme a �t� mari�e.

    Si c'est suivant la loi des pays de droit �crit, la femme se constitue ordinairement en dot ses biens en tout ou partie, & quelquefois elle se les reserve en paraphernal aussi en tout ou partie.

    En pays co�tumier tous les biens d'une femme mari�e sont r�put�s dotaux�; mais elle ne les met pas to�jours tous en communaut�, elle en stipule une partie propre � elle & aux siens de son c�t� & ligne.

    On dit qu'une femme est mari�e suivant la co�tume de Paris, ou suivant quelqu'autre co�tume, lorsque par le contrat de mariage les contractans ont adopt� les dispositions de cette co�tume, par rapport aux droits appartenans � gens mari�s, ou qu'ils sont convenus de s'en rapporter � cette co�tume�; ou s'il n'y a point de contrat ou qu'on ne s'y soit pas expliqu� sur ce point, c'est la loi du domicile que les conjoints avoient au tems du mariage, suivant laquelle ils sont cens�s mari�s.

    Les lois & les co�tumes de chaque pays sont diff�rentes sur les droits qu'elles accordent aux femmes mari�es�; mais elles s'accordent en ce que la pl�part accordent � la femme quelque avantage pour la faire subsister apr�s le d�c�s de son mari.

    En pays de droit �crit, la femme, outre sa dot & ses paraphernaux qu'elle retire, prend sur les biens de son mari un gain de survie qu'on appelle augment de dot�; on lui accorde aussi un droit de bagues & joyaux, & m�me en certaines provinces il a lieu sans stipulation.

    Le mari de sa part prend sur la dot de sa femme, en cas de pr�d�c�s, un droit de contre-augment�; mais dans la pl�part des pays de droit �crit ce droit d�pend du contrat.

    Dans d'autres provinces au lieu d'augment & de contre-augment, les futurs conjoints se font l'un � l'autre une donation de survie.

    En pays co�tumier la femme, outre ses propres, sa part de la communaut� de biens, & son pr�ciput, a un do�aire, soit co�tumier ou pr�fix�: on stipule encore quelquefois pour elle d'autres avantages. V. Conventions matrimoniales, Communaut�, Dot, Douaire, Pr�ciput.

    Lorsqu'il s'agit de savoir si la prescription a couru contre une femme mari�e & en puissance de mari, on distingue si l'action a d� �tre dirig�e contre le mari & sur ses biens, ou si c'est contre un tiers�; au premier cas la prescription n'a pas lieu�; au second cas elle court nonobstant le mariage subsistant, & la crainte maritale n'est pas un moyen valable pour se d�fendre de la prescription.

    Il en est de m�me des dix ans accord�s par l'ordonnance de 1510, pour se pourvoir contre les actes faits en majorit�; ces dix ans courent contre la femme mari�e, de m�me que contre toute autre personne, l'ordonnance ne distingue point. Voyez Prescription. (A)

    Femme en Puissance de Mari, est toute femme mari�e qui n'est point s�par�e d'avec son mari, soit de corps & de biens, ou de biens seulement, pour savoir quel est l'effet plus ou moins �tendu de ces diverses sortes de s�parations. Voyez Puissance maritale & S�paration. (A)

    Femme relicte, se dit en quelques provinces pour veuve d'un tel. (A)

    Femme remari�e, est celle qui a pass� � de secondes, troisiemes, ou autres n�ces. Les femmes remari�es n'ont pas commun�ment les m�mes droits que celles qui se marient pour la premiere fois, & elles sont sujettes � certaines lois qu'on appelle peine des secondes noces. Voyez Edit des secondes Noces, Peine des secondes Noces, & Secondes Noces. (A)

    Femme r�pudi�e, est celle avec qui son mari a fait divorce. Voyez Divorce. (A)

    Femme S�par�e, est celle qui ne demeure pas avec son mari, ou qui est ma�tresse de ses biens. Une femme peut �tre s�par�e de son mari en cinq manieres diff�rentes�; savoir, de fait, c'est-�-dire lorsqu'elle a une demeure � part de son mari sans y �tre autoris�e par justice�; s�par�e volontairement, lorsque son mari y a consenti�; s�par�e par contrat de mariage, ce qui ne s'entend que de la s�paration de biens�; s�par�e de corps ou d'habitation & de biens, ce qui doit �tre ordonn� par justice en cas de s�vices & mauvais traitemens, & enfin elle peut �tre s�par�e de biens seulement, ce qui a lieu en cas de dissipation de son mari, & lorsque la dot est en p�ril. V. Dot & S�paration. (A)

    Femme en Viduit�, est celle qui ayant surv�cu � son premier, second, ou autre mari, n'a point pass� depuis � d'autres n�ces. Voyez Ann�e de viduit�, Deuil, Viduit�, & Secondes Noces. (A)

    Femme usante & jouissante de ses Droits, est celle qui n'est point en la puissance de son mari pour l'administration de ses biens, telles que sont les femmes en pays de droit �crit pour les paraphernaux, & les femmes s�par�es de biens en pays co�tumier. (A)

    Femme adultere, (la) Th�ol. critiq. mots consacr�s pour d�signer celle que Jesus-Christ renvoya sans la condamner.

    L'histoire de la femme adultere (j'ai presque dit comme les Latins, les Anglois, & comme Bayle, de l'adult�resse) que S. Jean rapporte dans le chapitre viij. de son �vangile, est reconnue pour authentique par l'Eglise�: cependant son authenticit� a �t� combattue par plusieurs critiques qui ont travaill� sur l'Ecriture-sainte�; elle fait m�me le sujet d'un grand partage dans les avis.

    Plusieurs de ceux qui doutent de l'authenticit� de cette histoire, soup�onnent que c'est une interpolation du texte faite par Papias�; soit qu'il l'ait prise de l'�vangile des Nasar�ens, dans le quel seul on la trouvoit du tems d'Eusebe�; soit tout-au-plus qu'il l'ait tir�e d'une tradition apostolique. Les raisons de ce soup�on sont 1� que cette histoire n'�toit point dans le texte sacr� du tems d'Eusebe�; 2� qu'elle manque encore dans plusieurs anciens manuscrits grecs, particulierement dans celui d'Alexandrie & dans les versions syriaque & copthe, quoiqu'on la trouve dans les versions latine & arabe�; 3�. qu'elle �toit inconnue � l'ancienne �glise greque, quoiqu'elle f�t avo��e par la latine, & qu'on la lise dans S. Iren�e�; 4�. qu'elle est obmise par les PP. grecs dans leurs commentaires sur S. Jean, comme par S. Chrysostome, S. Cyrille, &c. quoique les PP. latins, comme S. J�r�me, S. Augustin, en parlent comme �tant authentique�; 5�. qu'Euthymius est le seul grec qui en fasse mention, & m�me avec cette remarque importante, que l'histoire dont il s'agit n'existoit point dans les meilleures copies.

    Beze semble la rejetter�; Calvin l'adopte�; M. Simon en doute�; Grotius la rebute�; le P. Saint-Honor� & autres la d�fendent & la so�tiennent�; M. Leclerc insinue qu'elle pourroit bien avoir �t� emprunt�e de l'avanture obscene de Menedemus, rapport�e dans Diogene de La�rce�: insinuation qui a suscit� � notre critique moderne des reproches tr�s vifs & trop s�veres. Enfin quelques-uns pr�tendent que c'est Origene qui a ray� l'histoire de la femme adultere de plusieurs manuscrits�; mais ils le disent sans preuves.

    Quoi qu'il en soit, nous renvoyons le lecteur � un savant trait�, publi� sur cette matiere par Schertzer (Jean Adam), th�ologien de Leipsic du xvij. siecle, dont Bayle a fait l'article sans avoir connu l'ouvrage dont je veux parler�; il est intitul�, Historia adulter��; Lipsi�, 1671, in-4�. Mais comme le sujet est tr�s-int�ressant, il faut que les curieux joignent � la lecture du livre de Schertzer, celle des ouvrages qui suivent, & qui leur apprendront mille choses sur la route.

    Ouvrages des Sav. Sept. ann. 1706, p. 404. & seq. Nouv. de la r�pub. des Lett. tom. XV. p. 245. Idem, tom. XXIII. p. 176. Id. tom. XLIV. pag. 56. Bibl. anc. & mod. tom. VII. p. 202. Journ. des Sav. tom. XXII. p. 580. Bibl. chois. tom. XVI. p. 294. Honor� de Sainte-Marie, R�flex. sur les r�gl. de critiq. diss. ij. p. 119. Mackenz Scot. Writ. tom. II. p. 313. Mem. de Tr�v. ann. 1710, p. 802. Bibl. univ. tom. XII. p. 436. Dupin, Bibl. eccl�s. tom. XXIX. pag. 318. Id. Disc. pr�lim. liv. II. chap. ij. �. 6. Simon, Notes sur le nouv. Test. tom. II. pag 54. Acta erud. Lips. ann. 1704, p. 82. Id. ann. 1708, p. 5. Leclerc, Not. ad Hammond, in Loc. La Croze, Diss. histor. p. 56. Hist. critiq. de la r�publ. des Lett. tom. IX. p. 342. Journ. litt�r. tom. XII. p. 136. Grotius, in evang. Joh. cap. viij. Calmet, Dict. de la Bible, tom. I. p. 54.

    Je tire cet article de l'Encyclop�die angloise (suppl�ment)�; il est court, pr�cis, & met en �tat de conno�tre les raisons des uns & des autres, en indiquant les sources o� l'on peut s'en instruire � fond. Article de M. le Chevalier de Jaucourt.

    Femme en couche, (Med.) �tat de la femme qui vient d'�tre d�livr�e de son fruit. Cet �tat m�rite toute notre attention par humanit�, par devoir, & par sentiment. Les meres de nos enfans nous font revivre dans ces pr�cieux gages de leur amour�; n�gligerions-nous de soulager avec zele les propagatrices du genre humain dans le tems critique o� elles ont le plus de besoin des secours �clair�s de la Medecine�? Non sans doute.

    Ainsi d'abord que la femme sera d�livr�e de son enfant & de son arriere-faix, il faut commencer par lui mettre au-devant de l'entr�e de la vulve un linge assez �pais, doux, maniable, & un peu chaud, pour �viter l'air froid du dehors, & pr�venir la suppression des vuidanges.

    Apr�s cela si la femme n'a pas �t� accouch�e dans son lit ordinaire, on ne manquera pas de l'y porter incessamment�; bien entendu qu'il se trouvera tout fait, tout pr�t, chauff� attentivement, & garni de linges n�cessaires pour l'�coulement des vuidanges. Mais si la femme a �t� accouch�e dans son propre lit, pratique qui semble �tre la meilleure & la plus s�re pour parer l'inconv�nient du transport, on �tera de ce lit les linges & garnitures qu'on y avoit mises pour recevoir les eaux, le sang, & les autres humeurs qui proviennent de l'accouchement. Ensuite on placera l'accouch�e dans la situation propre � lui procurer le repos & le r�tablissement dont elle a besoin. Cette situation demande une position �gale & horisontale sur le milieu du dos, la t�te & le corps n�anmoins un peu �lev�s, les cuisses abaiss�es, les jambes jointes l'une contre l'autre, & par-dessous les jarrets un petit oreiller, sur lequel elles puissent �tre appuy�es.

    Notre femme �tant ainsi couch�e, & un peu remise de l'�motion de son travail pr�c�dent, on entourera l�chement son ventre d'une large bande de maillot, ou d'une longue serviette pli�e en deux ou trois doubles, de la largeur de dix � douze pouces�; on garantira son sein du froid, & on pansera ses parties externes qui ont souffert dans la d�livrance. Alors il est �-propos de lui donner quelque restaurant, comme peut �tre un bon bouillon, & finalement de la laisser dormir, les rideaux de son lit, les portes, & les fen�tres de sa chambre ferm�es, afin que ne voyant aucune clart�, elle s'assoupisse plus ais�ment.

    On garantira soigneusement les nouvelles accouch�es du froid ext�rieur�; parce que les sueurs qui naissent de leur foiblesse, & l'�coulement des vuidanges, les rendent extr�mement sensibles � cette impression, qui pourroit produire de f�cheux accidens�; mais il ne faut pas non plus tomber dans l'autre extr�mit�. La chaleur de la chambre doit �tre to�jours aussi �gale qu'il est possible, & on y r�ussira sans peine par le moyen des thermometres.

    Pour pr�venir l'inflammation des parties qui ont souffert une violente distension dans l'enfantement, il faut, apr�s les avoir nettoy� des grumeaux de sang qui peuvent y �tre rest�s, appliquer � l'entr�e de ces parties un cataplasme mollet, anodyn, & m�diocrement chaud�; on renouvellera ce cataplasme de trois en trois heures. On se servira d'une d�coction d'orge, de graine de lin, & de cerfeuil, ou autre semblable, pour laver, nettoyer, & �tuver deux fois dans la journ�e les levres de la vulve pendant les six premiers jours de la couche. Au bout d'une quinzaine on usera d'une d�coction un peu plus astringente, & bien-t�t apr�s d'une lotion encore plus propre � fortifier, � raffermir, & � resserrer les parties rel�ch�es.

    A l'�gard du bandage dont j'ai parl� ci-dessus, on le sera tr�s-l�che le premier jour, & simplement contentif, pendant que les vuidanges coulent. Il n'est pas mal de joindre au bandage une bonne grande compresse quarr�e sur tout le ventre�; & si cette partie est douloureuse, on l'oindra de tems en tems avec une huile adoucissante.

    Je pense qu'au bout des douze premiers jours de la couche, on doit serrer plus fortement & insensiblement le bandage, pour ramener peu-�-peu, rassembler, & so�tenir les diverses parties qui ont �t� �trangement distendues durant le cours de la grossesse.

    Si l'accouch�e ne peut ou, ce qui n'est que trop ordinaire, ne veut pas �tre nourrice, il faudra bien mettre sur son sein & contre l'intention de la nature, des remedes propres � faire �vader le lait�; mais si l'accouch�e est assez sage pour vouloir nourrir son fruit, on se contentera de lui tenir la gorge couverte avec des linges doux & mollets�: alors la mere nourrice observera seulement d'attendre quatre ou cinq jours, avant que de donner le teton � son enfant. Voyez Nourrice.

    Ajo�tons un mot sur le r�gime de vie de la femme en couche. Sa boisson doit �tre to�jours chaude dans le commencement�; & sa nourriture compos�e de pannades, de creme de ris, d'orge, de gruau, de bouillons legers de veau & de volaille, ou autres alimens semblables. Au bout du quatrieme jour, & quand la fievre de lait sera pass�e, on lui permettra un r�gime moins s�vere�; mais ici, comme dans plusieurs autres cas, il faut se pr�ter au tems, au pays, � l'�ge, � la co�tume, � la d�licatesse, ou � la force de la constitution de l'accouch�e.

    Pour ce qui regarde la conduite qu'elle doit avoit dans son lit, c'est de s'y tenir en repos, d'�viter les passions tumultueuses, le trop grand jour, le bruit, la conversation, le babillage, en un mot tout ce qui pourroit l'�mouvoir, l'agiter, ou lui causer du trouble.

    Ces pr�ceptes me paroissent suffisans pour le cours ordinaire des choses�; mais il faut r�unir des v�es plus savantes pour la cure d'un grand nombre d'accidens, d'indispositions, & de maladies qui n'arrivent que trop souvent aux femmes en couche.

    1�. Une des principales maladies dont le traitement s'offre commun�ment aux observations cliniques, est la suppression ou le flux immod�r� des vuidanges�; sur quoi je renvoye le lecteur au mot Vuidanges, me contentant ici d'observer seulement qu'il ne faut ni trop augmenter leur �coulement par des remedes chauds, ni les supprimer par un r�gime froid.

    2�. L'h�morrhagie consid�rable qui survient � l'accouch�e, soit parce que le d�livre a �t� d�tach� avec trop de h�te & de violence, soit parce qu'il en est rest� quelque portion dans l'ut�rus, soit par quelque espece de faux-germe, conduit la malade au tombeau, si on n'a pas le tems d'y porter du secours. On fera donc de prompts efforts pour arr�ter la perte de sang�; & pour la d�tourner, on procurera par quelque moyen l'expulsion du faux-germe, de la portion de l'arriere-faix, ou des caillots de sang rest�s dans la matrice. La saign�e du bras sera pratiqu�e & r�p�t�e, selon les forces de la malade. Apr�s avoir rel�ch� ses bandages, on la couchera plus �galement, plus fra�chement, & m�me sur de la paille sans matelas, si la perte de sang continue�; on lui mettra le long des lombes, des serviettes tremp�es dans de l'oxicrat froid�: en m�me tems on ranimera la r�gion du c?ur avec des linges chauds aromatis�s, & on so�tiendra ses forces par des restaurans.

    3�. On voit les nouvelles accouch�es tomber en syncope, 1� par la perte de leur sang, 2� lorsque leur corps demeure trop long-tems �lev�, 3� lorsque les hypochondres sont trop serr�s�: r�tablissez alors les esprits par la nourriture�; mettez le corps dans une position horisontale�; rel�chez les hypochondres, & so�tenez le bas-ventre.

    4�. Les fievres inflammatoires des femmes en couche peuvent �tre produites par la retenue d'une partie du d�livre, par le froid, par de violentes passions, lorsque les vuidanges n'en sont pas la cause�: de telles fievres deviennent souvent fatales, si on ignore la maniere de les traiter. Il me semble que la m�thode consiste dans l'usage de doux alexipharmaques & d'absorbans, joints aux acides & aux poudres temp�r�es de nitre�; dans de legers suppositoires, des lavemens �molliens, & de simples eccoprotiques. Ces remedes seront pr�c�d�s de la saign�e dans les femmes sanguines & pl�thoriques�: � la fin de la cure on employera quelques legeres doses de rhubarbe.

    5�. La diarrh�e succede ici quelquefois � la suppression des vuidanges, & fait un symptome tr�s dangereux quand elle accompagne une fievre aigu� pendant quelques jours�; il faut la traiter avec beaucoup de pr�caution par les adoucissans, les poudres testac�es, les extraits stomachiques & corroborans, tels que ceux de gentiane donn�s de tems � autre�; un peu de rhubarbe, & m�me s'il est besoin des anodyns administr�s prudemment�: mais il est to�jours n�cessaire d'ordonner � la malade des diluans nitr�s & acidul�s. On temp�rera l'acrimonie des matieres qui sont dans les gros boyaux, par des lavemens.

    6�. En �change la constipation ne doit pas effrayer durant les deux ou trois premiers jours de la couche�; parce que le principe vital est alors tellement engag� dans la secr�tion des vuidanges & du lait, qu'il est naturel que les entrailles ne soient pas stimul�es�: mais on pourra dans la suite employer des clysteres & des alimens propres � oindre les intestins, & � les d�gager.

    7�. Les vents & les flatuosit�s sont tr�s-ordinaines aux femmes en couche. On y portera remede ext�rieurement par les bandages & l'application de sachets carminatifs sur le bas-ventre�; on employera int�rieurement les absorbans m�l�s avec de la chaux d'antimoine, l'huile d'amandes douces fra�chement exprim�e, de l'esprit anis� de sel ammoniac, des gouttes de l'essence d'�corce de citron, &c. Pour les personnes d'un temp�rament chaud, on m�lera de l'esprit de nitre dulcifi� dans leurs boissons carminatives.

    8�. Les tranch�es sont les plaintes les plus ordinaires des nouvelles accouch�es. Ce nom vulgaire & g�n�ral de tranch�es, d�signe des douleurs qu'elles ressentent quelquefois vers les reins, aux lombes & aux a�nes, quelquefois dans la matrice seulement, quelquefois vers le nombril & par-tout le ventre, soit continuellement, soit par intervalle, soit en un lieu fixe, soit vaguement, tant�t d'un c�t�, tant�t de l'autre. Ces tranch�es, ou douleurs de ventre, procedent de diff�rentes causes�; 1�. de l'�vacuation desordonn�e des vuidanges, ou de leur suppression subite�; 2�. de quelque partie de l'arriere-faix, de sang coagul�, ou de quelque autre corps �tranger rest� dans la matrice�; 3�. du froid, de l'omission du bandage apr�s la couche�; 4�. de la grande extension des ligamens de la matrice, arriv�e par un rude & f�cheux travail�; 5�. enfin de la constriction spasmodique, ou de la sympathie des nerfs de l'ut�rus. On opposera les remedes aux causes connues.

    Ce mal finira en mod�rant ou r�tablissant l'�vacuation des vuidanges, par les moyens qu'on indiquera au mot Vuidanges. La deuxieme cause des douleurs de ventre ne se dissipera que lorsque les corps �trangers auront �t� expuls�s de la matrice. On diminuera les tranch�es par un bandage, si on l'avoit obmis�; on tiendra le ventre chaudement, on y fera des oignemens aromatiques, des frictions nervines, & des fomentations de d�coctions de romarin, de menthe, de fleurs de camomille, & autres semblables. Dans la distension des ligamens de la matrice, le repos, le tems, & la bonne situation du corps, suffiront pour les raffermir. La derniere cause des tranch�es requiert les remedes nervins, les balsamiques, les anti-hyst�riques, & les calmans.

    9�. L'enfl�re du ventre dans la femme en couche na�t fr�quemment de l'omission des bandages n�cessaires apr�s la d�livrance�: on doit donc recourir � ces bandages, auxquels on peut joindre les frictions, l'usage interne des plantes aromatiques, conjointement avec les pilules de Stahl & de Becker, mais seulement pendant quelque tems.

    10�. L'inflammation de la matrice survient quelquefois par la suppression des vuidanges, par la corruption d'un corps �tranger, par quelque contusion, blessure, ch�te, ou violente compression qu'a souffert ce viscere, soit dans le travail, soit apr�s le travail, par des gens mal-habiles. Il en r�sulte l'enfl�re, la douleur de cette partie, une pesanteur au bas-ventre, une grande tension, la difficult� de respirer, d'uriner, d'aller � la selle, la fievre, le hoquet, le vomissement, les convulsions, le d�lire, la mort�; il faut y porter de prompts remedes, tirer les corps �trangers, d�tourner & �vacuer les humeurs par la saign�e du bras, & ensuite du pi�, faire des embrocations sur le ventre, prescrire � la malade un grand repos, une diete humectante, adoucissante, & legere, de simples lavemens anodyns, & s'abstenir de tout purgatif. Si par malheur l'inflammation se convertit en apost�me, en ulcere, en skirrhe, il n'est plus d'autres remedes que des palliatifs pour ces tristes maladies.

    11�. Quand le rel�chement, la descente, la ch�te de la matrice, & du fondement, sont des suites de la couche�; la cure de ces accidens demande deux choses, 1�. de r�duire les parties dans leur lieu naturel�: 2�. de les y contenir & fortifier par des pessaires, ou autres moyens analogues. Voyez Matrice, Pessaire, &c.

    12�. Les h�morrho�des, dont les femmes sont ordinairement incommod�es dans leurs couches, requierent la vapeur de l'eau chaude, les fomentations de lait tiede, l'onguent populeum, basilicum, ou autres pareils, qui ne peuvent irriter le mal�; mais sur toutes choses, il s'agit de procurer l'�vacuation des vuidanges�; car par ce moyen salutaire, la douleur des h�morrho�des ne manquera pas de cesser.

    13�. La tum�faction des parties a to�jours lieu dans les personnes qui ont souffert un accouchement laborieux. Les remedes propres au mal, seront de simples oignemens de fleurs de sureau, de mauve, de guimauve, de miel rosat, & autres semblables. Les coussinets de fleurs de camomille, de graine de lin, jointe � du camfre bouilli dans du lait, & doucement exprim�, pourront encore �tre utiles.

    14�. Loiqu'il y a d�chirement, �corchure, ou contusion aux parties naturelles, ce qui arrive presque to�jours dans le premier accouchement�: on ne n�gligera pas ces contusions & dilac�rations, de peur qu'elles ne se convertissent en ulceres�; c'est pourquoi nous avons d�j� recommand�, en commen�ant cet article, un cataplasme mollet �tendu sur du linger, & chaudement appliqu� sur tout l'ext�rieur de la vulve, pour y rester cinq ou six heures apr�s l'accouchement. Ensuite on �tera ce cataplasme pour mettre sur les grandes levres de petits linges tremp�s dans l'huile d'hyp�ricum�; en renouvellant ces linges deux ou trois fois par jour, on �tuvera les parties avec de l'eau d'orge miell�e pour les nettoyer. Si les �corchures sont douloureuses, on oindra les endroits �corch�s d'huile de myrrhe par d�faillance�: si la contusion & l'inflammation des levres ont produit un abc�s, il faut donner une issue d�clive � la matiere, d�terger l'ulcere, & le panser suivant les regles.

    15�. On a des observations d'un accident bien plus d�plorable, caus� par la sortie de l'enfant dans un travail p�nible, je veux dire d'une dilac�ration de la partie inf�rieure de la fente que les Accoucheurs nomment la fourchette�; dilac�ration �tendue jusqu'au fondement. Ce triste �tat demande qu'on pratique deux choses�; l'une, que le chirurgien procure habilement la r�union n�cessaire de la plaie�; l'autre, que la femme ne fasse plus d'enfans. Si m�me pour avoir n�glig� ce d�chirement, les grandes levres �toient cicatris�es, il faudroit renouveller la cicatrice comme au bec de lievre, & former la r�union de la vulve, comme si elle avoit �t� nouvellement d�chir�e. Ce n'est point pour la beaut� d'une partie qu'on doit cacher, & qu'on cache en effet soigneusement � la v�e, que je conseille � aucune femme cette op�ration douloureuse, j'ai des motifs plus sens�s qui me d�terminent. Voyez Fourchette, Levres, Vulve.

    16�. S'il est arriv� malheureusement que le col de la vessie ait �t� comprim� pendant quelques jours par la t�te de l'enfant, rest�e au passage, au point qu'il en r�sulte apr�s l'inflammation dudit col de la vessie, une fistule avec un �coulement d'urine involontaire, le mal devient incurable quand la fistule est grande�; cependant quand elle est petite, il se gu�rit au bout de quelques mois avec quelques secours chirurgicaux. Si la compression du col de la vessie n'a produit que la dysurie, on la traite par la m�thode ordinaire. Voyez Dysurie, Strangurie, Ischurie.

    17�. L'enflure des jambes & des cuisses n'est pas un ph�nomene rare aux femmes en couche, & m�me apr�s des accouchemens assez heureux. On voit des femmes dans cet �tat qui ont des enflures depuis l'a�ne jusqu'au bout du pi�, quelquefois d'un seul c�t�, & d'autres fois de tous les deux. Ces accidens procedent commun�ment de la suppression des eaux, des vuidanges, de l'urine, ou du reflux de lait, &c. On procurera l'�coulement naturel de toutes les humeurs retenues�; on ouvrira les voies de l'urine & du ventre par des tisannes ap�ritives & par les laxatifs�: ensuite on fortifiera les parties ?d�mateuses par des frictions, des fumigations seches, & des bandages. On t�chera d'attirer le lait sur les mammelles, pour l'�vacuer par le teton.

    18�. La douleur du sein, sa tumeur & sa duret�, sont encore des maux ordinaires aux nouvelles accouch�es, quand leurs mammelles commencent � se remplir de lait. On y rem�diera par de legeres frictions, par de douces fomentations, par la suction du teton rep�t�e, par la r�solution, la dissipation, l'�vacuation du lait. De quelque cause que procede son caillement qui survient ici quelquefois, il faut qu'ind�pendamment des embrocations r�solutives, la femme en couche se fasse teter jusqu'� tarir les mammelles, & qu'elle ne souffre point de froid au sein.

    19�. Il seroit superflu de parler de la passion hyst�rique, parce que cette maladie est �galement commune aux femmes en couche, & � celles qui ne le sont pas. Les remedes sont les m�mes. Voyez Passion hyst�rique.

    Finissons par une remarque g�n�rale. Quand l'accouch�e a eu d'heureuses couches sans accidens, mais qu'elle est n�anmoins d'un temp�rament foible & d�licat, il est de la prudence de ne lui pas permettre de sortir du lit avant les huit ou dix premiers jours, ni de son appartement, avant le mois �coul�.

    Nous venons de parcourir m�thodiquement les principales maladies des femmes en couche�; mais elles en �prouvent quelquefois d'autres, dont la singularit� ou la complication demandent les talens des gens les plus consomm�s dans la pratique & la th�orie. Voyez � ce sujet les beaux ouvrages des auteurs indiqu�s au mot Enfantement.

    On dit que dans quelques pays les Accoucheurs se sont empar�s du traitement des maladies des femmes en couche�; je crois qu'on a tort de le souffrir�; ce traitement appartient de droit aux Medecins�; les Accoucheurs n'y doivent paro�tre qu'en sous-ordre, & toujours proportionnellement � l'�tendue de leurs lumieres en Medecine�; si elles sont sup�rieures en ce genre, tout parle en leur faveur, tout conspire � leur rendre hommage dans cette conjoncture. Article de M. le Chevalier de Jaucourt.

    Femme, (Sage) accoucheuse (Medecine.) obstetrix. On appelle de ces diff�rens noms toute femme qui exerce la profession des Accoucheurs�; la partie de la science & de l'art de Chirurgie, qui concerne les secours n�cessaires aux femmes en travail d'enfant�: on se servoit aussi autrefois du nom de matrone, pour designer une sage-femme. Voyez Accoucheuse, Accouchement, Douleurs, Enfantement, &c. (d)

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    �tymologie de ��femme��

    Wallon, feume?; bourguign. fanne?; nivernais, fonne?; proven�. feme, femma, femena?; anc. catal. fembra?; espagn. hembra?; portug. femea?; ital. femmina?; du latin f?mina ou f�mina?; d'apr�s les derniers �tymologistes, d'un radical f?, qui se trouve dans f?tus, fecundus, et de mina, suffixe participial, de sorte que f?mina, participe du moyen, signifierait celle qui nourrit, allaite.

    Version �lectronique cr��e par Fran�ois Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

    (1080) Du latin f?m?na (��femelle��, ��femme��)[1]. L'�tymologie de f?m?na est obscure�:
    1. ��celle qui enfante, qui donne la vie��, participe moyen substantiv� de *feo[2][3][4](��produire, enfanter��) qui a donn� fetus, fetura, fecundus, fenum, fenus (voir ces mots).
    2. ��celle qui allaite[5][4]��, apparent� � filius, fellare (��t�ter, sucer��).
    Le latin f?m?na �tait en concurrence sur le territoire gallo-romain avec les mots mulier (��femme��) et uxor (���pouse��). Ces deux derniers mots passeront en ancien fran�ais[1], sous la forme�: moillier (���pouse, femme��) et oissour (���pouse��).
    F?m?na �tait accentu� sur la premi�re syllabe, c'est elle qui restera en ancien fran�ais. Le mot sera prononc� avec une voyelle longue \f??.me\, qui s'ouvre ensuite en \f�?.me\ pour se raccourcir enfin, \fam\ apr�s la d�nasalisation qui s'est produite au XVIIe si�cle.
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    FEMME, subst. f�m.
    �tymol. et Hist. 1. Fin xes. � �tre humain du sexe f�minin � (Passion de Clermont Ferrand, �d. D'Arco Silvio Avalle, 260); 2. ca 1100 � compagne de l'homme unie par les liens du mariage � (Roland, �d. J. B�dier, 1402 : ne reverrunt lor mere ne lor femme). Du lat. class. femina � femelle �, puis � femme, �pouse � qui a concurrenc� les lat. mulier � femme � qui ne survit plus en fr. (en face de l'ital. moglie et de l'esp. mujer) que comme arch. sous la forme moillier � �pouse, femme � (qui dispara�t des textes au xives.; 2 attest. aux xveet xvies.) et uxor � �pouse � qui a donn� le tr�s rare oissour � �pouse � (qui dispara�t des textes dans la 1remoiti� du xiiies.; qq. attest. aux xiiieet xives. dans les remaniements �piques).

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    Les rimes de � femme �


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    Mots du jour

    imagin�mes     hologrammes     pens�mes     obliqu�mes     retir�mes     brame     clam     came     remont�mes     oriflammes     gamme     cryptogames     mam     chant�mes     dament     march�mes     change�mes     bl�mes     appuy�mes     promen�mes     cess�mes     effor��mes     consult�mes     chauff�mes     quitt�mes     phan�rogames     hammam     centigrammes     diffament     cryptogramme     spectrogramme     lance-flammes     r�tame     b�ill�mes     Vi�t Nam     tam-tams     baiss�mes     Ham     �chapp�mes     psychodrame     all�mes     mimodrames     d�visage�mes     badabam     t�l�grammes     trinqu�mes     pr�cipit�mes     discern�mes     remarqu�mes     game     


    Les citations sur � femme �

    1. Mettre un frein � la femme, - c'est mettre une limite � la mer.

      Auteur : F�lix Lope de Vega Carpio - Source : La dama boba, III, 4


    2. J'ai d� attendre plus encore avant de comprendre v�ritablement quelle �tait cette offrande humble et pr�cieuse que j'avais re�ue d'elles. Le pays de notre jeunesse a sombr� en emportant dans son naufrage tant de destins rest�s anonymes. Cette jeune fille retrouvant sur un disque la m�lodie que nous aimions, sa m�re poussant un sac en toile entre les mains d'un prisonnier, moi-m�me clopinant dans la boue sur ma jambe cass�e... Et une myriade d'existences, douleurs, espoirs, deuils, promesses. Et ce r�ve d'une ville id�ale, peupl�e d'hommes et de femmes qui n'allaient plus conna�tre la haine. Et cette � doctrine �ternellement vivante, cr�atrice et r�volutionnaire �, emport�e elle aussi par la fr�n�sie du temps.

      Auteur : Andre� Makine - Source : Le Livre des br�ves amours �ternelles (2011)


    3. Les femmes regardent dans votre poche et non dans votre coeur.

      Auteur : John Dos Passos - Source : Manhattan Transfer (1925)


    4. Un salon de huit ou dix personnes dont toutes les femmes ont eu des amants, o� la conversation est gaie, anecdotique et o� l'on prend du punch l�ger � minuit et demi est l'endroit du monde o� je me trouve le mieux.

      Auteur : Henri Beyle, dit Stendhal - Source : Vie de Henry Brulard (1835-1836)


    5. Il est un nom cach� dans l'ombre de mon �me, - Que j'y lis nuit et jour et qu'aucun oeil n'y voit, - Comme un anneau perdu que la main d'une femme - Dans l'ab�me des mers laissa glisser du doigt.

      Auteur : Alphonse de Lamartine - Source : Un nom


    6. Il y a des femmes qui plus elles vieillissent et plus elles deviennent tendres. Il y a aussi les faisans.

      Auteur : Paul-Jean Toulet - Source : Les Trois Impostures (1922)


    7. Je me sens concern�e et diminu�e par les chienneries de toutes ces femmes qui sont d'abord des femelles avant d'�tre des �tres humains.

      Auteur : Beno�te et Flora Groult - Source : Journal � quatre mains (1963)


    8. Mon cher ami, je suis borgne, je suis borgnesse... Je porte un bandeau noir. Quand je le soul�ve devant la glace, je vois la paupi�re flasque battre sur une prunelle ratatin�e comme le ventre d'une vieille femme.

      Auteur : Roger Vailland - Source : Bon pied bon oeil (1950)


    9. Ah! femmes, jeunes filles, coeurs f�minins toujours incompr�hensibles! Quand vous n'�tes pas les plus timides des �tres, vous en �tes les plus braves! La raison n'a que faire aupr�s de vous.

      Auteur : Jules Verne - Source : Voyage au centre de la Terre (1864)


    10. Nous voulons glorifier la guerre � seule hygi�ne du monde �, le militarisme, le patriotisme, le geste destructeur des anarchistes, les belles Id�es qui tuent, et le m�pris de la femme.

      Auteur : Filippo Tommaso Marinetti - Source : Manifeste du futurisme, Le Figaro, 20 f�vrier 1909.


    11. Sous les r�gnes de Louis XIV et de Louis XV, l'influence des femmes alla si loin qu'elles allum�rent des guerres, semblables � ces serins apprivois�s et dress�s � faire partir de petits canons.

      Auteur : Johann Paul Friedrich Richter, dit Jean-Paul - Source : Pens�es extraites de tous les ouvrages de Johann Paul Friedrich Richter dit Jean-Paul


    12. Si tu te demandes ce que nous faisons ainsi, loin des hommes, je vais te le dire : nous veillons sur notre petit univers, nous veillons les unes sur les autres. C�est ce que font les femmes du bout du monde.

      Auteur : M�lissa Da Costa - Source : Les Femmes du bout du monde (2023)


    13. Elle consid�rait qu'une femme cultiv�e ne pouvait pas �tre soumise, et ne cherchait pas tant � briller qu'� affirmer sa libert�.

      Auteur : Miguel Bonnefoy - Source : Sucre noir (2017)


    14. J'ai une double vie: ma femme et personne.

      Auteur : Patrick S�bastien - Source : Carnet de notes (2001)


    15. SAVOIR-VIVRE : Art chez une femme de ne point montrer trop vite son savoir-faire.

      Auteur : Georges-Armand Masson - Source : L'amour, de ah ! jusqu'� zut !


    16. Il faut donc que les femmes commettent des fautes pour que les hommes se sentent grandir un peu!

      Auteur : J�r�me Touzalin - Source : Mentir y'a qu'�a d'vrai


    17. Quand les femmes ne pr�tent plus � la m�disance, elles s'y adonnent.

      Auteur : Emile Augier - Source : Les Lionnes pauvres


    18. La femme, l'argent et le vin,
      Ont leurs vertus et leur venin.


      Auteur : Proverbes bretons - Source : Proverbe


    19. L'avenir de l'homme est de devenir une femme.

      Auteur : David Foenkinos - Source : Lennon (2010)


    20. R�affirmant nos convictions, la France ne doit pas �tre une juxtaposition d'individus �go�stes et rivaux, mais la r�union d'hommes et de femmes anim�s par la m�me fiert� d'appartenir � la R�publique.

      Auteur : Jean-Louis Borloo - Source : Intervention � l'Assembl�e nationale S�ance du 31 janvier 2006


    21. Affaires (les): Passent avant tout. Une femme doit �viter de parler des siennes. Sont dans la vie ce qu'il y a de plus important. Tout est l�.

      Auteur : Gustave Flaubert - Source : Dictionnaire des id�es re�ues (1913)


    22. Celui qui prend la vieille femme - Aime l'argent plus que la dame.

      Auteur : Dictons - Source : Dicton


    23. Les femmes ne vous permettent pas de les l�cher quand vous en avez assez d'elles. Elles vous le permettent quand vous n'avez plus assez pour elles.

      Auteur : Georges Feydeau - Source : Sans r�f�rence


    24. Ce qui est dangereux et procr�ateur de souffrances dans l'amour, ce n'est pas la femme elle-m�me, c'est sa pr�sence de tous les jours, la curiosit� de ce qu'elle fait � tous moments; ce n'est pas la femme, c'est l'habitude.

      Auteur : Marcel Proust - Source : A la recherche du temps perdu, Le Temps retrouv� (1927)


    25. Il n'a vraiment quelque chose de grave et de religieux que quand il parle de l'enfant: alors, la joviale brutalit� de l'homme s'attendrit, et la coquetterie aga�ante de la femme a des d�licatesses exquises.

      Auteur : Romain Rolland - Source : Musiciens d'aujourd'hui (1908)


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    FemelleF�minieF�minin, ineF�mininit�F�minisationF�miniserFemmeFemmelette

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    Les synonymes de � femme�

    Les synonymes de femme :

      1. chacune
      2. chaque
    Les synonymes de femme :

      1. compagne
      2. camarade
      3. amie
      4. cr�ature
      5. homme
      6. personne
      7. �pouse
      8. conjoint
      9. dame
      10. m�re
      11. soeur
      12. demoiselle
      13. fille
      14. matrone
      15. m�nag�re
      16. h�ro�ne
      17. sir�ne
      18. d�esse
      19. nymphe
      20. �g�rie
      21. lady
      22. accoucheuse
      23. r�guli�re
      24. l�gitime
    Les synonymes de femme :

      1. accoucheuse
      2. obst�tricienne
      3. ma�euticienne
      4. matrone

    synonymes de femme

    Fr�quence et usage du mot femme dans le temps


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    Classement par ordre alphab�tique des d�finitions des mots fran�ais.


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